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Blasons et Etendards de Jeanne la Pucelle 


De par le roi du ciel, premier blason de Jeanne d'Arc sur son étendardBlason donné par Charles VII au mois de Décembre 1429

 

 Jeanne d’Arc avait-elle un ou plusieurs blasons ?  éléments de réponse.

 

 

  1. Le Blason
  2. Le Blason de l'étendard,
  3. Le premier écu de Jeanne
  4. Lettre d'anoblissement de Jeanne la Pucelle
  5. Probable explication du blason de Jeanne d'Arc ?
  6. La théorie du complot ....
  7. Conclusion
  8. Video
  9. Photographies

 

 

 

Le Blason
  sources : procès de jeanne d'arc - (1) sur ce point je me réfère à l'excellente étude de Salomon Reinach, ancien conservateur du musée des Antiquités Nationales à Saint Germain en Laye au début du XXe  " Observations sur le texte du procès de condamnation de Jeanne d'Arc " - autres sources : bibliographie

 

On peut  s'interroger légitimement sur ce blason que nous connaissons aujourd'hui : en effet le 10 mars 1431, elle est interrogée en secret lors de son procès à Rouen, mais tout est retranscrit par écrit. Les personnes suivantes sont présentes : Pierre Cauchon, Jean Beaupère, Jean de Touraine, Nicolas Midi, Pierre Maurice, Thomas de Courcelles, Nicolas Loyseleur et Guillaume Manchon.

« Interrogée s’elle avait point escu et armes, R. Qu’elle n’en eust oncques point; mais son roy donna à ses frères armes, c’est assavoir, ung escu d’asur, deux fleurs de liz d’or et une espée parmy; et en ceste ville a devisé à ung painctre celles armes, pour ce qui luy avoit demandé quelles armes elle avoit. Item, dit que ce fut donné par son roy à ses frères, à la plaisance d’eulz, sans la requeste d’elle, et sans révélacion.”

En français actuel :

Interrogée si elle n'avait point d’écu ( blason ) et armes ( dans le sens armoiries ), elle répond : “ Qu’elle n’en a jamais eu », mais que le roi en donna à ses frères d'armes ( Pierre et Jean ), un écu d’azur, deux fleurs de lys d’or et une épée au milieu .

On constate qu’il n’y a aucune couronne sur le blason originel, en tout cas dans la description, mais il faudrait que je trouve une autre traduction où le texte original est en latin. Cependant sur la lettre d'anoblissement nous avons bien une couronne, il s'agit probablement d'une erreur de transcription.

La réponse de Jeanne est intéressante, car déjà elle affirme qu'elle en avait pas !  Quant au blason que nous connaissons donc actuellement, même si il est contemporain de Jeanne, rien ne prouve qu'elle le porta lors de son épopée. L'usage d'un blason dans une bataille est idéal pour reconnaître les siens, mais dans le cas de Jeanne, son étendard, qu'elle ne quitta quasiment jamais lors de des différentes luttes avec les Anglais, permettait d'identifier facilement la pucelle. On peut donc comprendre qu'elle en avait pas forcément besoin, mais vous verrez par la suite que c'est encore plus compliqué que ça.

Le blasonnement n'est pas forcément un acte d'anoblissement, mais dans le cas présent la lettre est claire : il s'agit bien d'un anoblissement royal accompagné d'un blason suite à la requête des frères. Peut-être s'agissait-il pour les deux frères d'être mieux identifiés lors des batailles et de profiter des avantages de la situation ?

Sa réponse est également très importante pour les juges de l'Eglise, car si blason il y a et surtout si elle en a fait la demande, on ne tombe alors plus vraiment dans un acte d'ordre religieux désintéressé. Elle aurait pu être accusée de chercher à s'enrichir en utilisant ses voix. En effet l'anoblissement est souvent  accompagné de terres et/ou de titres, les juges cherchent donc à savoir si elle a profité des "voix célestes" à son profit personnel, auquel cas il pourrait alors s'agir d'un acte plus grave que l'usure ou le prêt avec intérêt, interdit en religion : les religions chrétiennes et musulmane interdisent le prêt avec des intérêts, cette situation a perduré jusqu'à la Révolution pour la religion catholique. Seuls les Juifs pouvaient le faire, d'où la naissance par la suite de grands banquiers d'origines juives et de leur malencontreuse réputation d'aimer l'argent qui en a suivi... Dans le cas de Jeanne, rien ne permet de dire aujourd'hui qu'elle s'est enrichie, même si lors de son procès elle estime ses richesses à 12 000 écus , ce qui est peu finalement mais beaucoup en si peu de temps.

