Commanderie des Templiers

avr. 28
 
 

La commanderie Templière de Coulommiers

 

Commanderie Templiers

 

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  • Introduction

La commanderie Templière est ma première visite d’un endroit spécifique aux templiers. Elle reflète la puissance, la richesse et le souci d’organisation des Templiers. Situé sur le haut de la ville de Coulommiers, la commanderie est une des trois rescapées sur les 12 connues situées en Seine et Marne. C’est celle qui a eu le moins de modification et surtout qui est restée la plus complète qui soit dans le département.

  • Historique

Fondée en 1173, sous le maître de l’époque Eudes de Saint-Amand ( cependant retenu prisonnier ), elle avait pour but d’asseoir la puissance des templiers mais surtout d’apporter une rente régulière permettant aux templiers d’avoir un revenu important. Cet argent permettait donc de financer les missions entreprises par les templiers en terre Saintes. Elle permettait aussi une certaine indépendance financière de tout royaume d’époques malgré des attachements idéologiques et des intérêts partagés avec ces derniers.

La commanderie est située sur les terres du Montbillard, sur un ancien château, données par Thibaud II Comte de Champagne et de Brie. Il faut rappeler que les templiers vivaient beaucoup des offrandes faites par de multiples donateurs. Les premières terres sont relativement éparpillées et les Templiers seront contraints dans leur début à les rassembler pour fournir un territoire suffisant pour leur assurer une rentabilité suffisante.
La commanderie est un excellent exemple de la puissance financière. Si on peut relever que la taille globale de l’ensemble est de taille modeste, il en est autrement du terrain immense. Cependant les fouilles archéologiques n’ont pas permis pour l’instant d’apporter des réponses plus concrète sur l’état , la taille de la commanderie sous les templiers.

On remarquera cependant que la commanderie est assez loin de la ville, qu’elle est relativement compacte avec peu d’ouverture sur l’extérieur. Les bâtiments faisant office de protections.

Le Vendredi 13 octobre 1307 ( anecdote : la superstition du vendredi 13 viens de cette date … ) après la fin des templiers orchestré par Philippe le bel, la commanderie est confisqué et elle passera sous la gestion de Gillon Barillat, prévôt de Coulommiers.

Les templiers de coulommiers seront condamnés et torturés.

Du 15ème siècle à 1789, les hospitaliers ( nommé aussi Orde de Malte ) récupère le domaine.

De 1789 à 1790 : Saisie par l’état elle sera vendu à Pierre Josse.

De 1790 à 1964 : Plusieurs propriétaires se succéderont utilisant pour la plupart l’ensemble comme ferme.

En 1964, la ferme est vendue à la commune. Daniel Tourneur alors maire de Coulommiers cherche alors à la détruire pour construire diverses cités qui entourent aujourd’hui la commanderie. Ces cités sont évidemment une entaille et ampute fortement le visuel de l’environnement naturel.
Une association se battra corps et âmes pour entreprendre bénévolement la restauration du lieu….qui continue encore aujourd’hui. L’action entreprise par l’association permettra de sauver le lieu. En 1994 la commanderie deviendra cependant Patrimoine Historique et échappe du moins pour l’instant à toute velléité communale.

  • Les bâtiments

 

  • La salle du chapitre et la chapelle

La salle du chapitre, telle qu'elle est baptisée actuellement, date du 12ème siècle à en juger par sa voûte d'arêtes et ses murs aveugles de style roman.
Elle était certainement plus grande à l'origine et s'étendait sur tout le bâtiment.
On trouve encore un montant de l'ancienne porte d'accès dans la maçonnerie à proximité de la tour du pigeonnier.
Nous supposons que cette salle servait à la réunion hebdomadaire de la communauté des templiers de la commanderie, réunion durant laquelle étaient jugées les affaires concernant la communauté ou les fautes des frères.

Chappelle des Templiers

La chapelle est postérieure et de style gothique. Mais il se peut qu'elle fut construite tout d'abord au 12ème siècle de style roman puis reconstruite au 13ème siècle de style gothique, peut-être suite à un incendie d'après le récit d'historiens locaux. La chapelle est rectangulaire, avec un chevet plat et une décoration très simple, comportant cependant des fresques à vocation spirituelle.
Ce style très dépouillé correspond à la conception religieuse de l'Ordre du Temple qui privilégiait la prière à l'embellissement de ses lieux de culte. La décoration fut entièrement refaite à l'époque hospitalière mais nous n'en avons conservé que très peu de traces sinon une description détaillée en 1850 par un érudit Columérien : Anatole Dauvergne.

