Arbalètes


l'Arbalète


[ Glossaire ]



Durant des siècles l'arc, seule arme de jet avec le javelot, servait la chasse comme la guerre. Mais l'arc n'utilisait que la force d'un bras pour tendre la corde, limitant la puissance à 70 livres environ.
Tension à Deux Pieds
L'apparition des casques, des cottes de maille et des armures, poussa à l'invention d'un fût central appelé "arbrier", libérant ainsi le deuxième bras pour armer, donc doubler la puissance de 70 à 140 livres environ (photo de gauche) : l'arbalète était née.

 

 

 

 

 



Si les Chinois ont inventé l'arbalète, ce furent les croisades et les guerres qui améliorèrent les performances et les mécaniques jusqu'au XVème siècle (photo Arbalète Chinoise, ci dessous).

Arbalète Chinoise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La puissance de l'arbalète est due à son arc qui, à son début, était composée d'if, de frêne, de tendon, voire de fanons de baleine. L'association de ces divers composants rendait la tension avec les deux bras quasiment impossible.

Les cordes, quant à elles, composées de chanvre, de soie, de tendons, suivaient l'évolution.
Levier d'Armement
Au XIème siècle, un crochet de ceinture et un étrier facilitèrent l'armement par une poussée du pied (photo à gauche)

Très vite, les bois composites, durcis à la colle de poisson, permirent d'atteindre 160 à 190 livres et la portée en tir tendu (horizontal) d'atteindre les 100 mètres, voire plus. Cette puissance en faisait l'arme la plus meurtrière du Moyen-Age. D'ailleurs l'Eglise au Concile de Latran (1139) en interdit l'utilisation…

Au XIIIème siècle, le levier d'armement apparaît apportant une certaine rapidité de maniement (3 carreaux/minute) (photo juste en dessous).

 

   

Le système mécanique de gâchette va évoluer également, passant d'une simple poignée à bascule à une barrette basculante.

 

Girelle

Au début du XIVème siècle, nouvelle évolution, à la bataille de Crécy (1346), les arbalétriers génois moulinaient un système à roulettes appelé "moufle" ou "girelle" . La manipulation peu pratique va diminuer la cadence de tir à 2 carreaux/minute.



Puissance et précision voient le top à la fin du XIVème siècle avec l'arrivée de l'arc en acier . Les pertes de puissance dues à l'humidité du bois disparaîtront. De plus une noix tournante remplaça la bascule de retenu, le contact direct de la corde avec le carreau évite toute perte de charge, permettant, par ce fait, de gagner encore une cinquantaine de mètres supplémentaires.

 

 

 

 

 

 



Arbalète Cranequin

La puissance de l'arme demandant plus de force pour la bander, le summum de mécanique fut le "cranequin" ou cric manœuvré par manivelle crantée. (photo de gauche)

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

  • Les Carreaux



Après ces différents moyens de tendre la corde, passons aux flèches, appelées "carreaux".

Ces carreaux longs de 25 à 32 centimètres, plus lourds qu'une flèche, avaient un impact très destructeur.

Une armure à 150 mètres pouvait sans peine être  traversée suivant la performance de l'arme.  

Carreaux Arbalètes

En partant de la Gauche sur la photo :

1) Matras 2) Tranchoir 3) Goujon 4) Vireton 5) Pointeau 6) Feuille

 

Il existait différentes formes de carreaux : madras, (sans pointe pour la chasse), perce maille, feuilles de laurier, tranchoirs (pour couper les jarrets des chevaux ou les cordages), mais surtout le célèbre vireton, ventru qui partait en tournant, perforant tout sur son passage.

Une trousse en peau ou une boîte en bois pouvait transporter quelques 25 carreaux.

Pour se garantir des grêles de flèches ennemies et pouvoir réarmer son arme en sécurité, chaque homme se baissait derrière un "pavois" en bois très épais de 3 à 5 centimètres d'épaisseur coincé en terre par un piquet. ( ci-dessous )

Pavois


L'arbalète puissante et précise, dont la performance pouvait être comparée à celle d'un fusil napoléonien, avait une qualité supplémentaire… la traîtrise de son silence.

L'arbalète restera présente, longtemps après l'apparition du trait à poudre et de l'arquebuse.

Le Renaissance conservera encore quelque temps cette arme. François Ier n'avait-il pas une garde personnelle de 200 arbalétriers !

 

 

 



 

 

Grandes dates et batailles, non exhaustives, où les arbalètes ont été utilisées.

 

500 à 1000 : Époque des Mérovingiens et Carolingiens : utilisation des Arcs en bois composites

1066 : Bataille de Hastings, avec l'apparition d'Arbalète à "gâchette tournante"

1re croisade : Arbalète à crochet de Ceinture

1139 : Le Concile de Latran interdit l'arbalète, peu suivi d'effet ...

1337 : Début de la guerre de Cent Ans, apparition de l'arbalète avec levier d'armement

1340 : Bataille maritime de l'Écluse

1346 : Bataille de Crécy

1365 : Charles V crée les compagnies d'ordonnances et les arbalétriers passent de 200 à 800 en 1375. Arbalète 'arc Acier' et 'moufle'

1415 : Bataille d'Azincourt

1424 : Bataille de Verneuil

1445 à 1448 : Sous Charles VII, les compagnies passent à environ 6000 hommes. Création des 'Francs-Archers', Arbalète à 'cric'

1450 : Bataille de Formigny

1453 : Bataille de Castillon

1475 : Dissolution des ' Compagnies' et regroupement en 'Quartiers'

1515 : Bataille de Marignan

1522 : Bataille de la Bicoque

En 1575 Charles IX , supprime par décret les archers et arbalètes.

 

Vif remerciement à Serge BOULLAY (Me RAMVILLE). Vous pouvez en savoir plus ici :

Mestre Ramville