Il n'est donc pas impossible qu'elle ait compris le fond de la question et que sa réponse soit adaptée. Pierre Cauchon cherche à trouver une faille suffisament crédible pour lui trouver un acte d'accusation sans appel, là encore avec honnêteté et/ou intelligence Jeanne lui donne une réponse qui ne peut satisfaire le prélat. 


 

En cette ville ( Arras ? ) un peintre aurait fait une demande ( il peut s'agir de la ville qui a fait un devis à un peintre, plusieurs traductions possibles à ce sujet ) pour ces armes ( armoiries ) et lui avait demandé quelle arme ( on parle toujours d’armoiries )  :


Elle dit que ce fut donné par le roi à ses frères, à leur guise ( ils avaient donc a priori le choix, on peut comprendre aussi que c’est suite à leur demande ), sans qu’elle soit intervenue ( très clairement elle n'a rien demandé ) et sans révélation ( en l'occurrence le blason n’est pas une demande ou un conseil du “roi du ciel “comme elle l’appelle si souvent )

Avec simplicité dans ses réponses, elle répond à nouveau qu'elle n’a jamais eu de blason. Malgré le piège de la question et la réponse relativement habile, il est difficile d'en dire plus que ce qu'elle mentionne, en tout cas à aucun moment, elle ne fait mention du "blason" de la famille d'Arc. Sans doute en aurait-elle parlé, s'il existait ou si ses parents l'utilisaient.

Par déduction on peut déduire deux points : tout d’abord il est fort probable qu’elle n’a jamais eu de blason familial et encore moins personnel et que la thèse de sa lignée noble familiale ( voir de la famille royale ), préconisée par les affabulateurs de la thèse de la conspiration d’Isabeau de Bavière, prend un sacré coup. Ses parents n’étaient certes pas de pauvres paysans, mais ils ne semblent pas appartenir à une noblesse bien établie. Cependant il faut préciser qu’on pouvait être noble et ne pas avoir de blason et avoir un dit 'blason' mais ne pas être noble.

 

 

Le Blason de l'étendard, le premier écu de Jeanne.
 
Après Quicherat, Adrien Harmand, dans son livre de 1929, confirme  un éventuel blason de Jeanne d'Arc sur son étendard. L'étendard, un grand et un petit, de la pucelle fut réalisé à Tours pour la somme de 25 livres comme l'atteste Hémont Raguier [13]:

" A Hauves Poulnoir, peintre demeurant à Tours pour avoir peint et baillé les étoffes pour un grand étendard et un petit pour la pucelle, 25 livres tournois "

L'étendard est dessiné selon le désir de Sainte-Catherine et Sainte-Marguerite d'après Jehanne. Selon Hadrien Harmand, le deuxième petit étendart est un "pennon' qui lui a - semble t'il -  été confectionné pour respecter les coutumes de l'époque. Cela entre en contradiction cependant avec le témoignage de Jeanne au procès, puisqu'elle se sent "obligée" de dire qu'elle n'a  eu qu'un seul étendard, même s'il est possible qu'elle ne l'utilisa qu'une fois à Orléans et qu'estimant ne pas être celui commandé par Dieu, elle n'en a pas vraiment pris possession dans son esprit. De plus le sort du "Pennon" est vite réglé, puisqu'il prend feu lors de son entrée victorieuse à Orléans. En effet des personnes portant des torches s'approchèrent trop du "Pennon" et l'enflammèrent , elle réussit à l'éteindre d'une façon d'ailleurs qui ébahit l'assemblée par sa prestance et son agilité avec le cheval. Cependant on n'en parle plus du tout par la suite, laissant supposer que le feu l'a rendu inutilisable. Elle  estime probablement qu'un "pennon" n'est pas un étendard, ce qui dans un sens est vrai.

