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Château de la Roche Guyon
La Roche Guyon
Le château de la Roche-Guyon est sûrement l’un des châteaux les plus connus de la région parisienne et en France. Son histoire est riche et couvre une période très large de l’histoire de France qui s’étale du IXième siècle jusqu'à la seconde guerre mondiale. Son emplacement, sa conception dans les roches de craie et son histoire en fond une place de choix et un lieu unique et pittoresque.
D’où vient son nom ‘ la roche Guyon ‘ ? Guyon viens du fait que les premiers seigneurs s’appelaient traditionnellement Guy et ‘la roche’ par rapport évidemment à sa situation rocheuse.
La naissance du château
On pense que déjà vers le III siècle des habitants vivent dans les troglodytes de l’actuel château inexistant à l’époque. Il existait même une chapelle ! qui est à l’emplacement actuelle , mais agrandis aujourd’hui. Selon la légende elle serait à l’endroit précis où un oratoire construit par Sainte Pience là où serait enterré Saint Nicaise, où du moins là où elle à été baptisée.
La légende de Saint Nicaise ressemble étrangement à celle de Saint Denis à Paris. Sans rentrer dans le détails, les vandales habitant dans la région aurait fait décapiter Saint Nicaise, prêtre envoyé par Rome avec Saint Denis qui lui restera à Paris mais connaîtra le même sort. Mais ressuscité il se lèvera avec la tête dans sa main pour venir dans l’île de gasny ( tout comme Saint Denis qui se lévera avec sa tête et descendra de Montmartre pour arriver et être enterré à Saint Denis, la basilique actuelle serait construite à l’endroit même de son enterrement ). Pience convertis par Saint Nicaise, les enterras selon les rites chrétiens …. Et cette chapelle semblerai indiqué l’endroit.
Le château actuel, où plutôt le donjon principal est probablement du XIIième siècle. Cependant les premières traces d’une fortification sommaire dates probablement des premières invasions normandes et des Viking. Son emplacement stratégique est double : il permet de surveiller le fleuve qu’il surplombe et l’une des routes qui mène à la Normandie. Il faut évidemment rappeler que les fleuves et rivières étaient à l’époque un moyen de voyager rapidement, sans compter la pêche et tous les nécessités d’usages et indispensables de l’époque. En 863, Charles le Chauve fait construire ou réparer par Pîtres les forteresses sur le fleuve. En 911 avec le traité de Saint Clair sur Epte, qui permet d’avoir une paix relative avec les vikings, donnera à la roche Guyon toute son importance stratégique.
L’invasion dans l’actuelle Normandie et plus tard anglaise fera de la Roche Guyon une place centrale de choix et très hautement stratégique, tout comme le château de Gisors à quelques kilomètres de là. La vallée de l’Epte et ses abords sont des points de frictions importants lors de la guerre de cent ans et bien avant.
Le donjon à subis deux étapes importantes et majeurs pour sa construction. La première c’est sa construction vers la fin du XIIième siècle avec un donjon plus simplifié mais déjà imposant, qui sera vite adjoint par deux ‘chemise’ de protection qui doublera son épais donjon initiale.
Sa forme est plus que rarissime et surtout reflète déjà pour l’époque d’une grande avancée technique. En forme arrondis vers la Seine et triangulaire vers l’arrière en forme effilée, il ressemble à une amande.
Le donjon à un diamètre de 12 mètres vers l’extérieur et 6 mètres en intérieur, avec des murs épais d’environ 3 mètres en moyenne. Son éperon de protection à un mur épais d’environ 4 mètres. Son architecture ramassée et compacte, en fait un donjon capable le de résister à la plupart des assauts de l’époque. Il est difficilement prenable, voir impossible, d’autant que pour y accéder il n’y a que un unique chemin principal, dans les roches de craie juste en dessous. Dès son origine et pendant plusieurs siècles, sa hauteur initiale était de plus de 30 mètres.
