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Gondrecourt le Château

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Gondrecourt le Château


 

Gondrecourt le Château

Les restes du château détruit par ordre de Louis XIII, c'est aujourd'hui un musée lorrain du Cheval.

Petit village de Lorraine , Gondrecourt Le château tiens son nom de la volonté de ne pas confondre le village avec ceux des forges de Gondrecourt et de Gondrecourt en Voivre. Les origines du nom de  Gondrecourt pourrait venir de Gondoïn , père de Bodon Leudin qui était évêque de Toul et de Sainte Salaberge; Le père de l'évêque était, sans certitude, seigneur de Meuse et de Gondrecourt qui devait alors porter un autre nom.

Situé sur la rivière d'Ornain le village se situe à 17km par route de Domremy et 21km environ de Vaucouleurs. Si vous prenez la route entre Domremy et Gondrecourt vous tomberez sur le village de Vouthon Haut, lieu de naissance de la mère de Jeanne d'Arc.

 Tout comme Domremy le village faisait partie du Diocèse de Toul . Gondrecourt au niveau religieux possédait une terre vaste avec 25 églises, dix annexes, une abbaye, deux prieurés, une maison religieuse, sept chapelles, deux hôpitaux et cinq hermitages. Du point de vue civil, la prévoté était sous le baillage de la Marche qui comprenait 32 villages et hameaux.

 


Informations
  •  Adresse : La Tour Ronde, 55130 Gondrecourt-le-château
  •  Téléphone :   03 29 89 63 38
  •  Heures d'ouvertures & Visites : Musée Lorrain du Cheval : Les dimanches de juin et septembre de 14h à 18h - En juillet et août : tous les jours sauf le mardi de 14h à 18h

 

Historique
  sources : Texte écrit à  partir de la Notice des duchés de Lorraine, de Bar et de Luxembourg, dominicain Auguste Calmet, 1840
 
Village de Gondrecourt le Château
Village de Gondrecourt-Le-Château 

1219 : Gondrecourt appartient alors à Dame de Rinel

1279 : le comte de Champagne donne la seigneurie au comte de Bar tenue par Jean de Gondrecourt.

1288 : Le comte de Vaudémont promet de mettre hors de ses mains Gondrecourt sans l'autorisation du Comte de Bar.

1304 : Gondrecourt pourrait avoir réuni par le mariage de Philippe le Bel et de Jeanne qu'il donna comme récompense à Thibault de Bar, évèque de Liège, la terre de Gondrecourt. Après la mort du prélat le domaine revenait cependant aux Comte de Bar et non à l'église. Il devait cependant rendre hommage au roi de France.

1307 : Au mois d'avril , Philippe le Bel céde toutes les dépendances à Edouard Ier comte de Bar neveu d'Edouard roi d'Angletterre suite à la demande de ce dernier.

1368 : Gondrecourt, place tenue alors par Colart des Armoises, est pris par les Messins ( Metz ). Le capitaine Colart des Armoises eut la tête coupée et les treize gentilhommes tous pendus.

1436 : le duc de Lorraine René Ier est entre les mains de Philippe de Bourgogne. Pour obtenir des faveurs du Duc de Bourgogne, Gondrecourt est mis en dépôt.

1449 : Richard de Merbury est le gouverneur de Gondrecourt, chevalier anglais, seigneur de Tallegard, de Vignay, du Grippon, de Boury et d'autres lieux donnés par Henri V.

1467 : le 10 septembre , Gondrecourt est brûlé comme de nombreux villages par écorcheurs de Metz. René II le duc de Lorraine et duc de Bar demande à la ville de Metz, 100 000 écus de dédommagement. Une assemblée à Ancy-sur-Moselle est tenue pour juger l'affaire, mais aucun accord n'en ressort à part que l'affaire serait traduite sur le jugement du Roi de France et des trois échevêchés : Metz, Toul et Verdun.

1475 : Louis XII, roi de France, donne la seigneurie ainsi que celle de Lifou-le-Grand à Saladin d'Anglure, seigneur d'Estoges , uniquement de son vivant , donc sans possibilité d'héritage pour sa descendance. Mais René II , Duc de Lorraine, refuse estimant que le bien lui appartient. Saladin renonce à la donation . Mais Louis XII adresse en 1482 une commission rogatoire au Baillit de Vitry, pour recevoir les hommages de la duchesse de Lorraine pour la seigneurie de Gondrecourt.

Saladin d'Angluère se pourvoit en 1491 et obtient un arrêt lui permettant de prendre possession des terres et seigneurie de Gondrecourt et de Lifou-le-Grand.

René II s'y oppose à nouveau et Saladin fait examiner l'affaire par des commissaires qui proposent un arrangement à l'amiable, dans lequel Saladin obtient la seigneurie mais avec la jouissance de René II. René ratifie l'accord en 1497 mais reprends la terre en 1498.

Tour Ronde1534 : le Duc de Lorrainne , de Bar et de Gueldre, Antoine dit "le Bon" donne le château à Renée de Bourbon son épouse les châteaux de Einville-au-Jar et de Gondrecourt. Il lui offre aussi une rente de 7000 livres tournois par an.

1539 : Début avril, le traité de Rumilly entre le Duc de Lorraine et François Ier est ratifié mais jamais réellement exécuté. L'origine de ce traité est que le Roi de France estimait que le territoire de Gondrecourt et d'autres seigneuries appartenaient au comté de Champagne, le Duc de Lorraine est venu prouver le contraire à Rumilly.

Ce traité permettait de définir que le Duché de Bar qui sont situés de la Meuse vers le Royaume de France appartiennent à François Ier et que si des officiers du Duc de Lorraine portent préjudice aux intérêts du royaume , le Duc de Lorraine les désévouait. Mais le Duc de Lorraine soutient que Gondrecourt lui appartient  et qu'aucun autre juridiction ne peut la prétendre.

1552 : Nicolas de Lorraine , compte de Vaudémont et régent de Lorraine pendant la minorité du futur Duc de Lorraine, écrit au roi Henri II que les villes de Bar-le-Duc, Gondrecourt, Châtillon, la Marche et Conflans étaient libre du royaume de France et ne pouvait avoir comme imposition que celle du Duc de Lorraine. Henri II fait une ordonnance pendant la minorité du Duc Charles III, afin de stopper toute action fiscales et de plaintestant que Charles III n'est pas majeur.

1553 : Le duché de Bar , dont Gondrecourt fait parti, Henri II exempt de toute imposition du royaume de France .

1559 : Charles III par testament donne au prince François de Vaudémont son fils, la terre et seigneurie de Gondrecourt ainsi que d'autres terres.

1632 : François de Vaudémont, par testament, donne le village à son fils Nicolas-François évêque de Toul et Cardinal.

1633 : Le château est détruit en grande partie par ordre du roy de France Louis XIII.

1641 : l'armée du roi se trouve devant le château mais trouvent l'ancien fort ruiné et abandonné. Ils prennent alors la direction de Neuf-château.

1656 : la terre appartient au maréchal François de l'Hôpital, seigneur du Hallier et de Beynes qui participe pour le roi de france à la guerre de trente-ans.

Au XIX siècle, le château sert de prison et de palais judiciaire.

En 1973, le 1er janvier, Luméville-en-Ornois et Tourailles-sous-Bois fusionnent avec Gondrecourt-Le-Château.


Photographies
 
Mise à jour le Dimanche, 19 Février 2012 23:09

Comte Jean de dunois - Bâtard d'Orléans

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Le Comte de Dunois


Jean de Dunois, appelé le Bâtard d'Orléans jusqu'aux environs de 1440, compagnon fidèle de Jeanne d'Arc.

 

Jean de Dunois à la Chapelle du Château de Châteaudun appartenant au Bâtard d'Orléans.Le comte de Dunois était souvent appelé le « Bâtard d'Orléans », avant qu’il ne devienne Comte de Longueville en 1443 par Charles VII et de Dunois en 1439 par Charles d'Orléans. Né à une date indéterminée mais probablement en 1402, il décède dans le Château de Tournelle dans la ville de l'Hay le 24 novembre 1468. Son corps est porté à la l'église de Clery-Saint-André en présence de Louis XI et son cœur au château de Châteaudun.

Le château décrit par Jean Lebeuf ( prêtre et historien du XVIIIe) , où plutôt la maison forte du XIVe qui servait de couvent des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul au XIXe a disparu pendant la révolution française , il se trouvait à l’emplacement du 34 rue de Tournelle dans l'actuelle ville de L'Haÿ les Roses en région parisienne dans le Val de Marne.

Jean de Dunois est Grand-chambellan de France après la conquête de la Guyenne, il est le fils naturel ( hors mariage ) de Louis Ier de France et de Mariette d'Enghien, il était donc le demi-frère de Charles Duc d'Orléans, de Jean d'Angoulême et Philippe Comte de Vertus. Il est le cousin germain de Charles de Ponthieu futur Charles VII.