 

Blason Jeanne d'Arc sur l'EtendardBlason et étendard de Jeanne d'Arc Exemple de colombe tombante à Saint-Eustache dans une des chapelles

Blason de Jeanne d'Arc dans l'église Saint-Roch à Paris

Blason de Jeanne d'Arc dans l'église Saint-Roch à Paris

 

Premier blason selon la description du Greffier de la Rochelle par Adrien Harmand, bleu Azur avec une colombe tenant dans son bec la devise " de par le roi du ciel" selon une étude  , totalement à droite un bel exemple de colombe tombante à Saint-Eustache dans une des chapelles. La colombe plongeante n'est peut-être pas celle utilisée initialement, il en existe de plusieurs sortes, ça reste dans un sens une vue d'artiste mais en utilisant les ressources existantes, pour autant il n'y aucun doute aujourd'hui sur le fait que Jeanne avait initialement sur son étendard un blason différent de celui que nous connaissons aujourd'hui, il est fort probable qu'il soit très proche de celui-ci.

Ecu de Jeanne d'Arc

Bannière de Jeanne d'Arc et son écu, bannière dans le téléfilm canadien réalisé en 1999. Voir un extrait en bas de page. Curieusement cette bannière fait l'impasse sur les fleurs de lys et l'autre face de la bannière.

 

Etendard de Jeanne d'Arc selon une étude d'Adrien Harmand en 1929

 

Il est une certitude qu'il existait un blason ou écu sur l'étendard de Jeanne d'Arc, comme le décrit Perceval de Cagny  pendant la Bataille de Jargeau " La pucelle pris sont étendard auquel était peint dieu en sa majesté et de l'autre côté ( 1 ) ...et un écu de France tenu par des anges" . Parle-t'il de l'écu de France comme celui  du roi ? C'est cependant peu probable et Hadrien Harmand le souligne assez bien par le fait que l'étendard est semé de Lys et qu'il aurait été impropre de remettre à nouveau le blason du dauphin.

Selon le greffier de l'Hôtel de Ville de la Rochelle, qui n'est cependant pas un témoin oculaire, qui écrit ceci : " et fit faire à Poitier, dit le témoin , son étandard auquel y avait un écu d'azur et une colombe blanche qui tenait en son bec " de par le roi du ciel ". Le témoin devait avoir de très bonnes sources ou avoir été très proche de Jeanne, car là où Perceval de Cagny y voit un blason de France, le témoin le décrit d'une manière très détaillée qui laisse peu de doute sur son authenticité.  La couleur azur a peut-être trompé Perceval de Cagny, d'autant qu'il était commun de voir le blason du roi de France entouré de deux anges, représentation courante à l'époque, comme on peut le voir à la Sainte-Chapelle de Vincennes :

Sainte-Chapelle, Blason d'Isabeau de Bavières entourés d'anges

Sainte-Chapelle de Vincennes, Blason d'Isabeau de Bavières entouré d'anges. Réalisé entre 1385 et 1435.

 

 

(1) Il y a un manque dans la copie du texte , malheureusement peut-être perdu à jamais.

 

Lettre d'anoblissement de Jeanne la Pucelle

 
C’est le 8 décembre 1429 à Mehun sur Yèvre qu’elle l'a reçue du roi. Il s’agit bien d’une lettre d’anoblissement comme le stipule expressément  la lettre :   « Vue et expédiée à la chambre des comptes, le 16 janvier de l'an 1430, et enregistrée au livre des chartes de ce temps.

 

ANOBLISSEMENT DE JEANNE D'ARC ET DE SA FAMILLE. Décembre 1429.  ( j'utilise deux sources  Tome V - L11 - site )

Imprimé pour la première fois par Jean Hordal, dans son histoire de Jeanne d'Arc ; reproduit par Delaroque et quantité d'autres.
Le présent texte est corrigé d'après un vidimus de Henri II qui se trouve dans le registre 260 (pièce 306) du Trésor des chartes, aux Archives du royaume. L'auteur de l'opuscule intitulé : De l'extraction et parente de la Pucelle, dit que la charte originale était de son temps (1610) entre les mains d'un membre de la famille qui habitait la Normandie. ( note de Quicherat )

Il est utile de dire qu'il en existe plusieurs, celle de Quicherat et du site jeannedarc.net qui reprend le texte de J.B.J Ayroles sont quelque peu différents sur une phrase ou deux.

