Château de Brie Comte Robert

Le château de Brie Comte Robert

 

Château de Brie Comte Robert 

 

[ Google Maps - Les Photos - Site Officiel ]


Edifié fin du XIIème, il est un des rares châteaux de type ‘castrale’ à ne pas avoir subi des modifications importantes lors des diverses guerres. Malheureusement, si les guerres ne l’ont pas modifié selon ses origines, le temps et son environnement humide ont très largement contribué à une détérioration longue mais importante.

 


C’est Robert Ier de Dreux, quatrième fils de Louis VI dit le ‘gros’ ( pour sa fortune et non pas pour son poids ) qui édifia le château en contre bas du village. Sa situation, peut en effet surprendre le visiteur habitué à des châteaux en général en haut de colline ou de mont. Pourtant ces châteaux en rase campagne ne sont pas aussi rare que l’ont pense, mais peu on subsisté bien souvent par le peu d’importance qu’il représentait et aussi par les ravages des guerres.


Ces châteaux étaient en général de petites forteresses, un peu comme à l’époque le fort de Challau. Ce qui diffère donc du château de Brie Comte Robert c’est donc non seulement sa situation mais aussi également sa taille relativement imposante pour l’époque, même si aujourd’hui on peut considérer cela comme un château de taille très modeste.


On remarquera également ces tours rondes, de tailles modestes, et ces deux tours carrés imposantes en bout de route de chaque côté. C’est donc des innovations de taille, avec ces tours rondes alors encore assez rare pour l’époque.

Porte Brie Comte Robert


Pourquoi avoir construit le château en bas du mont ? Plusieurs raisons peuvent être envisagées. Tout d’abord le sol était très marécageux donc difficile d’accès ce qui permettait une défense naturelle dissuasive, ensuite le fait qu’un grand nombre de cours d’eau s’y rejoignait permettait d’avoir de l’eau potable indispensable à l’époque.


La route menant à Paris était surement une raison tout aussi valable, la position du château était sans aucun doute un excellent point de surveillance et de sécurisation des lieux et de taxation. Une autre raison plus locale cette fois ci peut aussi jouer, c’est le fait que Robert Ier de Dreux était le vassal de l’évêque de Paris. L’église existant déjà il aurait été difficile, vu sa taille, et cher de construire un château soit autour ou à côté….en prenant le risque peut être de froisser l’évêque de Paris qui aurait vu d’un mauvais œil l’accaparement de son église dans un château qui n’était pas le sien. De plus c’était seulement depuis quelques années que Robert Ier de Dreux avait pris possession des lieux.
Le plan du château :

 Plan la gouacge

Plan : avec l'aimable autorisation de  Lagouache pour les éditions Gaud.


D : Grande Salle du rez de Chaussée
ABCDE : Logis seigneuriale.
GHMVWPR : bâtiments des communs

La partie jaune c’est la ‘lices’ partie entouré d’un mur, entre les douves et les fortifications.
Le château restera dans la famille de Dreux jusqu’en 1254, puis passa dans la famille illustre ‘ de Châtillon’ ( voir Renaud de Châtillon ).

 

 

 

 

 

 

 

 Les différents seigneurs de brie par ordre Chronologique, les dates correspondent à la naissance et décès de chaque seigneurs :


Robert Ier de Dreux (1125 - 1188)
Robert II de Dreux (1153 - 1218)
Robert III de Dreux ( 1182 - 1233)
Pierre de Dreux (1190 - 1250)
Jean Ier le Roux ( 1217 - 1286)
Alix II de Bretagne ( 1243 – 1288 )
Blanche de Bretagne ( 1270 – 1326 )
Jeanne de Chatillon ( 1258 - 1292 )
Marguerite d’Artois ( 1285 - 1311)
Jeanne d’Evreux ( 1301-1370)
Blanche de France ( 1328 – 1393 )
Louis d’Orleans ( 1371 – 1407 )
Charles d’Orléans ( 1394 - 1465 )
Louis XII ( 1462 – 1515 )


On remarquera que la plupart des seigneurs sont nominés et notifiés, ce qui n’était pas toujours le cas à l’époque. Il est parfois très difficile de retoruver les différents seigneurs, pour plein de raisons dont les guerres, pillages, manque d’importance du lieu etc …Brie Comte Robert bénéficie en tout cas d’un bon panel de documents d’époques.

Voute des tours

Voute d'une Tour


Après la mort de Louis XII, c’est François Ier qui en héritera de plein droit. Mais très rapidement son intérêt majeur ce sont les châteaux de la renaissance ( Fontainebleau, Saint Germain en Laye…etc ) qui attisent sa curiosité et surtout son intérêt s’impliquant directement dans ces projets.


Le château va donc subir une longue période de décadences et de pertes d’influences. Ce sont des ‘seigneurs engagistes’ qui remplaceront les anciens seigneurs. Cela causera d’importants dégâts au château principalement par un manque d’entretien flagrant. Comme vous pourrez le constater les ‘propriétaires’ sont nombreux et peu enclin à s’occuper du château.