Sa vie va rapidement basculer par une succession d’événement, tout d'abord Jean d'Angoulême est détenu en otage en Angleterre en 1412 et n'est libéré qu'en 1445. Charles son autre demi-frère autre prétendant au duché d'Orléans est capturé à la bataille d'Azincourt le 25 octobre 1415 et n'est libéré qu'en 1440. Pour finir Philippe Comte de Vertus, soutiens essentiel du dauphin Charles, décède subitement à 24 ans en 1420 très probablement de la peste.

Par conséquent Jean de Dunois deviens l'unique héritier , dépositaire du duché d'Orléans en attendant un éventuel retour de l'un ou de ses deux demi-frères.
Il est connu pour être un des compagnons fidèle de Jeanne, pour avoir construit le château de Châteaudun actuel ( château Dunois ) et mené plusieurs batailles victorieuses contre les Anglais.

Une note en 1438  sur Jean de Dunois par un moine de l’abbaye de Saint-Martial à Limoges dira de lui lors d’une visite de Charles VII [L10-674] :
“Noble chevalier , beau, doux et calme, du grand conseil ( du roi ), que le roi aimait beaucoup, non sans raison, car il était prudent et de bon gouvernement ainsi que disait la commune renommée”. Il est également surnommé le « restaurateur de la Patrie » après avoir pris la Normandie et la Guyenne aux Anglais.

Un éloge  qui n'est pas être contredit par les faits militaires,ses décisions politiques, sa fidélité au royaume de France et à Jeanne d'Arc.


L'Enfance de Jean de Dunois
 


Son père décède, assassiné par Jean Ier de Bourogne qui n'est autre que l'oncle de Dunois, en 1407 alors qu'il n'a environ que 4 ans. Alors Bâtard d'Orléans il bénéficie cependant d'une éducation princière grâce notamment à Valentine Visconti, duchesse de Milan et demi-soeur de Pierre Marie et Philippe Marie Visconti auquel la lettre de Boulainvilliers fait référence. Elle décède cependant rapidement en 1408.
L'enfance de Dunois est cependant placé dans la tourmente avec les soupçons d'une relation qui pèse sur Louis d'Orléans et Isabeau de Bavières, thèse aujourd’hui non prouvée et peut-être infondée.

Cette éducation princière lui permettra de découvrir de Dante, Boccace et Pétraque , des poètes et artistes. Il est cependant initialement prévu qu’il fasse partie du clergé mais la disparition rapide  des demi-frères va alors changer son destin.

À ses quinze ans, il est fait prisonnier par les Bourguignons, enfermé dans le château vieux de Saint-Germain en Laye et libéré en 1419 après avoir payé la rançon.(L1p53).

En plus de ces études religieuses et culturelles nombreuses, il va suivre très tôt un enseignement militaire, combat à l’épée et lance notamment, dans le but de le faire chevalier. Il deviendra écuyer de banneret, qui est un statut de chevalier, dont le devoir est de se tenir près du seigneur, mais qui lui concède le droit de lever bannière.
À 17 ou 18 ans il reçoit des mains de Philippe Comte de Vertus le collier d'argent du Porc-épic qui symbolise l'ordre fondé par leur père Louis d'Orléans.


La Guerre de Cent-Ans
 


À la bataille de Baugé en Anjou, il fait face sous les ordres de John Stuart ( Ecosse ) et de Gilbert Motier de la Fayette ( Royaume de France ) à plus de 3000 soldats anglais sous les ordres de Thomas Lancastre qui y décède, de Jean et Thomas Beaufort.
Cette bataille est importante, car depuis 1415 les Français n’ont plus gagné de bataille rangé face aux archers anglais notamment. Les pertes anglaises seront nombreuses avec plus de 1000 morts et la perte d'officiers.
Il est adoubé chevalier à 18 ans, en général c'est plus tard vers 20 ans et plus mais les impératifs militaires et la situation l'exigeait sans compter les qualités de Dunois qui vont vite être mis en avant.
Il porte alors les éperons d'or et l'épée offerte par le prince Charles, qui lui permet de porter les armoiries du blason de la maison d’Orléans auxquelles il rajoute la brisure ( trait rouge en diagonale sur un blason ) qui correspond aux « bâtards ».
En 1421, il se marie une première fois avec Marie Louvet qui la fille du ministre Louvet. Mort également de Charles VI.

En 1422 il achète le château de Beaugency

En 1424, à la demande d'Arthur de Richemont Duc de Bretagne , qui sera lui aussi un partisan de Jeanne pour combattre après le sacre de Reims, il va aider Louis d'Estouteville, gouverneur, en position difficile au Mont Saint-Michel. En 1425 Dunois est nommé Capitaine du Mont Saint-Michel.

La grande victoire de Dunois c'est la bataille de Montargis le 5 septembre 1427 qui va être magistralement menée par Étienne de Vignoles dit La Hire alors capitaine des opérations militaires*. [L8]

La Hire et Dunois se partage les rôles, alors qu’ils sont sous les murs de Montargis assiégée par les Anglais depuis quelques mois. Une phrase célèbre , relevé par le chroniqueur Montreuil , de la Hire avant l’assaut des troupes anglaises « Dieu je te prie que tu fasses aujourd’hui pour La Hire autant que tu voudrais que La Hire fasse pour toi s'il était Dieu et tu fusses La Hire. »


Chacun de leur côté ils vont tailler en pièces les armées anglaises, plus de 2000 anglais vont périr ( par noyade ou au combat ) sur les 3000 environ. Les pertes sont faibles pour les forces françaises alors au nombre de 1600. Les chiffres sur les forces françaises et anglaises sont à prendre avec précaution, en effet leur nombre varie beaucoup selon les chroniqueurs , ce qui est sûr c’est la débâcle anglaise et les pertes nombreuses dans leurs rangs.


Le duc de Warwick perds sa bannière qui restera par ailleurs jusqu’en 1792 dans l'hôtel de ville de Montargis, lui-même est obligé de se réfugier sur Paris et une partie des troupes anglaises doivent s'enfuirent vers Château-Landon et le château de Nemours.
La victoire de Montargis permet à Dunois de devenir Lieutenant-général, une très haute responsabilité alors qu’il n’a que 25 ans environ. Une trêve est signée entre Dunois et les Anglais permettant initialement de protéger un temps le duché d'Orléans et le comté de Blois.


a)  Le siège d'Orléans
 
Pont des Tourelles, pris par Jeanne d'Arc avec l'aide de Jean de Dunois
En vert la position de l'ancien pont des Tourelles pris par Jeanne d'Arc et Jean de Dunois le 8 mai 1429. Le trait vert  exagère un peu la position du pont, c'est lié à la photo panoramique,  mais le pont des Tourelles n'était pas totalement droit avec un décalage sur l'île.
Si les victoires précédentes ont permis aux français de reprendre espoirs, le siège d'Orléans qui commence le 12 octobre1428 est sûrement est des tournants de la guerre de Cent Ans. Jean de Dunois alors capitaine défends la place. Les anglais, dirigé par Thomas Montaigu comte de Salisbury vont rapidement prendre le dessus en prenant la barbacane qui défend le pont d'Orléans puis « les tourelles » abandonnée par les Français qui selon ces derniers ne pouvaient plus la défendre. Les Tourelles étaient à l’entrée du pont, sorte de bastille avec deux tours ( une ronde et une polygonale ) à l’avant et deux tourelles à l’arrière.
Mais Salisbury décède après avoir reçu un boulet tiré de la ville alors qu’il inspectait les Tourelles, il a le visage arraché et un œil crevé, il décède le 3 novembre probablement au Château de Meung-sur-Loire pris quelque temps avant. Cependant les Anglais font le maximum pour que les Français ne soient pas au courant du décès du Comte, ils le sauront donc bien plus tard.

Pour prendre la ville, les Anglais vont tenter de l’assiéger en construisant des bastilles dont l’objectif est de couper les routes pour éviter qu'Orléans ne soit ravitaillée. Au Nord-Ouest les bastilles dites de « Paris », « Rouen », « Londres » et de la Croix Boissée et celle de Saint-Laurent sont reliées entre elles par des fossés. Celle de Saint-Loup est sur l'Est, une autre sur l'île Charlemagne, puis sur l'autre rive celle de Champ Saint-Privé, Saint-Jean-Le-Blanc et avec les Tourelles et deux barbacanes une dite du boulevard et l'autre Sainte-Augustine. Le pont enjambant la Loire est coupé en deux ou trois, avec « Les Tourelles » tenue par les Anglais et sur l'autre rive du côté français une petite partie des fortifications sur l'île Saint-Antoine.

Dunois arrive à Orléans vers le 25 octobre 1428 après la blessure mortelle du comte Salisbury qui est remplacé au pied levé par le comte de Suffolk. Arrivé avec 600 hommes environ, il est accompagné de plusieurs officiers de haut rangs : La Hire, Jean de Brosse seigneur de Sainte-Sévère maréchal de France, de Jean V de Bueil seigneur notamment du château de Montrésor, Jacques de Chabannes Ier, Pierre d'Amboise seigneur de Chaumont sur Loire, Guillame de Cernay capitaine de Vendôme.