Charles , Roi des Français, pour perpétuelle mémoire

  « Exalter l'effusion des grâces si éclatantes que la Divine Majesté nous a départies par le signalé ministère de notre chère et aimée Pucelle, Jeanne Day de Domrémy, du bailliage de Chaumont ou de son ressort, et celles que nous en espérons encore, par le secours de la divine Clémence, c'est notre but; et à cette fin nous croyons convenable et opportun que ce ne soit pas seulement la Pucelle, mais encore toute sa parenté qui, non pas tant pour ses services que comme expression de divine louange, soit élevée et exaltée par de dignes marques d'honneur de la part de Notre Royale Majesté.
Celle qu'environne une si divine clarté, laissant à la race d'où elle est sortie un don insigne de notre royale libéralité, la gloire de Dieu ira se perpétuant et se prolongeant dans toute la suite des âges avec le souvenir de si magnifiques grâces que notre don proclamera. Sachent donc tous, dans le présent et dans l'avenir, qu'attendu ce qui vient d'être exposé, en considération des louables, agréables et opportuns services rendus à nous et à notre royaume de bien des manières par Jeanne la Pucelle, en considération de ceux que nous en attendons à l'avenir, pour d'autres motifs qui nous y incitent, nous avons anobli cette même Pucelle, et, en son honneur et considération, Jacques Day, dudit Domrémy, son père; Isabelle, sa mère, femme du même Jacques; Jacquemin et Jean Day et Pierrelot (2), ses frères, toute sa parenté et son lignage, toute leur postérité masculine et féminine, née et à naître en légitime mariage.
Par les présentes, par grâce spéciale, de science certaine et de la plénitude de notre pouvoir, nous les anoblissons et les faisons nobles, concédant expressément que ladite Pucelle, lesdits Jacques, Isabelle, Jacquemin, Jean et Pierre, toute la parenté et lignage de la même Pucelle, et leur postérité née ou à naître en légitime mariage, dans leurs actes, devant et hors les tribunaux, soient par tous tenus et réputés nobles ; qu'ils jouissent et usent pacifiquement des privilèges, libertés, prérogatives et droits quelconques dont ont coutume de jouir et d'user les autres nobles de notre royaume issus de race noble. Nous les mettons, eux et leur susdite postérité, au rang des autres nobles de notre royaume, issus de race noble, nonobstant que, comme il a été dit, ils ne soient pas par leur origine de race noble, et que peut-être ils soient d'une autre que la condition libre.

  « Nous voulons encore que les susnommés et leur postérité masculine puissent, toutes les fois qu'ils en auront la volonté, recevoir de tout chevalier le baudrier et les insignes de la chevalerie. En outre nous concédons aux susnommés et à leur postérité masculine et féminine, née ou à naître en légitime mariage, de pouvoir acquérir tant des personnes nobles que de toute autre des fiefs, arrière-fiefs, et biens nobles ; de pouvoir conserver, garder et retenir à perpétuité les biens ainsi acquis ou à acquérir, sans que dans le présent ou à l'avenir on puisse les en déposséder par défaut de noblesse.

  « Que pour cet anoblissement ils ne soient tenus ni contraints de payer quoique ce soit, soit à nous, soit à nos successeurs, car, en considération des motifs ci-dessus allégués, par surcroît de grâce, nous avons fait rémission et donné quittance aux susnommés, à la parenté et lignage de la même Pucelle, de toute somme à verser, et nous leur en faisons don et quittance par les présentes, nonobstant les ordinations, statuts, édits, usages, révocations, coutumes, inhibitions et mandements à ce contraires, faits ou à faire, et quels qu'ils soient.

  « C'est pourquoi que nos amés et féaux préposés à nos comptes, que nos trésoriers soit généraux, soit commissaires députés ou à députer sur le fait de nos finances, que le bailli dudit bailliage de Chaumont, que nos autres hommes de justice, ou leurs lieutenants présents et à venir, que chacun d'entre eux en ce qui le regarde, sache qu'il lui est enjoint par les présentes de faire que ladite Jeanne la Pucelle, lesdits Jacques, Isabelle, Jacquemin, Jean et Pierre, que toute la parenté et lignage de cette même Pucelle, que leur susdite postérité née ou à naître en légitime mariage, use et jouisse pacifiquement maintenant et à l'avenir de nos présentes grâces, anoblissement et concession, sans leur susciter, contre la teneur des présentes, empêchement ou molestation d'aucune sorte, ne souffrant pas que qui que ce soit leur suscite empêchement ou obstacle.
  « Pour que nos présentes aient perpétuelle valeur et force, nous y avons fait apposer notre sceau en l'absence du grand, à ce destiné ; voulons qu'en tout le reste notre droit demeure sauf, et qu'en toutes choses soit sauf le droit d'autrui.

  « Donné à Meung-sur-Yèvre au mois de décembre de l'an 1429, de notre règne, le huitième. Sur le repli : De par le roi, présents l'évêque de Séez, les seigneurs de La Trémoille et de Trèves et d'autres. Signé : MALLIÈRE.