Les engagistes :


Louis Le Poncher ( 1522 )
Anne de Poncher (1522 – 1528 )
Philippe de Chabot ( 1528 – 1541 )
Françoise de Longwy ( 1541 – 1543 )
Jean Caraccioli prince de Melphi ( 1543 – 1546 )
Jean-François d’Acquaviva, duc d’Atry ( 1546 – 1564 )
En 1567 un arrêté du parlement fait cesser les déprédations.
Marie de Pierrevive, dame du Perron et de Lésigny 1564 – 1570 )
Charles de Gondi, seigneur de la Tour, ( 1570- 1572 )
René de Villequier, puis sa fille Charlotte ( 1572-1600 )
Pierre Bruslard de Puisieux ( 1613 – 1620 )
Jean de Choisy ( 1620 – 1621 )
Pierre Bruslard de Puisieux ( 1621 – 1623)
Noel Bruslard de Sillery ( 1625 – 1633 )
Claude de Bullion ( 1633 – 1640 )
Angélique Faure ( 1640 – 1662 )
Noel, François et Claude II de Bullion ( 1662 – 1684 )
Jean-Jacques de Mesmes ( 1684 – 1688 )
Jean Antoine de Mesmes ( 1688 – 1723)
Marie Antoinette de Mesmes ( 1723 – 1734 )
Joseph de Belleville ( 1734 )
Germain Louis Chauvelin , marquis de Gros Bois ( 1734 – 1766 )
Anne Espérance et Anne Madeleine Chauvelin ( 1766 )


Par la suite Louis XV racheta aux engagistes de l’époque le domaine. Cette même année il échangera avec le Comte d’Eu le château pour d’autres terrain. C’est le duc de Penthièvre qui va hériter du domaine en 1775. Il sera le dernier seigneur de Brie Comte Robert puisqu’il décédera pendant les frasques de la révolution française en 1793.


La révolution française laissera des traces, mais moins destructrices que pour d’autres châteaux. Le 15 juillet 1789, le Baron de Besenval, colonel des Gardes Suisses et commandant Militaire de l’île de France essaye d’aller en Suisse. Il sera cependant débusquer dans une auberge de Villegruis. Il y sera emprisonner le 11 Aout de la même année et y restera jusqu'au 7 Novembre pour être déplacé au Chatelet. Il y sera jugé mais De Sèze adroitement le défendra et il ne fut donc pas guillotiné….mais il décédera cependant quelques temps plus tard de maladie.

 

  • Le choc d’un monde en ébullition


Le château passera longtemps dans un oubli incertain. En 1798 il retrouvera un nouveau propriétaire : Louis Lamblin ( 1798 – 1799 ) suivis de : Dominique Barar ( 1799-1801 ) et de Denis-Claude Rousseau ( 1801 -1803 ).
La ville acheta l’édifice mais le garda que 10 ans …jusqu’en 1813. C’est Felix-Donat Belin puis la famille Gillet qui en seront successivement les successeurs.
Le château posa d’innombrables soucis, notamment au niveau des douves. Par sécurité le château est au fur et à mesure arasé, dont la tour Saint Jean alors de 33 mètres rescapés des anciens arasements. C’est en 1879 qu’elle prendra l’aspect d’aujourd’hui.


En 1923, le 10 avril, le château sera racheté à nouveau par la ville. Deux ans plus tard il sera classé monument historique le 23 juin 1925.


Mais c’est seulement en 1982 que les travaux sont entrepris pour restaurer le château. D’importances fouilles, qui continuent encore en 2008 preuve d’une richesse importante, permettent de mettre le château sous un nouveau jour. L’association ‘les amis du vieux château’ en seront l’axe central conjointement avec la mairie.

Mon avis :


Malgré l’arasement des tours, le château ne manque pas d’intérêt. Tout d’abord parce que s’il y a eu des destructions massives du château explicité précédemment, il y a eu par contre très peu de

Tour

modification notamment défensive du château. C’est donc presque un château vierge à ce niveau là qui ressort 900 ans plus tard. L’aspect général et défensif est donc d’origine, ce qui peut être d’ailleurs très surprenant vu que la guerre de cent ans à fait rage au château et alentours.


Le musée archéologique est très fourni et une très riche abondance de documentation est disponible sur le château et ses secrets pour un château qui est somme toute de taille moyenne. Cela en fait donc un intérêt de premier choix d’autant que 900 ans qui vous contemple ce n’est pas rien. L’accueil est plutôt bon et accueillant.


On regrettera évidemment ce côté ramassé du château vu que ces tours ont disparus corps et âmes. Ce qui en fait un dommage important et qui pourrait décevoir quelques visiteurs adeptes des grandes tours. Pourtant sa visite est plaisante et le village ne manque pas d’intérêt d'autant qu'il est très agréable.


L’accessibilité est plutôt bonne puisqu’un parking est gratuit et juste à côté. L’ensemble de la municipalité et des associations de la ville font un effort remarquable pour faire revivre le château et ses alentours. Pour une si ‘petite’ commune ce n’est pas banale et c’était à souligner.