Dunois prends la lourde décision de détruire et faire brûler l'ensemble des bâtiments autour de la ville, y compris les églises. Ceci pour éviter que l'armée anglaise prenne ces bâtiments et s’y réfugient pour mener le siège au plus près de la ville, une politique de terre brûlé qui sera en définitive payante.

Les anglais reçoivent le renfort des Bourguignons et Dunois peut compter également sur le soutien du Dauphin Charles. Certaines estimations donnent jusqu’à 7000 soldats pour défendre Orléans, ce chiffre me paraît très excessif d'autant que la ville avait déjà plusieurs milliers d'habitants et que les ressources alimentaires se faisant rares un tel nombre de soldat à l'intérieur de la ville est proprement suicidaire, une ville bien défendue n'avait pas besoin d'un nombre important de militaire. Mais pas contre un nombre important d’habitants de la ville auront pris part à la défense de la ville permettant peut-être indirectement d’atteindre ce chiffre.

Malgré les renforts de parts et d'autres, les attaques et contre attaques et la construction des Bastilles, le siège s'éternise sans qu’aucun parti ne prenne vraiment le dessus. Talbot, qui remplace Suffolk début décembre , arrive avec un renfort d’environ 300 soldats, ainsi que de la nourriture et armements. Il n’arrive cependant pas à contrôler totalement les approvisionnements, certes déjà très réduits, au nord de la ville.

- Le 10 février 1429, la bataille des Harengs ou bataille de Rouvray-Saint-Denis, proche d'Orléans.

Des informations arrivent qu'un convoi de ravitaillement doit fournir de la nourriture aux soldats anglais, il est donc décidé de l'intercepter pour nourrir la population. Mais l'attaque du convoi se termine en véritable cauchemar par un manque de coordination des forces qui étaient sur le papier largement supérieurs, d’un côté Jean Stuart de Derneley qui veut une attaque par cheval à l’ancienne alors que Dunois préfère une attaque à pieds pour éviter les archers anglais ( il est plus facile de se protéger avec un bouclier à pieds des flèches qu’à cheval ), il a d’autant plus raison que les anglais ne peuvent s’enfuirent. Ils finissent donc par attaquer séparément. Le comte de Clermont en retard n’interviens cependant pas pour reprendre le dessus alors qu’il en a manifestement les moyens.

Les Anglais tendent une embuscade aux français en formant avec leurs chariots un cercle ou un U  et vont faire de 300 à 400 morts dont :
Jean Stuart de Derneley, comte de Derneley et d'Évreux, connétable d'Écosse, Guillaume Stuart , Guillaume d'Albret, Jean Chabot, le seigneur du Verduran, seigneur de Châteaubrun, Louis de Rochechouart et quelques autres nobles.

Dunois est lui blessé à la jambe par une flèche mais il réussi à rentrer à Orléans grâce à l'aide d'archers français qui réussiront à le remettre en selle. Les sépultures des nobles seront mises dans l'église Sainte-Croix d'Orléans avec les honneurs.

Le comte de Clermont quitte Orléans après la débacle.

Cet échec cuisant met à mal les espoirs des Français et la situation devient critique sans pour autant être intenable.

À la surprise générale, les bourguignons quittent le siège en mars n'arrivant pas à se mettre d'accord avec les Anglais sur le sort réservé à la ville, en effet les Bourguignons propose qu’elle soit mise sous la tutelle du Duc de Bourgogne ce que le « régent » Bedfort refuse, il n’est pas interdit de penser que Dunois ait joué un rôle déterminant preuve s’il en est que l'alliance anglo-bourgignonne est principalement d’ordre opportuniste. En effet Philippe de Bourgogne savait parfaitement qu’en enlevant aussi vite ses troupes, les Anglais ne pouvaient plus tenir un blocus qui n'était pas franchement étanche. De là à imaginer que Philippe le Bon voyait d’un mauvais œil la prise d’Orléans, conférant alors aux anglais un surplus de pouvoir qui pourrait alors le mettre en danger à long termes n’est pas impossible.

Ce retrait inespéré pour les Français va permettre d’alléger les siège, mais la situation est cependant déjà catastrophique, la nourriture manque, l'objectif de Talbot est bien d’affamer la ville pour obtenir leur reddition.

 

 

 

b)  Jeanne d'Arc la Pucelle de Lorraine
 


Croix Pucelle à Saint-Germain en Laye, sur la Route de Poissy, Daté de 1456Après la rencontre entre le Dauphin et Jeanne d'Arc à Chinon , avec l'impulsion de Dunois qui ,dans un premier temps, ne semblait pas enthousiaste avant de changer d'avis et d'être l'un des premiers partisans de la pucelle.

Pour en savoir plus rendez-vous ici : Jeanne d’Arc  à Chinon

On peut remarquer également leurs désignations proches ( la Pucelle d'Orléans et le Bâtard d'Orléans ) et qu’ils partagent le même prénom respectif à leur sex : Jehanne et Jehan ( Jeanne et Jean ).

Même si aujourd’hui on a du mal à connaître l’influence de tel ou tel capitaine lors de la bataille d’Orléans , il est peu risqué de dire que Jean de Dunois est sûrement l’un de ceux qui fut le plus influant dans la réussite de la libération de la ville par celle qu’on appellera alors par la suite “la Pucelle d’Orléans”.

Il faut noter la présence de La Hire qui est le vrai capitaine des opérations extérieurs de la ville d'Orléans, Poton de Xaintrailles, le Gascon et le Duc d’Alençon qui deviendrons pour la plupart les compagnons de Jeanne d’Arc.

J’y reviendrai plus tard sur un article sur la libération d’Orléans.

Il participe avec Jeanne à la Bataille de Patay, de Jargeau, la reprise de Beaugency et du château de Meung sur Loire, jusqu’à Reims il est à ses côtés. Il ne semble cependant pas qu’il ait participé à la conquête ratée de Paris, même si c’était un âpre partisan de la reconquête de l’île de France, qu’il va poursuivre après la capture de Jeanne.

En tout état de cause après ce fait militaire Dunois et Jeanne ne vont quasiment plus se quitter jusqu’à la capture de cette dernière à Compiègne le 23 mai 1430, auquel il dira :

je n’aurai de repos que suivant le voeu de la Pucelle ils ne soient tous boutés hors de France” 

Pour reconquérir l’île de France, il va utiliser une tactique assez proche de celle de Duguesclin. Il ne cherche pas forcément l’affrontement direct mais préfère attaquer par surprise avec la collaboration active des habitants des villes et villages concernés, une forme de guérilla dont l’objectif est d’imposer la terreur dans les rangs anglais.

Jean de Dunois garde pour Jeanne d'Arc une réelle affection bien longtemps après sa disparition. Il va faire édifier des Croix en son souvenir comme il le dit lors du procès de révision :

"on plantera non seulement à Rouen, mais aussi dans les principales villes du royaume, des croix dignes et honneste en souvenance et perpétuel souvenir de la Pucelle"

 

 

Charles VII a t'il tenté de faire libérer Jeanne d'Arc ? La bataille du Berger
 

 

Jean de Dunois ainsi que la Hire se retrouvent à Louviers pour probablement faire libérer Jeanne d'Arc, même si aucun historien pour l'instant ne peut confirmer qu’ils y sont pour cette raison. Mais il est étonnant de retrouver ces deux compagnons de Jeanne aussi loin à l'intérieur des terres Normandes. Louviers est un petit village à seulement une journée de cheval  de la ville de Rouen. La Bataille du Berger pourrait avoir eu lieu vers la mi-août 1431. 

On peut supposer qu’il y a eu une tentative d’obtenir des renseignements et de chercher un moment opportun pour prendre la ville. Il est peu probable par contre que La Hire y soit pour un quelconque marchandage avec les Anglais, n’ayant ni l’habileté politique et étant plutôt un homme d’action militaire. Par contre Dunois dont on sait sa présence également à Louviers a-t-il tenté de reproduire par la suite le succès plus tardif de Chartres ? 

La Hire , ainsi que le maréchal de Boussac, Potton de Xaintraille et quelques autres capitaines y restent curieusement pendant toute la durée du procès de la pucelle d'Orléans . Mais un fait étrange juste après que Jeanne soit brûlée vive va mettre La Hire dans une mauvaise posture. 

C’est Jean Le Fèvre de Saint-Remy, Chroniqueur Bourguignon au service notamment de Phillippe de Bourgogne et seigneur de Saint-Rémy, de la Vacquerie, d'Avesne et de Morienne, qui en fait le récit, dans ces mémoires, sur  une période allant de 1407 à 1436. 