  « Vue et expédiée à la chambre des comptes, le 16 janvier de l'an 1429  et enregistrée au livre des chartes de ce temps, f°CXXI.
  AGRELLE. »

(Scellées du grand scel de cire verte, sur double queue, en laz de soie rouge et verte.) 

Vous remarquerez que selon l'écrit du roi, il s'agit bien d'une envoyée de Dieu " dans le but de glorier les très nombreuses faveurs dont le Seigneur nous a comblés, par le moyen et l'aide de la Pucelle".

(1) Dans les lettres que l'ont trouve sur Jeanne , notamment sur internet, et les conspirations sur celle-ci, deux phrases passent souvent à la trappe :

"Jeanne Day de Domrémy" "en son honneur et considération, Jacques Day, dudit Domrémy, son père; Isabelle, sa mère, femme du même Jacques"

texte en latin : " Johannæ d'Ay de Dompremeyo "" Jacobum d'Ay dicti loci de Dompremeyo, patrem ; Ysabellam ejus uxorem, matrem ;Jacqueminum et Johannem d'Ay,../.."

En effet la lettre contient expréssement un quasi acte de naissance civil de Jeanne d'Ay ou d'Arc, cassant leur thèse d'une filiation royale. Notons qu'il est écrit d'Ay et non pas d'Arc, il pourrait s'agir d'une transcription orale lié à l'accent lorrain. Bien sûr ceux qui prétendent que Jeanne ne s'appelait pas Jeanne d'Arc disent qu'elle ne s'est jamais appelée Jeanne d'Arc, pour autant d'après elle il s'agit d'une coutume et qu'elle estime s'appeler la pucelle.

(2) Il s'agit probablement de Pierre appelé au village Pierrelot.

La fin de la lettre se termine par un blason qui est celui-ci :  



Blason Jeanne d'Arc
 

L'épée du blason, qui pourrait ressembler à celle trouvée à Sainte-Catherine de Fierbois, ressemble étrangement à une épée du XIVe. On constate que les croix de l'épée de Fierbois sont remplacées par des fleurs de lys, il n'est pas sûr que Jeanne soit à l'initiative de ce changement.

 

Une explication du blason ?  :

 

Jeanne d'Arc blason

 

 

Une réponse possible est la suivante : en étudiant les armoiries des papes, j'ai constaté que celui du pape Martin V, pape contemporain de Jeanne, était étrangement  ressemblant à celui de la Pucelle sur certains aspects notamment sur la forme et la disposition de la couronne initiale et le fait qu'il possède une colonne à la place même de l'épée. Blason d'ailleurs assez unique dans sa forme et ses éléments dans l'héraldique papale. Sachant que Jeanne dit à plusieurs reprises " par mon Martin" c'est quelque chose qui me parait intéressant, même si des spécialistes estimaient sans certitudes qu'elle voulait dire '"par mon bâton", ce qui n'est toujours pas aujourd'hui vérifié.  Est-ce que le Pape fut impliqué indirectement ou directement dans  ce choix, à l'heure actuelle je n'en sais rien et rien ne permet de l'affirmer, mais la ressemblance relative est à prendre en compte.

Par contre on peut se demander sur l'écu de l'étendard , pourquoi il n'a pas été repris par la suite. La raison qui me semble la plus probable est que Jeanne n'a pas demandé un blasonnement, ce qui fait que logiquement il ne pouvait être repris dans un blasonnement unique pour la Pucelle. D'autant qu'elle se considère comme la messagère de Dieu et qu'à ce titre elle ne doit pas profiter d'un quelconque avantage résultant de son action.  Le fait qu'il soit intégré pour le premier écu dans la bannière laisse supposer qu'il a été soit rajouté par coutume, il y avait usuellement un blason dans les bannières [13], soit que les voix lui ont demandé de le mettre, mais comme Jeanne n'en parle pas,  on reste donc dans le doute. Cependant il parait logique que Jeanne estimait ne pas avoir de blason propre, puisque elle-même ne semble pas décisionnaire .

Pourtant, et c'est quasiment une certitude,  le blason avec la colombe  fut le seul que la Pucelle d'Orléans porta, et selon mon avis personnel, c'est celui qu'elle considérait comme légitime. Car  même si elle n'en fait pas référence, peut-être parce qu'elle considérait que ça faisait un tout et qu'il n'était pas séparé de l'étendard, le fait de le porter et de l'accepter ne pouvait qu'être de sa volonté ou de celle de Dieu.