 

  • Le logis

 

Le logis fut construit à l'époque Templière mais son état actuel est issu de nombreuses transformations au fil des siècles. La maçonnerie en pierre meulière ainsi que des traces d'anciennes portes et fenêtres nous donnent une idée de son état d'origine.
Le logis d'origine devait être deux fois plus grand et s'étendait vers le Nord. L'ancien conduit de cheminée, encore bien visible sur la façade, se trouvait alors au centre du bâtiment. L'accès aux étages se faisait par un ou deux escaliers dont nous avons encore la trace à l'angle Sud-est.
Les portes et les fenêtres etaient en arc brisé et se disposaient sur les façades Est et ouest. Nous n'avons aucune trace de la structure interne d'origine. Cependant, la disposition des anciennes portes nous laisse supposer que la façade principale du logis était à l'Est à l'époque Templière.

 

  • La cave

De l'époque Templière, la commanderie conserve également une cave dont il reste deux salles.
Celle du fond est une salle voûtée datant vraisemblablement du 12ème siècle.
Le fond est totalement effondré mais la cave devait certainement se prolonger, voire être utilisée comme un souterrain de refuge ou d'évacuation, débouchant juste derrière la commanderie, en cas d'attaque du lieu.
Une opération archéologique permettrait de répondre à ces questions.
Beaucoup de légendes ont entouré ce souterrain comme tant d'autres souterrains de bâtiments médiévaux. La légende locale raconte que le souterrain partait de la chapelle pour déboucher sur la place du marché de la ville basse de Coulommiers. Même si ces histoires sont souvent sans fondement, le fait de disposer d'une issue de secours dans un château ou un monastère était très courant au Moyen Age

  • Le patrimoine hospitalier

En arrivant sur les lieux en plein cœur de la Renaissance et au moment d'une aisance foncière et économique de la commanderie, l'ordre de l'Hôpital ou ordre de Malte contribue de façon importante à l'agrandissement et à l'embellissement du site.

  • Les façades et l'intérieur du logis.

Ce sont de loin les travaux de rénovation les plus importants sur le site pour cette époque, certainement effectués pour réparer les dégâts causés sur le logis par la guerre de cent ans. L'aspect extérieur est profondément modifié par l'apposition de fenêtres à meneaux et le rajout de la tour sur la façade Ouest. De même, les planchers, les cloisons ainsi que la charpente ont été refaits au 16e Siècle sous le commandeur hospitalier Bertrand de Cluys.
Les travaux effectués furent très vastes. On perça de grandes brèches dans les façades pour refaire les fenêtres et la maçonnerie en briques et pierres de tailles. La tour fut construite pour accueillir un large escalier pour remplacer celui de l'époque Templière qui était beaucoup trop étroit et mal situé. Enfin, la structure interne fut composée de cloisons formées par un assemblage de poutres et de briques enduites au plâtre. Mais ces transformations ambitieuses, tout en étant fonctionnelles, posèrent à la longue un sérieux problème de stabilité à l'édifice dont les façades commencèrent à bouger. Cet état alarmant du lieu de vie même de la communauté hospitalière semble certainement à l'origine du déménagement de l'ordre vers un autre chef-lieu, la commanderie de Maisonneuve.

 

  • Le pigeonnier

Pigeonnier


Le pigeonnier fut inséré dans le mur Nord du bâtiment du chapitre vers la fin du 16e Siècle. Il comporte 393 nichoirs en plâtre destinés à accueillir les pigeons du domaine de la commanderie. L'établissement d'un pigeonnier marque surtout une période d'aisance économique de la commanderie puisque tout pigeonnier possède autant de nichoirs que le domaine dispose d'arpents de terres, ce qui correspond pour la commanderie à un domaine d'environ 400 arpents, soit 200 hectares. Un pigeonnier reste surtout une marque de prestige que les hospitaliers ont placée ici afin de démontrer l'importance acquise par leur commanderie.
Ayant été posé à l'emplacement de l'ancienne porte d'accès Templière, au milieu de la façade du bâtiment, le pigeonnier semble être à l'origine de la division de la salle du chapitre en deux pièces désormais distinctes.

  • La grange aux dîmes

Construite au 16e siècle, peut être sur une ancienne grange plus ancienne. Elle permettait d’y stocker la taxe ( 1/10 ième des récoltes ).

  • Le patrimoine fermier

Les Granges et la porcherie
Appelée aujourd’hui porcherie, elle ne reflète en rien l’activité des templiers puisqu’elle à été construite au 19e siècle. Probablement en lieu et place d’un autre bâtiment hospitaliers ou templiers.

  • Le jardin Médiéval

Le jardin actuel, crée en 1993, ne permet en rien de supposer ou de connaître la composition d’un ancien jardin médiéval. La recherche de reconstitution actuelle, proche de la vérité en termes de semence et diversités, d’un jardin médiéval permet cependant d’avoir une idée assez juste des herbes de l’époque. A noté que le jardin à été détruit en 1984, ce qui laisse supposer une volonté une certaine volonté des mairies d’époque de tout détruire.

Source principale : les cahiers de la commanderie Edition avril 1998, en vente à 4€

 

 

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