Le texte que j'ai “traduit” en partie dans un Français plus courant, mais non littérale,  en respectant le plus possible le texte , les parties entre parenthèses sont des explications de texte que j'ai rajouté, le texte original est [ ici ] :

 

../..« Or advint après la mort de Jehanne la Pucelle, qu'aucun n'aurait cru sous un fou de berger, qui comme l'avait dit la pucelle Jehanne, disait qu’il avait une révélation divine afin qu’il se mit en armes, pour aider le noble roi de France. Cette folie fut cependant testée mais va faire perdre l'honneur du royaume. Plusieurs notables seigneurs et capitaines eurent confiance en ce Berger, et se mirent en ordre de combat. Quand les Anglais le surent , ils firent un grand rassemblement pour résister et aller à leur rencontre. Du côté français, le maréchal de Boussac ( Jean I de Brosse ), Poton de Xaintrailles, La Hire et plusieurs autres capitaines, en leur compagnie le chef ce méchant Berger. Du côté Anglais , il y avait le comte d'Arondel ( appelé aussi Arundel ) et le seigneur Talbot ( que l'on retrouve à Orléans ) et plusieurs autres : les Français et les Anglais se retrouvent et se battent vaillamment les uns comme les autres. Toutefois la bataille tourne en défaveur des Français ; et là plusieurs furent tués et pris ; le vaillant ( on remarque que le chroniqueur n’est pas avare de compliment sur les sujets du royaume de France, probablement parce que la guerre est fini entre les Bourguignons et les Français et qu’il ne faut fâcher personne) Potton de Xaintrailles , qui est aujourd’hui maréchal de France ( Il devient Maréchal en 1454, ce qui fait que le texte est écrit au plus tôt en 1454 ), y fut pris. Fut pris également le pauvre berger sur lequel espérait tant les Français. Le maréchal de Boussac, La hire et les autres se retirent à Beauvais ; et les Anglais, à grand honneur, triomphe et gloire, s’en retournèrent avec leurs prises et conquêtes. Là fut amené le berger. Ce qu’il devient, je ne sais pas ; mais j’ai entendu dire qu’il avait été jeté dans la seine et noyé. Cette bataille fut appelée la Bataille du Berger »../..

Le berger en question est Guillaume de Mende, ou Guillaume le berger comme l'appel Enguerran de Monstrelet dans sa chronique, selon les chroniqueurs il aurait les mains ,pieds et blessures comme Saint-François. « le journal d'un petit bourgeois de Paris » raconte que le berger est amené à Paris pour le sacre d'Henri VI à Notre Dame de Paris le 16 décembre 1431, il sera humilié et rayé pour finir noyer dans la seine. 

Le texte ne le dit mais La Hire est capturé également, on le sait, car il est enfermé au donjon de Dourdan pour s’y échapper quelque temps plus tard.

Charles VII est très probablement le financier de l’intervention militaire, cassant l’abandon supposé par le roi de Jeanne d’Arc, mais curieusement ce fait militaire n'est pas souvent relaté. Je ne sais pas si c'est acté par les chroniqueurs du côté français, il me semble d'ailleurs que la présence des Français à côté de Rouen ne soit en réalité découvert que grâce à ce texte, il peut donc s'agir d'une opération secrète qui a mal tourné, auquel cas il n'y avait pas de volonté d'en faire état. Il ne semble pas que Dunois était à la bataille du Berger, en tout cas aucune trace à ce sujet. 

Ce qui laisse également supposer la préparation d’un attaque pour libérer Jeanne , c’est la prise par Ricarville en février 1432 du château de Bouvreuil à Rouen ( voir ce lien )



Le 2 août 1432 Chartres

 

Le Comte de Dunois profite de la messe du Vendredi Saint pour entrer dans Chartres. Alors que les Anglais s'occupent de faire la prière, Jean de Dunois grâce à des complices arrivent à entrer dans la ville avec des chariots cachant des hommes d'armes. La ville est libérée après 15 ans d'occupations anglo-bourgignonne. 

En 1435, le roi signe la Paix d'Arras qui met fin au conflit avec les bourguignons. Dunois est au porte de Paris, il prépare avec minutie l'encerclement de la ville . Les anglais n'ayant plus le soutiens des bourguignons vont vite se retrouver dans une quasi insurrection civile. En effet malgré le peu d'effectif , Dunois fait couper les routes fluviales et terrestres entre Paris et la Normandie, la ville est asphyxiée et la population se retourne contre les occupants.

 En 1436 il combat sous les ordres du connétable de France à Poissy puis la même année à Pontoise. Il est nommé grand-chambellan et membre permanent du conseil royal. 

Le 12 novembre 1437, le roi Charles VII entre dans Paris. Il est accompagné de Dunois avec plus de 800 hommes d'armes et une bannière qui fait référence à Saint-Michel le saint patron de Jeanne d'Arc : «  une lance vermeille enrichie d'étoiles d'or avec un gonfanon de satin cramoisi brodé de Saint-Michel » Dunois fait-il référence alors à Jeanne d'Arc ?

 

 

c) La Guerre de Praguerie
  du nom de la ville de Pragues sujette alors à la rébellion régulière des vassaux envers le roi.

 

Château de Châteaudun Château de Jean de Dunois à Châteaudun

Dunois se mêle pendant un temps assez court à la guerre de Praguerie, qui initialement est une guerre des vassaux du roi Charles VII contre ces réformes militaire dont le but était d'arrêter les violences faites par les « écorcheurs » sorte de mercenaires dans le Poitou principalement. Le roi propose de payer à ces anciens soldats ,devenus mercenaires pour survivre, une solde d'un mois et propose de les envoyer en Normandie pour s'occuper des Anglais. Il envoie également son fils pour faire cesser rapidement les exactions. 

Mais le 2 novembre 1439 aux états généraux d'Orléans , le roi édite une ordonnance de réforme militaires qui met de facto le roi comme le seul légataire pour lever une armée et des taxes, Charles VII tente en fait de construire un état central. Il interdit aux hommes d'armes de se battre et de piller les villages , ils doivent donc rester en garnison. En cas de désobéissance le roi veut les condamner en « lèse majesté » qui est des cas juridique les plus graves offrant des sentences comme la peine de mort. Cette ordonnance est acceptée par les députés et de ce qu'on pourrait appeler « le conseil d'état », y compris du Duc d'Orléans. 

En 1440 , le Roi envoit le fidèle Richemont faire une inspection des troupes à Blois, ce qui est une nouveauté pour l'époque et raidit les relations entre les vassaux et le Roi. 

La Praguerie part principalement du Poitou. On trouve comme principaux instigateurs : Le dauphin qui a pour mission du roi de faire arrêter les exactions dans le Poitou, Le Duc Charles de Bourbon qui est le principal instigateur qui possède le Beaujolais, le Bourbonnais , l'Auvergne et la Marche, le Duc Jean II d'Alençon se sent lésé , le Bâtard d'Orléans, le comte de Vendôme et sans surprise l'ancien favori ( de 1427 à 1433 ) du roi La Trémoille , seigneur du Poitou connu depuis longtemps comme un instigateur et une personne très complexe. 

De l'autre côté on a Charles VII, Richemont et Charles du Maine. Chacun des instigateurs avait sa bonne raison de s'attaquer au roi : le Dauphin âgé de 17 ans vivait assez mal la liaison de Charles avec Agnès Sorel et surtout le fait que le roi ne voulait pas lui accorder des titres qui lui était dû. Dunois semble t'il s'inquiète du sort de son demi-frère Charles d'Orléans toujours aux mains des Anglais et il reproche au roi de ne pas faire le nécessaire pour le faire libérer, le Duc II d'Alençon se sent lésé malgré tous les services accomplis pour le roi, c'est d'ailleurs lui qui va convaincre le dauphin en lui promettant de mettre sous tutelle Charles VII et de lui laisser la place, et La Trémoille est toujours dans sa lutte intestine avec Richemont que ce dernier avait tenté d'assassiner dans son lit. 

La rébellion est cependant maté assez rapidement par le roi, il demande par ailleurs à des villes comme Reims de ne pas ouvrir la ville au Dauphin ou toute autre armée quel qu’en soit la raison sans autorisation du roi. Accompagné de 800 hommes d'armes, de 2000 archers et de canon, il reprend assez vite les citadelles prisent par les conjurés. 

Le 17 juillet 1440 à Cusset est signé un traité mettant fin à la rébellion, c’est là qu’est née la légende des "chiens verts" : le roi Charles VII montre à son fils les canons de la ville en lui précisant « Voici mes fidèles chiens verts », en effet les canons en bronze deviennent vert avec le temps. Il pardonne cependant à la plupart , sauf La Trémoilles malgré la demande du Dauphin, des seigneurs et le dauphin obtient le Dauphiné. Cependant s’il pardonne aux plus haut gradé dont le Duc d'Orléans par courrier royal, il n'hésitera pas à faire écarteler plusieurs hommes d'armes notamment à Saint-Maixent . Il fait exécuter par noyade Alexandre de Bourbon, compagnon de Jeanne d'Arc, pour avoir notamment été le chef de bande des « écorcheurs » du Poitou. 

Enguerran de Monstrelet : « « Survinct le roy en la ville de Bar-sur-Aube, auquel lieu vint devers luy le Bastard de Bourbon qui avoit sous luy à son commandement une très grosse compaignie de gens d'armes… », rapporte le chroniqueur Enguerrand de Monstrelet. « Mais quand il fut advenu audit lieu de Bar, il fut accusé d'aucuns crimes devers le Roy ». Un jugement est fait et il est condamné, il est considéré comme le chef de bande des « écorcheurs » auquel le roi avait sommé d’arrêter les exactions sous peine de lèse majesté. 