Mais on peut légitimement maintenant se questionner sur le fait que Jeanne n'a pas pris le blason, voir refusé, celui proposé par le Roi. Comme si elle ne le reconnaissait pas comme étant le sien pour sa mission. C'est d'autant plus troublant que ce blasonnement est effectué à la fin de l'année 1429 et qu'elle est prise quasiment 6 mois après à Compiègne, avec il est vrai une période très calme sans combat au château de Sully-sur-Loire. Dans un certain sens elle désavoue même ses frères, puisque clairement elle n'estime pas être l'auteur de la demande  et vu la réponse au procès, on peut se demander si les frères, voir le Roi, ne le lui ont pas imposé. L'autre point problématique est le remplacement des croix de l'épée de Fierbois par des fleurs de Lys, il est difficilement acceptable qu'elle soit en accord avec cette substitution, puisque cette épée fait partie des révélations données par ses "voix".

Ce laps de temps de 6 mois sans témoin ayant vu Jeanne avec le blason donné par le roi est-il un symptôme d'un début de litige entre Charles VII et la Pucelle ? comment se fait-il qu'on lui propose un blasonnement et qu'indirectement elle refuse de le porter ? Pourquoi avoir mis une partie du blason du Pape ? s'agissait-il d'une action politique que la Pucelle d'Orléans réfutait ? Beaucoup de questions auxquelles il n'est pas évident de répondre.

On sait d'après des écrits, notamment de Perceval de Cagny, qu'il y avait des frictions entre les partisans de la lutte d'un côté dont  Jeanne faisait partie et ceux qui prônaient la négociation avec les Bourguignons.  Il semble aussi que certains capitaines préféraient logiquement, au niveau du statut notamment, suivre  le Roi de France,  à l'exception peut-être de La Hire, du Comte de Dunois et d'autres fidèles de Jeanne, mais qui n'avaient pas alors d'influence comme notamment le Duc d'Alençon et surtout La Trémoille. Il faut remarquer que son anoblissement se fait en fin d'année après la difficile campagne de Paris.

Mais le fait, nouveau pour ma part, de découvrir une certaine ressemblance entre le blason de Jeanne d'Arc et de celui du Pape Martin V est assez troublant, et d'autant plus intéressant qu'il meurt le 20 Février 1431, hasard ou non du calendrier puisque le procès débute le 8 janvier 1431, mais  le premier débat public commence le 21 février 1431, donc le lendemain de la mort du Pape. Cependant il parait difficilement concevable que Pierre Cauchon était au courant de sa mort dès le 21.

 Aujourd'hui on ne possède aucun document permettant de prouver que le roi Charles VII soit intervenu pour faire libérer Jeanne, même si la présence de la Hire et du Comte de Dunois à quelques Km de Rouen en décembre 1430  n'est sûrement pas une coïncidence. Mais il parait impossible que le pape n'était pas au courant du procès de Jeanne d'Arc, on a cependant aujourd'hui rien de concret qui permette de penser qu'il soit intervenu dans un sens comme dans un autre sur le procès, peut-être que sa mort en 1431 quelques mois avant le jugement au mois de Mai n'a peut-être pas aidé dans ce sens, d'autant que son sucesseur ne semblait pas très accomodant avec la Pucelle, puisqu'il a fallu attendre sa mort pour un éventuel procès en réhabilitation.

 

 

 

 

La théorie du complot ....


Certains y voient un message subliminal, ésotérique, fanstasmagorique et mystique, cherchant à vouloir croire à des choses qui s'approchent plus de farfelus lachés dans la nature. Néanmoins on peut se fier à Michel Pastoureau, Historien et spécialiste héraldique reconnu qui dit la chose suivante et qui remet les choses à leur place :

" Une autre erreur largement répandue fait de l'héraldique une science ésotérique, utilisant un langage codé et mystérieux, pratiquement inapprenable et renvoyant à des significations cachées. Ici encore, rien n'est plus faux. L'héraldique n'est pas une science hermétique; c'est au contraire un système de signes largement ouvert sur la société. Sa fonction première est de dire l'identité des individus et des familles, et de la dire clairement. Il n'y a rien d'ésotérique dans la composition des armoiries ni dans la langue du blason. Cette dernière constitue un language documentaire performant, disant beaucoup avec peu ; elle emploie un vocabulaire et une syntaxe qui lui sont propres mais qui à l'origine, aux XIIe et XIIIe siècles, ne se distinguaient de la langue littéraire"

texte tiré de ce livre : l'Art Héraldique que vous pouvez acheter sur Amazon

On ne peut pas accuser Michel Pastoureau d'être partisan à une thèse plus qu'une autre, mais fort de ses 40 ouvrages sur le sujet, d'un historien reconnu mondialement,   spécialiste de la symbolique des couleurs, des emblèmes, et de l'héraldique.