Vers 1250, le donjon reçoit un manoir fortifié, qui permet outrageusement d’assurer une défense sans failles. La crête protégé par le donjon et la rive par le manoir fortifié en fait une place forte de renom, d’autant que les deux systèmes de protections sont reliés directement l’un à l’autre par un escalier souterrain permettant une défense bi polaire difficilement attaquable. La tour carrée actuelle, quoique très modifié présente encore des stigmates importants de cette époque. Appelé aujourd’hui le circuit des herses, on y voit notamment deux entrées avec des herses, dont une qui représentait l’ancienne entrée du château. Elle est aujourd’hui cachée par le remblai de la terrasse, mais si l’entrée n’est plus utilisable on y observe encore parfaitement les fentes des herses. L’entrée était composée de succession importante de herses, d’assommoir, de mâchicoulis et autres défenses. Le château était bien gardé et sa succession de protection allié à un donjon imprenable surplombant le tout, faisait du château une référence militaire sur ce sujet.
La guerre de cent ans
Lors de la bataille d’Azincourt le 25 octobre 1415, Guy VI de La Roche meurt comme des centaines d’autres chevaliers et combattants. Perrette de la Rivière devient veuve avec ses trois enfants.
Le château va sûrement connaître l’une de ses premières attaques, par les anglais notamment. Henri V fait ordonné le siège du château en 1419. Il lui faudra 6 long mois pour que le château soit perdu aux mains des anglais. Encore que Perrette de La Rivière, n’avait plus tous ses chevaliers, ce qui aurait peut être permis de résister encore plus longtemps.
Henri V lui propose un marché de dupe : Soit elle quitte ses terres soit elle se soumet à la couronne d’Angleterre, elle préféra partir. Il faut dire que le choix était cornélien et si cela peut paraître évident aujourd’hui il l’était beaucoup moins à l’époque, sachant que le territoire ‘français’ était morcelé et la riche Ile de France était pour l’ensemble la plus grande partie du royaume français ou du moins la plus riche. Cela prouve probablement l’attachement du la famille avec la royauté française mais on peut supposer aussi que la mort de son mari lors de la bataille d’Azincourt ne lui donnais pas envies de se soumettre au royaume qui tua son mari.
Le château deviendra la propriété à Guy Le Bouteiller II (seigneur de Bouteiller) qui est pourtant l’un des descendant direct de Charlemagne mais qui trahira la ville de Rouen en la faisant tomber aux mains des anglais. Cette ‘juste’ récompense offerte par Henri V lui permettra d’y vivre jusqu’en 1439 date à la quelle son fils prendra le relais pendant 10 ans. En 1449 avec les armées du roi, Guy VII de la Roche reconquiert son bien car unique héritier du château.
De la guerre à la paix
Comme une grande partie des châteaux, la guerre de Cent ans va être un formidable tremplin pour des mortifications purement guerrière pour la plupart. Mais l’après guerre de cent ans va changer la donne lentement mais sûrement. Puisque la Normandie est devenue française et que la guerre avec les anglais sur le territoire n’est plus d’actualité, le château fort de la Roche Guyon, perdra de son intérêt stratégique et militaire. Il restera néanmoins une place de choix.
C’est le changement de propriétaire par alliance qui va chambouler ce château à l’aspect affreux selon l’abbé suger « Au sommet d'un promontoire abrupt, dominant la rive du grand fleuve de Seine, se dresse un château affreux et sans noblesse appelé La Roche. Invisible à sa surface, il se trouve creusé dans une haute roche. L'habile main du constructeur a ménagé sur le penchant de la montagne, en taillant dans la roche, une ample demeure pourvue d'ouvertures rares et misérables »
Le mariage de Marie de la Roche avec Bertin de Silly en 1474 va faire passer le château dans une famille d’officiers royaux, qui y resteront par ailleurs jusqu’en 1628. Ils transformeront le château en un lieu agréable de vie.
Par le mariage de Marie de La Roche (fille de Guy VII) avec Bertin de Silly en 1474, le château passe dans la famille de Silly où il reste jusqu’en 1628. Ils auront par ailleurs un fils Charles de Silly qui deviendra seigneur de Rochefort. C’est la famille de Silly qui transforme la forteresse médiévale en lieu de résidence habitable.
Des ouvertures sont faites, les remparts et donjon sont transformés pour être des lieux d’habitations. On remarquera notamment que en dessous du chemin de la ronde et des tours d’angles, des ouvertures importantes y seront faites. La tour actuelle ‘carrée’ subira d’importante modification, avec l’adjonction de fenêtre ‘gothique’ d’un enchevêtrement d’ouverture laissant passer la lumière qui devait manquer avant. Ce type de modification est d’ailleurs très courant après la guerre de cent ans, pour certains mêmes ils seront complètement détruit pour en faire des résidences de ‘luxe’. Mais une grande partie également sera au fur et à mesure abandonnée.