« Après fut mort […], fuct tiré de ladicte rivière et mis en terre saincte… » Pour sa lignée royale le roi fait sortir le corps de l'eau et par la suite une chapelle expiatoire sera élevée par ses compagnons d'armes sur un contrefort du pont de l'Aube, le pont et la chapelle sont détruits en 1940 pour retarder l'avancée allemande.

 

d) La Reconquête de la Normandie par Dunois
 
Après la Praguerie, Dunois est envoyé en Normandie au côté du Dauphin le futur Louis XI. Ils assiègent Dieppe en 1443 tenue par Talbot, ils vont d'ailleurs se guerroyer pendant plus de deux heures dont ils ressortiront victorieux mais Talbot réussi à fuir.  Après la victoire de Dieppe, il se rend en Bretagne pour sceller une alliance avec le Duc de Bretagne assiégé, cette action diplomatique va permettre à Dunois de recevoir un renfort conséquent de Bretons pour reprendre la Normandie.  Le 17 juillet 1449 il est nommé Lieuteant Général de Normandie «  entre la Somme, l'Oise et la Mer », ce qui lui permet de mettre les villes en obéissance de Charles VII, d'établir des traités avec les villes prises et de faire justice. Il va rapidement mettre en place une nouvelle administration civile et militaire.
Plusieurs villes vont être libérées : 
Pont-Audemer est attaquée par des « fusées ardentes » ( sorte de feu liégeois ) [L2] le 12 août 1449, avec la capture de plus de 420 anglais, le château est ensuite rasé. 
Lisieux, dont l'évêque est Pierre Cauchon, est libérée quelques jours plus tard sans combat grâce à la reddition de Pont-Audemer. 
Fin août 1449, Mantes et Vernon sont encerclés par plusieurs milliers d'hommes, elles sont libérées par les habitants qui contraignent les Anglais à capituler.
Château Gaillard est libéré après 6 semaines de sièges le 18 Octobre 1449. 
Le château de la Roche-Guyon , est gouverné par John Howell. Il promet de laisser le château aux français s’il ne reçoit pas de renfort dans les quinze-jours. Le duc de Sommerset, lieutenant de la Normandie alors à Rouen, fou de rage envoi 24 hommes pour le faire assassiner. John Howell apprends que le duc veut le faire tuer, il livre la place à Dunois et change de camp.
Le château de Gisors est tenu par le gouverneur Richard de Merbury, chevalier anglais, seigneur de Tallegard, de Vignay, du Grippon, de Boury en Vexin et de Gondrecourt-le-château en Lorraine. Il décide de livrer le château en espérant faire libérer ses fils alors prisonniers après la prise de Pont-Audemer. Charles VII pour le récompenser, le nomme capitaine de Saint-Germain en Laye à vie, avec tous les profits et émoluments qui en dépendait. Gisors est donc libéré le 20 octobre 1449.
Encerclé à Rouen le Duc de Sommerset et Talbot sont privés des ressources et de moyen de ravitaillement des anciennes villes alors libérées des Anglais. Avec une artillerie lourde, l'aide des habitants qui se soulèvent contre les occupants, la ville est libérée le 18 octobre 1449 et Charles VII entre solennellement dans la ville le 10 novembre 1449. 
Le Comte de Dunois parachève la libération de la Normandie en 1450 avec les prises d'Harfleurs le 14 décembre 1449, d'Honfleur le 18 février 1450, du Château de Falaise le 25 juillet 1450, le château de Domfront le 2 août 1450 et Cherbourg après un siège sera livrée aux français après avoir mis des canons sur la plage face à la partie la plus sensible des fortifications, c'est l'homme de confiance de Charles VII, Jacques Coeur, qui entreprends la négociation. 
Pendant toute cette période de reconquête éclaire de la Normandie, Dunois va avec habilité et intelligence laisser en place les capitaines, gouverneurs qui feront allégeance au Roi de France, sauf pour les châteaux qui ont des légataires français ce qui fut le cas du château de la Roche-Guyon. 
Après la conquête Normande, il part pour prendre la Guyenne aux anglais, en 1453 avec la prise définitive de Bordeaux qui avait été reprise par les Anglais avec l'aval de la population en 1452. Jean II de Bourbon et le Comte de Dunois gagnent la bataille du Castillon le 17 juillet 1453 contre le corps expéditionnaire de Talbot. Bordeaux tombe le 12 juin 1453 et Bayonne le 18 août 1453.
Le 3 octobre 1453 Charles VII signe un traité qui donne l'Aquitaine à la France après presque 3 siècles d’occupation anglaise, ce qui fait que la population est particulièrement réticente à la conquête de Charles VII habituée à la présence Anglaise.
Dunois participe en 1456 au procès de Réhabilitation de Jeanne, il devient également gourverneur de Saint-Germain-en-Laye avant de décéder en 1468.




Sources principales :
- 1 - Capitaine et Gouverneurs de Saint Germain en Laye, maîtrise et guerre, J. Dulon 1899
- 2 - Histoire de France ... jusqu'en 1789. Tome VI Par Bon Louis Henri Martin, P435
- 3 - http://ueb.saooti.com/fr/broadcast/3498_Charles_VII_et_la_Praguerie_de_1440 Jean-Marc Loisil à l'Université de Rennes
- 4 - http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1971_num_129_2_449896
- 5 - http://www.lest-eclair.fr/article/sorties-loisirs/1440-execution-du-batard-de-bourbon L'Est Eclair
- 6 - Journal d'un bourgeois de Paris p428

- 7 - Corps submergés, corps engloutis Par Frédéric Chauvaud p36

- 8 - Histoire de Charles VII: Roi de France et de son époque  - Auguste Vallet de Viriville )

- 9 - Documentations sur place au château de Chateaudun


 

 

Mise à jour le Dimanche, 19 Février 2012 14:52

Château d'Azay le Rideau

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Château d'Azay le Rideau


Château d'Azay le Rideau, nuit d'été

Château d'Azay le Rideau, à la tombée d'une nuit d'été.

Azay le Rideau, anciennement Azay le Brûlé jusqu'au XVIIIe,  est l' un des plus beaux châteaux de la Loire souvent comparé au château de Chenonceau. L'été de très belles animations donne une vie au château la nuit, si vous en avez la possibilité c'est une visite vraiment très agréable. D'autant que dans le village il n'y a pas grand chose à faire le soir, la journée par contre c'est plus dynamique notamment avec les marchés, c'est en tout cas un village agréable.

 

Informations
  •  Adresse : Château d’Azay-le-Rideau - 37190 Azay-le-Rideau
  •  Téléphone :   02 47 45 42 04
  •  Heures d'ouvertures & Visites  : Ouvert tous les jours, octobre à mars : 10h à 17h15 - avril, mai, juin et septembre : 9h30 à 18h - juillet et août : 9h30 à 19h dernier accès 1h avant la fermeture - Fermé 1er janvier, 1er mai, 25 décembre -Plein tarif : 8,50 € et Tarif réduit : 5,50 € ( 2012 )

 

Historique
  sources : à partir d'un texte de Jean-Louis Chalmel ( actualisé et modifié )  Histoire de Touraine,  1841
 
 

Azay le Rideau de nuit
Azay le Rideau de nuit

Azay le Rideau est une petite ville  située sur l'Indre à cinq lieues au-dessous de Tours sur la route de Chinon.

Des découvertes comme des haches de pierre dans une probable cachette d'un fondeur de l'âge bronze  et des vestiges de l'époque Gallo-Romaine témoigne d'un activité humaine bien avant la construction du fort médiéval. Ce n'était qu’une simple châtellenie mais qui datait d'une époque assez reculée. Cependant la première connaissance que nous ayons de ses seigneurs châtelains ne remonte qu'à Hugues Ridel ou Rideau que nous voyons figurer en 1213 au nombre des chevaliers bannerets de la Touraine institués par Philippe Auguste,ce qui indique une famille déjà ancienne à cette époque et qui paraît avoir donné à cette ville le nom qu'elle porte encore. Le château médiéval  a été probablement construits vers 1219. Autrefois entourée de murs et fortifiée elle devait être plus importante si nous en jugeons par les différents sièges qu'elle a soutenus, d'autant que son emplacement stratégique était vital puisqu'il était sur la route menant de Chinon à Tours, alors à cette époque des villes très importantes pour le royaume de France.

 Les Bourguignons s'en emparèrent sous Charles VI et elle fut reprise par le dauphin en 1418.  Les combats d'une rare violence entre les Bourguignons et le dauphin Charles ( futur Charles VII ) va se terminer par l'exécution du capitaine bourguignons et des 350 soldats, le village prends dès lors le nom d'Azay le Brûlé jusqu'au XVIIIe.