Le plus drôle, voir le plus pathétique, c'est cette version repris en choeur dans d'autres forums : ça serait le phallus de Louis Ier d’Orléans pénétrant la reine Ysabeau avec la couronne légèrement inclinée, théorie mystique d'un certain Pierre de Sermoise, qui comme par un hasard douteux fait partie des personnes cherchant à démonter la soit disante " histoire officielle", comme si cette histoire avait été inventée par une organisation secrète mondiale.....

Au-delà du caractère outrancier , Charles VII allait-il insulter celle qui l’a fait roi avec l'aide de Dieu alors qu'il l'annoblie elle et toute sa famille ? voilà qui serait vraiment incohérent ! vous verrez par la suite que l'on peut interpréter comme on veut ce blason. De plus  le fait d’avoir une couronne inclinée vers l’arrière n’a rien de nouveau, comme on peut le constater à la Basilique de Saint-Denis :


Couronne Royale


Sachant que Louis d’Orléans est mort le 23 novembre 1407 et son  fils Philippe le 10 novembre 1407 soit treize jours avant la mort du probable père, il aurait fallu à Isabeau de Bavière un miracle pour accoucher en même temps de deux enfants, de cacher l’autre au nez et à la barbe de tous,  une vrai Guerre des Etoiles à la Georges Lucas ( les fans comprendront ), mais les saltimbanques du complot ont de la suite dans les idées... En effet certains y voient même un travesti, puisque pour certaines personnes mal avisées et férues d’histoire de sexe tortueux, Philippe ne serait autre que Jeanne... je m’arrête là tellement c’est stupide ( mais j'apporterais quelques éléments dans une autre page pour démontrer la supercherie de cette thèse ). Il faut rappeler également , que lors de son accouchement elle était reine et qu'elle n'accouchait pas seule dans un coin, mais devant une partie de la sa famille et de la noblesse, il est peu probable que le secret aurait été tu aussi longtemps... Par ailleurs Isabeau de Bavière avait déjà une fille prénommée Jeanne ( à deux reprises , mais une est morte à deux ans, et la seconde était vivante lors de la naissance de Jeanne quelque soit la date ), il est donc également peu probable qu'elle ait appelé ses deux filles  " Jeanne".

En prenant en compte que Jeanne est probablement née en 1412, voire 1411 ou maximum 1414, les dates ne correspondent pas du tout, 5 ans de différence ça se voit en général. Il faudra donc pour accréditer la thèse conspirationniste davantage d’éléments probants, tels que des traces ou preuves irréfutables plus que de seules suppositions. Ils ont  pour certains cependant un talent évident de la manipulation et du mensonge sur des faits totalement invérifiables, mais très largement dénoncés par les plus grands historiens du monde entier.

En tout cas avec un peu d’imagination on peut tout décrire ou tout expliquer avec un blason d’autant que celui-ci est très particulier. Les explications sur internet que l'on peut trouver sur ce blason, sont donc infondées, voir outrancières et insultantes.

 

 

Conclusion
 
 
Vous l’aurez compris, le blason que nous connaissons actuellement n’était pas utilisé par Jeanne et rien aujourd’hui ne permet de dire le contraire, surtout que c'est elle qui le dit dans son procès. Il a été attribué à ses frères suite à leurs requêtes. Quant au blason que l'on trouve sur l'étendard, il reste une incertitude à ce sujet, non pas sur son existence mais sur le blasonnement en lui-même. Mais on peut penser que l'écrit du greffier de la Rochelle est probablement le plus sérieux à ce sujet. Mais ce qui est curieux, c'est que Jeanne n'en fait pas mention au procès et estime ne pas en avoir eu, sachant que ce blason en question pourrait avoir été dicté par Sainte-Catherine et Sainte-Marguerite. Cependant lors de la description au procès à aucun moment elle ne parle du revers de l'étendard :

 

10 mars 1431 

Intérrogée sur l'étendard, le monde , le monde est peint, deux anges etc , elle répond : oui et elle n'en a eu qu'un.