L’endroit en devient tellement accueillant que les rois de France y viendront régulièrement pour des parties de chasses. On peut noter notamment François Ier et Henri II. Henri IV y sera même éconduit par la charmante châtelaine mais veuve, une histoire de ‘vacherie’ assez cocasse mais qui démontre assez bien les relations de l’époque dans la haute sphère. Les femmes riches étaient bien souvent très libre et avaient dans certains cas des pouvoirs certains.
Au XVIIième siècle le potager fait son apparition. Il est juste en face du château et il existe encore presque à l’identique ! Identique jusqu’aux plantes et dans sa conception. Les potagers fleurissent et sont souvent des endroits d’expérience et découvertes botaniques, voir d’intrigues……
De famille en famille
En 1628, la famille Silly ‘perds’ le château. L’unique héritier François de Silly meurt à la Rochelle en 1628. Sa mère se remariera avec Charles de Plessis Liancourt et aura un fils Roger. Elle rachetera tous les droits nécessaires, en effet une partie appartient à la seigneurie de la Roche-Guyon et d’autres éléments à des descendants des Silly. Roger continuera le travail en négociant avec ses cousins de la famille de Silly en rachetant les droits également, cela permettra de reconstituer l’intégralité du domaine.
Plus tard en 1659 Jeanne-Charlotte du Plessis Liancourt , petite fille de Roger de Plessis Liancourt, se marie avec son cousin François VII de la Rochefoucault, fils de l’écrivain de la Rochefoucault célèbre auteur des Maximes, fait tomber définitivement ou presque dans les mains de la famille de la Rochefoucault. Malgré un intermède d’une trentaine d’année, elle reste leur propriété jusqu'à aujourd’hui.
Intrigues et traquenard
C’est à cette époque le château va prendre une ampleur rarement vue avant dans sa vie de château. Luxe et volupté !
C’est pourtant pour une histoire de complot et d’intrigues que les choses vont clairement changer. Madame de Chateauroux alors favorite du roi ( si vous préférez sa maîtresse ) est directement visé par une intrigue dont la Rochefoucault est impliqué. Louis XV le fera exilé dans son château de la Roche Guyon avec impossibilité d’en partir ! Mais Louis Xv était un spécialiste des exils , un grand nombre de ministre et de personnages proche de sa personne y feront les frais : le duc de Châtillon, le comte de Maurepas, le garde des sceaux Chauvelin, tout le parlement de Paris, et un très grand nombre d’autres magistrats, des évêques, des abbés, et des hommes de tout état. Mieux valait s’y résoudre !
De grands travaux vont être réalisés, qui donneront à peu près l’actuel château.
Une écurie, grande et vaste, deux pavillons, une cour d’honneur et une entrée immense en dessous du chemin de ronde et des ses tours. Il y adjoindra au potager un réseau d’adduction d’eau, construira un réservoir souterrain long de 22 mètres , 9 mètres 30 de large et 3 de profondeur pour une capacité totale de 6.138 hectolitres.
Marie Louis Nicole de la Rochefoucault ( qui deviendra la marquise d’Endeville ) fille aînée du duc, vivra avec son père lors de l’exil royale. C’est tout un grande panoplie de personnages qui viendront et se succéderont dans se château : les ministres , dont certains sont exilés ou répudiés par Louis XV ( Choiseul, Maurepas et Turgot ) et des gens d’esprit tel que Condorcet. La bibliothèque du château y contient par ailleurs un grand nombre d’ouvrage, aujourd’hui transféré dans d’autres lieux, un inventaire précis par ailleurs y déterminera un nombre de 1713 titres pour 2791 volumes. Ce qui est déjà énorme pour l’époque, même si on est loin des grandes bibliothèques comme celle de Colbert ou du roi avec ces 64 000 ouvrages rares et précieux. Marie Louis Nicole de la Rochefoucault contribuera à la diffusion de la variole, à l’expérimentation de la culture de la pomme de terre pour crée un pain plus économique , ouvrira une filature et créera même u ne école ‘publique’ gratuite ! Elle correspondait régulièrement avec Voltaire et Walpole. La révolution ne lui fit cependant pas grâce. Son fils le duc de la Rochefoucault sera assassiné à Gisors devant ses yeux le 4 septembre 1792 et elle fut traînée en ‘justice’ révolutionnaire et ne dû sa survie qu’a une pétition des habitants du village de la Roche Guyon. La duchesse d’Enville meurt à Paris le 31 mai 1797.