 Jean Berthelot conseiller du roi maître de la chambre aux deniers était seigneur d'Azay le Rideau sous le règne de Louis XI. Il épousa Perrinelle Thoreau dont il eut entre autres enfants Gilles qui suit Gilles Berthelot seigneur d 'Azay le Rideau conseiller secrétaire du roi et maître de la chambre des comptes de Paris à la place de son père fut maire de Tours en 1520 après Guillaume de Beaune.
Salamandre François Ier, devise :
Salamandre de François Ier, devise : "je nourris et j'éteins", Nutrisco et extinguo
 

Ceux de sa famille avaient leur sépulture dans la paroisse de Saint-Denis et dans une chapelle particulière qu'on nommait la chapelle des Berthelot. Ce fut lui qui fit démolir le vieux château d' Azay et le fait reconstruire en plus vaste et plus beau . Ce château bâti au milieu d'une île formée par l'Indre est par son site et surtout par son architecture l'un des plus pittoresques et des plus remarquables de ceux qu'offre encore la région.
Antoine Raffin dit Potton seigneur d 'Azay le Rideau de Beaucaire etc capitaine de cent archers de la garde du roi gouverneur de Cherbourg servit avec distinction sous François Ier. Il fut nommé depuis gouverneur du dauphin François à la place de Purfé qui avait été envoyé ambassadeur à Rome. François Baffin seigneur d'Azay le Rideau épousa Nicole Leroy de Chavigny dont il n eut qu'une fille qui fut mariée à Guy de Lesignem dit de Saint-Gélais seigneur de Lansae auquel elle porta en dot la seigneurie d Azay le Rideau. Guy de Lesignem fut seigneur d'Azay du chef de sa femme dont il eut Artus qui suit Artus de Lesignem seigneur de Lansae .Le seigneur d'Azay le Rideau épousa Françoise fille de Gilles de Souvré marquis de Courtenvaux gouverneur de Touraine et du dauphin depuis Louis XIII, de ce mariage naquit une fille qui épousa le marquis de Vassé.

Le marquis de Vassé fut seigneur d Azay le Rideau du chef de sa femme qui lui apporta cette terre en dot. Elle est passée depuis dans les maisons de Cossé de Courdemanche et de Biencourt maréchal.

Le château est inscrit en 1840 sur la liste des Monuments Historiques mais malgré cela les restes de l'ancien château médiéval sont détruits pour être remplacés par deux nouvelles tours d'angle.

Pendant la guerre de 1870 le prince Frédéric Charles de Prusse occupe le château et le village de Saint-Patrince et du château de Rochecotte, pendant six semaines avec son armée.


Lucarne du château d'Azay le Rideau
Lucarne du château d'Azay le Rideau





Photographies
 
Mise à jour le Mercredi, 15 Février 2012 11:24

6 janvier 1412

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6 janvier 1412, La date de Naissance de Jeanne d'Arc
  Mais est-ce vraiment la bonne date de naissance de Jeanne d'Arc ? Explications. Le texte non définitif comporte cependant déjà l'essentiel, j'y apporterais d'autres éléments par la suite. J'ai par ailleurs traduit quelques phrases du latin en français. [ MAJ -10-02-2012 ]

6 janvier 1412

- I - Introduction

- II - Quels sont les témoignages , au XVe, sur l'âge de Jeanne d'Arc

- III - La lettre de Boulainvilliers

- IV - Conclusion

 

- I - Introduction

La question revient souvent, la date du 6 janvier 1412 est-elle vraiment la date de naissance de Jeanne d'Arc ? Sur quels éléments peut-on se référer ?

En réalité aussi surprenant que cela puisse paraître de nos jours, mais normal à son époque, il n'y a aucun acte religieux ou civil qui puisse le confirmer. Seule une lettre écrite par Perceval de Boulainvilliers, Chambellan du roi, sert aujourd'hui de référence historique et je vais d'ailleurs m'y attarder plus longuement par la suite.

Ce manque de documents contemporain à sa naissance peut s'expliquer pour plusieurs raisons : il n'existait pas, ou presque pas, de registre d'acte civil ou religieux qui est communément appelé aujourd'hui « extrait de naissance ». Il faut rappeler que c'est seulement sous François Ier, en 1539 avec l'ordonnance de Villers-Cotterêts qu'il y a eu obligation d'inscrire les baptêmes et les actes de décès appelé alors « sépulture ». L'acte écrit de mariage n'est venu qu'en 1579 avec l'ordonnance de Blois, en effet à l'époque de Jeannette seul la présence de témoins et d'un curé ayant le pouvoir de sacrement suffisait alors pour établir un mariage religieusement légal.

Cependant il existe des registres qui selon les paroisses, les échevêchés et autres juridictions religieuses pouvaient alors écrire certains actes dont les baptêmes. Il faut dire que la nécessité d'avoir un acte écrit de baptême n'était pas forcément nécessaire puisque la majorité des enfants nés étaient forcément chrétiens et catholique. La question religieuse ne se posait guère, elle s'est surtout révélée nécessaire pendant les guerres de religions et pendant une forte croissance démographique avec des moyens de communications plus avancées et plus sure, rendant les populations légèrement moins sédentaires, nécessitant de facto une meilleure identification des personnes.

Dans le cas où Jeanne d'Arc aurait eu un document écrit religieux d'un acte de baptême il n'en existe en tout cas aucune trace de nos jours. Tout simplement parce qu'il n'existait pas ou parce qu'il a été détruit dans les différents pillages de Domremy par les Bourguignons principalement. Il n'y avait alors aucune obligation, en cas d'écrit, d'en faire un double. C'est seulement à l'ordonnance de « Saint Germain en Laye » appelé aussi « Code Louis » en 1667 qu'il fut institué mais réellement pratiqué en 1737. Sachant que Domremy a quasiment totalement brûlée et a été ravagée à plusieurs reprises pendant l'enfance de Jeanne, il n'est pas difficile de penser que même si son curé, Jean Minet, a enregistré son baptême il a sûrement été détruit.

Comment connaître la date exacte de sa naissance autrement ? Il aurait fallu un témoignage des parents, des frères, ou toute personne contemporaine de Jeanne et évidemment d'elle-même, mais actuellement il n'y a aucune trace, à ma connaissance, d'un témoignage direct quelconque de la famille  de Jeanne. Au mieux nous avons quelques témoignages d'un âge incertain qui varie selon les témoins, mais qui aujourd'hui semble accréditer qu'elle est moins de 20 ans à l'âge de son exécution.

L'âge à l'époque des personnes, à part de nobles ou de la royauté, n'avait guère d'importance et il était commun de ne pas connaître ni sa date de naissance précise et son âge même à quelques années près.

 Un exemple flagrant est celui du procès de réhabilitation de Jeanne, les témoins se donnent  des âges souvent inexacts :

Guillaume Manchon alors greffier du procès de condamnation : 58 ans puis 57 ans ( L10 )

Le dominicain Martin Ladvenu : 55 puis 52

Isembard de la Pierre : se rajoute 5 ans

Pierre Cusquel : s'enlève 5 ans ..

Le Comte de Dunois, le 22 avril 1456 , se donne un âge de 51 ans alors qu'il en a environ 54.

Jeanne dans le procès ne fait pas souvent allusion à son âge, en tout cas pas plus qu'il est nécessaire, il est d'ailleurs très probable qu'elle n'en connaisse pas la date avec précision. Cette situation est corroboré par la suite lorsqu'elle n'arrive pas donner un âge bien précis lors du procès de Rouen par l'évêque de Beauvais, de plus il lui arrive d'avoir des doutes notamment sur l'âge de départ de chez ses parents, preuve s'il en est que rien n'est bien acté même s'il n'y aucune contradiction de sa part, simplement des imprécisions qui n'avaient pas lors des faits une importance majeure. Si aujourd'hui on apporte une attention à  l'anniversaire comme une date importante, l'époque de Jeanne est totalement différente pour la population en générale.

Un autre élément aurait pu nous aider, c'est le procès matrimonial de Jeanne à Toul. Mais ce document qui a disparu , ne reflètait probablement rien de bien particulier à ce sujet et encore moins son âge de majorité. L'âge de la majorité n'était pas définie comment on peut le connaître aujourd'hui dans nos institutions, au mieux l'âge de majorité fictive était définie par l'église selon la possibilité, ou non, d'une femme de se marier. Textuellement l'âge de mariage religieux est définie à la puberté c'est-à-dire à 12 ans environ; même si en réalité à son époque les mariages étaient tout de même souvent plus tardifs, vers 16-19 ans en moyenne. Un âge moyen par ailleurs qui entre parfaitement dans le cadre des « fiançailles » de Jeannette.

 

 

 

- II - Témoignages du XVe sur l'âge de Jeanne d'Arc


Les voici en partie, les auteurs sont tous du XVe :

- La lettre de Perceval de Boulainvilliers qui donne la date du 6 janvier , lettre écrite le 22 juin 1429.