Interrogée sur la signification du "dieu tenant le monde et ses deux anges", elle répond : Que Sainte-Catherine et Sainte-Marguerite lui dirent de le prendre hardiement, et le porter hardiement, et qu'elle fit mettre en peinture là le Roi du Ciel. Et ce dist à son roy, mais très envis ( à contre-coeur ), et de la signifiance elle ne le sait pas.

Quant à l'éventuel blason de la famille d’Arc, même si quelques rares éléments pouvaient affirmer qu’il y en ait eu un avec le nom de la famille "Du Lys", sans certitude cependant, je soutiens pour l’instant sans d’autres éléments plus convaincants, que la famille de Jeanne ne l’a pas utilisé ( ne pas l'utiliser, ne veut pas dire forcément qu'ils n'en avaient pas, mais qu'ils n'en ont jamais fait état à aucun moment ), car sinon il aurait été probable que Jeanne en aurait fait mention à son procès et bien avant. 


En tout état de cause sur la supposée noblesse de Jeanne avant l’anoblissement par Charles VII, rien aujourd'hui ne permet de le dire ou de le penser clairement, il n'y a que des ragots, des suppositions sans fondement réel. Le blason ne prouverait de toute façon  rien en tant que tel, puisqu’il n’était pas forcément rare d’avoir un signe distinctif sans forcément être noble.

Par ailleurs au vu de  la rapidité avec laquelle elle fut anoblie, à priori sans recherche ultérieure, il était sûrement convenu à l’époque que Jeanne et sa famille n’avaient aucun titre de noblesse surtout après l'interrogatoire poussé à Poitiers, auquel cas il y aurait une mention ou la lettre d'anoblissement aurait été écrite différemment.

Il est vrai cependant que la retranscription de l’interrogatoire de Poitiers manque énormément, mais au vu des réponses données au procès de Rouen, il semble évident que Jeanne en a souvenir et qu’elle ne sait pas si les jurés en ont une trace ou non [14], d’où parfois des réponses sans réponses à la question posée …. En tout cas rien est totalement tranché, pas de certitudes, mais sur les traces actuelles, rien ne permet de penser à ce que la famille d’Arc ou Jeanne tout simplement aient un quelconque lien avec la famille royale, tout porte à penser exactement l'inverse.

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J'ai mis ici la bataille d'Orléans où Jeanne va libérer la ville le 8 mai 1429, assiégée depuis plusieurs mois.

Le film comporte évidemment plusieurs inexactitudes, des armures grossières et autres inepties; cependant je trouve que l'actrice avec un certain charme et quelques acteurs arrivent à sortir le film du risque d'un énième navet. Certes les armures parfois prêtent à rire, certains dialogues sont un peu léger mais globalement le côté épique de Jeanne d'Arc ressort bien, d'autant que les faits relatés dans le téléfilm sont souvent proches de la réalité historique avec évidemment des variantes inhérentes à la réalisation de ce genre de film. On est loin de la folle aliénée version "Luc Besson" qui malgré une belle réussite technique et visuelle transforme Jeanne en quelqu'un globalement d'historiquement faux. 

Ce téléfilm est donc à prendre avec un certaine recul, mais je trouve que Liliane Rudabet Gloria Elsveta Sobieski (Leelee Sobieski ) arrive à donner une certaine candeur, douceur et naïveté touchante à la Pucelle d'Orléans, mais ne la rend pas ridicule et s'approche assez des écrits contemporains du XVe. Elle a la particularité également d'avoir un père français, Jean Sobieski qui a joué notamment dans la première saison des Chevaliers du Ciel en prenant le rôle de Philippe Larrafieu, et selon le réalisateur, qui insista lourdement dessus, lorsqu'elle tourna le film elle était encore vierge, ce qui en fait la seule vierge ayant jouée Jeanne d'Arc ...( toujours selon le réalisateur Christophe Duguay ).

Ce qui étonnant c'est que le téléfilm est parfois très inexact et parfois fourmille de détails, montrant une réelle volonté de recherche et de travail.

A un téléfilm ayant un budget souvent plus limité qu'un long métrage, on peut donc beaucoup pardonner, même si dans le cas présent il s'agit dans ce domaine d'une grosse production.

Extrait  du téléfilm canadien de 1999, la libération d'Orléans.

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