La révolution gronde
En dehors de la mort du duc de la Rochefoucault dans d’atroces conditions ( tués à coups de pierres par une meute en folie à Gisors ), le château ne connu peu d’atrocités ou de modification, seul le donjon perdra de sa grandeur ……. Le 2 octobre 1793, le Conseil Général de Seine et Oise veut détruire le donjon pour éviter aux contre révolutionnaires de l’utiliser. Le donjon sera réduit d’un tiers, pour ne faire plus que 20 mètres aujourd’hui. Malgré qu’il fut ordonné de sa destruction totale, cela ne fut pas fait et à peine entamé. Les pierres serviront à construire d’autres bâtiments dans le village, chose courante à cette époque, la pierre étant chère et rare.
Un cardinal propriétaire
A la mort de la duchesse d’Endeville, c’est sa belle-fille qui en administrera le bien mais elle lachera vite les rennes à son petit fils, le prince de Leon, Duc de Rohan. A la mort de celle-ci , l’ensemble du patrimoine reviens donc au duc. Le 29 février 1788, naît louis François Auguste de Rohan-Chabot. Il épousera en 1808 à l’âge de 20 ans Mademoiselle de Sérent agée de 17 ans. Mais elle mourra brûlée vive 7 ans plus tard dans un tragique accident domestique. Un an plus tard Louis François Auguste perd son père le duc de Rohan. Il devient donc duc de Rohan mais entrera dans les ordres quelques temps plus tards. En 1819 il entre au séminaire de Saint Sulpice où il rencontre Victor Hugo. Ordonné prêtre en 1822, il est nommé archevêque d’Auch en 1828, puis archêque de Besançon en 1829. En 1830, il est fait cardinal. Mais à cause de la chute des Bourbon, le cardinal-duc de Rohan fuit le territoire français. Il part en Belgique, puis en Suisse. Il ne retourne dans son diocèse de Besançon qu’en 1832. Il restera à Besançon jusqu'à sa mort en 1833.
Le château de La Roche-Guyon retourne dans la famille de La Rochefoucauld
1797-1829, c’est la période pendant laquelle le château de La Roche-Guyon quitte la famille de La Rochefoucauld. En effet, nommé archevêque de Besançon en 1829, Louis François Auguste de Rohan-Chabot revend ses parts d’héritage à son cousin, François XIII de La Rochefoucauld, fils du célèbre La Rochefoucauld-Liancourt, fondateur de la première caisse d’épargne de France.
Sur le pont de la Roche Guyon ….
Entre temps un pont fut construit en 1838, mais son incapacité et son unique voie ne permettaient plus de suffire à l’un des rares ponts de la région. Il fut entrepris donc en 1882 de le détruire pour en refaire un autre, de type suspendu et semi-rigide. Mais c’est seulement le 17 août 1914 que les travaux commencèrent, pour être stoppé net quelques temps plus tard par la mobilisation de la première guerre mondiale. Les travaux ne reprirent qu’en 1932 pour finir deux ans plus tard. Le pont à arche unique fut inauguré le 7 juillet 1935, avec ses 200 mètres était le plus long d’Europe . Fierté locale ce pont accueille un grand nombre d’éloge. Mais la seconde guerre mondiale fait rage et s’approche de Paris. Le génie français le fera sauter dans un vacarme de 400 kilos de cheddites, dont l’objectif est de ralentir l’avancée allemande…ce qui fut en vain car les allemands seront à Paris le 14 du même mois.
Le seconde Guerre mondiale
Dés le mois d’Août 1940 le village est occupé, et il restera une garnison jusqu’en 1941. Mais en 1943 on y installe une D.C.A le 17 mars .C’est surtout à partir de février 1944 que le château va connaître un des ses occupants les plus prestigieux : le maréchal Rommel.
La roche Guyon sera totalement libéré le 8 Aout 1944 mais malheureusement un manque d’informations et de communication conduira à l’unique bombardement de la ville par les alliées, faisant d’important dégât mais sans blessé ni décés. Ce bombardement endommagera considérablement le château et le village, dont la maison la plus ancienne fut totalement détruite ( 1520 ).