- Perceval de Cagny : «  en l'an 1428, le 6e jour du mois de mars, une pucelle de l'âge d'environ de 18 ans, venant des marches de Lorraine et de Barrois rencontra le roi à Chinon », Perceval de Cagny a écrit ces textes en 1436, très tôt donc après la mort de Jeanne mais surtout tiens ses informations du Duc d'Alençon, un des très proche compagnons et fidèle de Jeanne d'Arc. Cependant la date de 1428 est en fait 1429 aujourd'hui mais la raison de cette différence de date est que la nouvelle année était à Pâques à l'époque de Jeanne, pour le 6 mars la date semble fausse à priori à deux ou trois semaines près, sans certitude cependant.

- Jean Chartier, chantre de Saint-Denis «  En ce temps, vint une nouvelle qu'il y avait une pucelle de Vaucouleurs et de Barrois, laquelle était âgée de 20 ans ou environ. »

- Auteur inconnu mais édité fin XVe probablement, par Denys Godefroy sans cité d'auteurs ou de sources «  fille de Jacques Daix et d'Ysabeau, sa femme, simple villageoise, qui avoit acoustumé aucunes fois de garder les bestes ; et quand elle ne les gardoit, apprenoit à couldre, ou bien filoit. Elle estoit aagée de dix sept à dix-huit ans, bien compassée de membres, et forte ; » On notera quelques points troublants, le nom daix écrit comme il se prononçait à l'époque, et la description « bien compassée de membres et forte » qui pourrait suggérer que la personne ait pu voir Jeanne, ou un portrait ou reçu une description d'une personne qui l'aurait vu mais qui pourraient venir de Lorraine au vu de l'accent utilisé.

- Enguerran de Monstrelet, au service du Duc de Bourgogne et surtout de Jean de Luxembourg, est au siège de Compiègne en 1430, il aurait même selon ses dires vu et entendu Jeanne lors de la rencontre avec le Duc de Bourgogne. Entre 1440 et 1553 il écrit une chronique sur Jean de Luxembourg, particulièrement à son avantage. Sur l'âge de Jehanne voilà ce qu'il dit : « En l'an desusdit, vint devers le roy Charles de France, à Chynon où il se tenoit grand partie du temps, une pucelle josne fille eagie de vingt ans ou environ, nommé Jehenne, laquelle étoit vestue et habilliée en guise d'homme ». Selon donc Enguerran , elle a 20 ans ou environ.

- Registre de la chambre des comptes de Brabant: « le sire Rosethlaer, que nous venons de nommer » écrit à plusieurs seigneurs du conseil de Brabant  « plus tard ce même sire a écrit, toujours selon ce lui avait rapporté le chevalier ( un chevalier de Charles VII et conseiller du roi ) dit, qu'une jeune fille, née en Lorraine, nommée Jeanne et âgée d'environ 18 ans » Ce sire Rosethlaer est en fait un ambassadeur venu de Bruxelles dans le cadre d'un mariage avec une fille de Yolande, la lettre originale est écrite le 22 avril 1429 et retranscrite par la suite ( L3 p83 ) dans le tome X des registres de la chambre des comptes de Brabant.

- Le Pape Pie II, écrira lui-même ( sous le pseudonyme Jean Gobelin ) «  Puella sexdecim annos nata, nomine Joanna, pauperis agricolæ filia » « Une fille vierge de 16 ans, appelée Jehanne, née d'un père laboureur ». Ce texte est écrit entre 1462 et 1464, il comporte notamment des précisions importantes sur Charles VII, qui semble donc confirmer qu'il est très bien informé. Par ailleurs le procès en révision en 1458 sous son impulsion démontre qu'il est parfaitement au courant des faits. Si il y a bien un homme d'église qui est au courant des secrets de Jeanne c'est lui, il a très probablement accès à tous les procès y compris celui de Poitiers. Nier son témoignage, voir le cacher comme le font certains journalistes est faire preuve d'un aveuglement total voir pire d'une escroquerie intellectuelle.

- Lettre probable d'un Chevalier de Saint-Jean de Jérusalem « per Puellam, ætatis decem octo annorum » « par une vierge, âgée de 18 ans ». ( Quicherat – Tome V )

- La femme de lettre Christine de Pisan, née à Venise en 1364 mais décède à Poissy en 1430 dans l'abbaye. Il est à préciser que la fille d'Isabeau de Bavières et de Charles VI, Marie de Valois la sœur de Charles VII, vivait dans cette abbaye également. Elle devait donc être au courant des événements et il n'est pas impossible de penser que Christine de Pisan et Marie de Valois se fréquentait, ce qui peut expliquer l'exactitude de ces vers notamment sur l'âge et les événements. C'est d'autant plus probable que Christine de Pisan a écrit un livre, à la demande de Philippe de Bourgogne, sur Charles V ce qui a pu sûrement rapprocher les deux femmes. Dans l'un de ses derniers poèmes de sa vie achevé le 31 juillet 1429, donc du vivant de Jeanne d'Arc, elle écrit ceci sur l'âge de Jeanne d'Arc :

« Une fillete de seize ans

(N'est-ce pas chose fors nature ? )

A qui armes ne sont pesans, »

 

Christine de Pisan , Jeanne d'Arc, Document de 1434

On note qu'elle donne le même âge que Pie II, 28 ans avant ce dernier. Ce qui par un curieux hasard de circonstance ne mènerait-il pas à la réflexion suivante ? pour l'église elle avait 16 ans lors de la rencontre de Charles et Jeanne, un âge ressorti du procès de Poitiers ?

- Procès de réhabilitation : « Étant petite fille, j'ai connu Jeannette. Son père et sa mère étaient d'honnêtes laboureurs, gens de bonne renommée et bons catholiques. Je ne sais rien que par ouï-dire sur ses parrains et marraines, parce qu'elle avait quatre ans de plus que moi » témoignage de Hauviette dans le procès de réhabilitation en 1456. Hauviette a 45 ans, mais on n'est même pas sûr qu'elle connaisse son âge. En tout cas son témoignage donnerait alors à Jeanne lors du procès de réhabilitation : 49 ans ou 24 ans lors de son exécution à Rouen, ce qui au vu des nombreux témoignages sur l'âge de Jeanne est fortement improbable.

C'est le seul témoignage donnant indirectement un âge très supérieur à celui supposé de Jeanne, on peut légitimement se poser la question comment un journaliste qui se dit sérieux peut prétendre donner un âge aussi lointain pour exprimer ses doutes sur la filiation de Jeanne et de Charles. En fait l'essentiel pour le journaliste est que la date tombe dans la période qu'il souhaitait, une sorte d'arrangement avec l'histoire pour la réécrire à sa façon.

En effet sous prétexte qu'elle donne un âge plus avancé que le sien, qui sert d'ailleurs d'excuse sur le fait qu'elle ne peut vraiment répondre à la question posée, le journaliste en déduit donc qu'elle est née en 1407 qui comme par hasard arrive exactement à la date de l'une des théories fumeuses : c'est-à-dire la naissance de Philippe fils d'Isabeau de Bavière...une non affaire Jeanne d'Arc que voilà ! La probabilité qu'elle se trompe est identique aux autres sur leur propre âge surtout presque 30 ans après les faits, rien de bien mystérieux dans une époque trouble sans acte d'état civil écrit. 

Mais c'est surtout l'ensemble des très nombreux témoignages ( visuels ou non ), n'ayant d'ailleurs aucun intérêt à mentir ou travestir la réalité, dont certains ennemis de Jeanne, qui semblent converger vers une date très ultérieure à 1407 et se rapprocher de 1412. Au mieux nous pourrions avoir une date de 1411 à 1414, au-delà on entre dans une incertitude extrême qui n'est étayé par aucun fait suffisamment complet et qui ne peut servir qu'à des intérêts personnels en faisant barrage à la réalité historique.

 

 

- III - La lettre de Boulainvilliers

La lettre de Perceval de Boulainvilliers, écrite le 21 juin 1429, a fait couler beaucoup d'encre notamment sur son authenticité , les raisons de son élaboration et surtout la date étrange et les événements survenus lors de la naissance de Jeanne.

Le gros point noir de cette lettre n'est pas vraiment l'auteur et la date d'écriture mais plutôt à qui elle était destinée, en effet Jean Marie Visconti est mort depuis fort longtemps en mai 1412. Je ne vais pas m'étendre sur le personnage et la famille Visconti, famille connue pour des activités douteuses et cruelles. Par contre on peut remarquer que la date de décès coïncide par le plus curieux des hasards avec celle de l'année supposée de la naissance de Jeanne.

Bien évidemment on pourrait se dire qu'au vu des moyens de communication de l'époque, Perceval de Boulainvilliers pourrait ne pas être au courant. C'est fortement impossible puisque le 17 février 1424 Charles signe un traité avec le successeur de Jean Marie Visconti qui est Philippe Marie Visconti son frère, soit seulement 5 ans avant la lettre. Dans son tome V, Quicherat donne une explication simple, le Jh aurait été confondu avec Ph, il s'agirait alors bien de Philippe Marie de Visconti, N'ayant pas pour l'instant pu voir le document original en question je ne peux pas me prononcer,

Mais il est vraiment improbable qu'il s'agisse d'une erreur, car Philippe Marie et Jean Marie Visconti sont les oncles de Charles VII et du frère emprisonné à Londres, comment peut-on imaginer qu'ils n'en connaissent donc pas le prénom ? Un simple problème donc de transcription du latin en français en est donc peut être l'origine.

On sait encore moins qui est le commanditaire de la lettre, Boulainvilliers ? le Roi ? une personne proche du Roi ? ça reste un mystère.

Je fais abstraction du début de la lettre qui est une succession de formule de politesse pour le Duc de Milan pour passer directement au sujet de la naissance de Jeanne  :

« Elle est née dans un petit village appelé Domremy, au bailliage de Bassigny, en deçà et sur les confins du royaume de France, sur le fleuve de Meuse, non loin de la Lorraine. Elle est issue, on le sait, de parents justes et simples. C'est dans la nuit des Epiphanies, durant laquelle les gens ont coutume de commémorer avec plus de joie les actes du Christ, qu'elle entre dans la lumière de cette vie mortelle, et, chose merveilleuse, tous les paysans de l'endroit sont saisis d'une joie inconcevable.

Ignorant la naissance de la jeune fille, ils courent çà et là, demandant ce qui est arrivé de nouveau. Une joie nouvelle s'était fait sentir dans le cœur de quelques-uns. Que dirai-je de plus ? Les coqs, comme se faisant les hérauts de cette joie nouvelle, éclatent en chants inusités, inouïs. Battant leurs corps de leurs ailes, pendant presque deux heures, ils semblent présager l'événement d'une chose nouvelle »

On est là face à un texte assez étrange, qui ressemble plus il faut le dire à une campagne politique tendant à démontrer le merveilleux de la naissance de Jeanne... malgré comme il le dit « Ignorant la naissance de la jeune fille » les habitants du village sont pris d'une folle joie ... C'est d'autant plus étrange que ce n'est pas corroboré par aucun témoignages dans les procès. Un autre point contestable et qui permet d'affirmer dans un sens que Boulainvilliers ne connaît pas la date de naissance de Jeanne c'est qu'à aucun moment il ne parle de son année de naissance et de son âge précis.

Un certain journaliste qui se veut sérieux dans son enquête, explique que ce tintamarre pourrait venir en fait de la venue de Paris d'un convoi en donnant un bébé à Jacques d'Arc et Isabelle Rommée. On peut évidemment se poser la question, mais rien dans le texte ne permet de l'affirmer, Perceval de Boulainvilliers à aucun moment fait ce type de référence ou allusion, il s'agit purement d'une invention fantaisiste du journaliste. De plus comment motiver une visite royale en plein hiver, à plus de 400 km avec plus de 10 jours de route sans aucune trace nulle part ?

On ne peut éviter d'en rire un peu, comment un journaliste qui se veut exhaustif, réaliste et objectif, peut-il dans son livre avec un ton très sérieux sortir ce type d'histoire à dormir debout, comme si la lettre de Boulainvilliers ne manquait déjà en elle-même d'étrangeté.

En réalité le journaliste parfait commercial pour bien vendre son livre, omet totalement d'expliquer la situation religieuse à cette époque. Le texte fait clairement référence s'il en est à la naissance de Jésus et à la magie des événements.

Dans le livre de Contamine ( L10 ) , l'un des grands spécialistes de Jeanne , estime que Perceval de Boulainvilliers aurait pris ses informations sur les rumeurs et histoires sur Jeanne au moment où il écrit cette lettre, en inventant rien . Si lui n'invente rien, on peut donc légitimement se poser la question sur ceux qui colportent ces faits.

Une autre phrase est intéressante :

« Elle est issue, on le sait, de parents justes et simples » le « on le sait » démontre par ces trois mots qu'il a une certitude sur ces origines parentales, probablement lié au procès de Poitiers et peut être une enquête à Domremy même. Il y a une tentative sur ce point d'imposer un état de fait irréfutable, cette certitude dans sa lettre n'est pas la seule.

On peut être évidemment aussi surpris de la précision «  deux heures », comme si il avait été témoins des faits où qu'il aurait reçu un témoignage d'une personne proche ? Ses frères peu probables ils étaient sûrement trop jeunes pour s'en souvenir, les parents ? Jusqu'à juin ils ne semblent pas qu'Isabelle la mère de Jeanne et ni le père Jacques se soient déplacés à Chinon. Du procès de Poitiers ? ou des interrogatoires de Chinon, pourquoi pas mais même le Pape Pie II n'en a pas connaissance, ne serait-ce pas pourtant une date importante dans la religion chrétienne et une preuve de plus que Jeanne est la messagère de dieu ?

Alors vraiment on peut honnêtement être perplexe, d'où tient-il cette information ? De simples rumeurs comme il était coutume à l'époque ?

Quant à la date de naissance de Jeanne du 5 ou 6 janvier on ne peut qu'évidemment se poser des questions, d'autant qu'elle coïncide comme par enchantement à la date des Rois. Pour ma part si Jeanne était née ce jour-là, un jour important dans l'année des chrétiens, il est fort probable qu'elle en aurait fait mention un jour où l'autre notamment à son procès, ce qui n'est pas le cas puisque malheureusement elle ne peut même pas indiquer avec certitude son âge à un an près. Mon avis est que si elle était née le jour d'une fête religieuse importante, vu sa croyance ainsi que sa mère, elle en aurait parlé au procès ou un autre moment  surtout si selon Boulainvilliers c'est une fête dont «  les gens ont coutume de commémorer avec plus de joie les actes du Christ ».

Vu l'imprécision de l'âge de Jeanne notamment par elle-même, vu que le Pape Pie II n'en fait aucunement référence et qu'aucun « historien » contemporain de l'époque n'en parle à aucun moment, la date fournie par Perceval de Boulainvilliers, le ton utilisé et la manière dont c'est amené est sûrement inventée ou créer à partir de sources non fiables ( rumeurs ) pour conduire le lecteur de la lettre à imaginer l'incroyable bénédiction de la naissance de Jeanne.

Ne l'oublions pas, elle est venue libérer la France et doit sacrer Charles comme roi de France, il faut donc crédibiliser le rôle de Jeanne et la rendre plus pure qu'elle ne l'est encore.

 

 

- IV - En conclusion

La date fournie par Perceval de Boulainvilliers est difficile à appréhender, son approche dans la lettre surtout au début peut paraître surprenante, d'autant qu'il ne précise pas l'année mais se contente de donner le jour en relatant des faits que l'ont peu qualifier d'imaginaires ou infondés. Pourtant la suite de la lettre, qui concerne en partie la Bataille de Patay, semble confirmer une réelle précision des événements dont il a pu faire partie ou en tant que témoin. Mais ces éléments à la fois précis dans certaines parties de la lettre et d'autre bien plus incertains, ne peuvent pas permettre de crédibiliser l'ensemble sans autres témoignages écrits qui pourraient concorder avec le sien. Sur la date de naissance à l'heure d'aujourd'hui il est bien le seul à le stipuler, sur d'autres points de sa lettre certains éléments semblent confirmer ses dires et d'autres non.

L'âge de Jeanne selon les témoins est toujours , sauf une exception mais qui peut être largement mis en doute, entre 16 ans et 18 ans pour la rencontre avec Charles, voir 20 dans certains cas selon les périodes notamment à sa capture. Jeanne lors de son procès donne un âge d'environ 19 ans en 1431 sans pouvoir le préciser totalement, cette imprécision peut s 'expliquer par le fait qu'elle ne connaît pas sa date exacte de naissance, ce qui peu rendre improbable le jour de naissance proposé par Perceval de Boulainvilliers, en effet comment expliquer qu'elle ne la connaisse pas alors que lui si ?

Certains journalistes ou romancier cherche à lui donne un âge plus avancé, en trouvant une multitude de faits inexactes , cherchant des témoignages plus ou moins valables, voir transformant des textes à leur façon. La réalité est que clairement les témoins visuels entrent en totale contradiction avec le seul témoignage d'un âge supérieur à 20 ans, qui sorti de son contexte peu rendre éventuellement  probable leur théorie, mais pris dans son contexte en prenant l'ensemble des faits historiques la rende peu crédible, voir risible.

Bien sur on peut se poser la question pourquoi les historiens ou la version dite « officielle » ,dit souvent d'une telle manière comme si c'était un complot international depuis 600 ans, ont tenu à garder cette date. Pour une raison simple, il en fallait une et quitte à ce qu'elle soit fausse elle repose au moins sur un témoignage de son vivant, même si évidemment il est sujet à controverse. Ce n'est pas le seul document dans l'histoire de France qui est sujet à discussion.

De plus cette date ne remet absolument pas en cause la vie de Jeanne et son histoire, s'il y a bien sur quelques mystères à son sujet, ils restent à mon avis largement mineurs pour la plupart par rapport à sa vie. Savoir son âge au jour près, ne changerait rien ou presque. L'essentiel est le symbole utilisé qui perdure encore aujourd'hui et la volonté de prolonger sa mémoire avec le plus d'objectivité possible ce que certains journalistes, voir d'historiens , ont perdu ou qu'ils n'ont jamais eu.

Mise à jour le Lundi, 13 Février 2012 10:05

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