19juin2013



Château et Donjon de Loches

 

Château et Donjon de Loches

 

Donjon de Loches

Le château de Loches est un château de première importance. Sa configuration, les restes emblématiques et son histoire en font une place fortifiée de choix.

Tout comme de nombreux châteaux actuels de la région, il a été construit par Foulques de Nerra ( ancêtre des familles anglaises de la lignée des Plantagenêt ) sur d'anciennes fondations.

 


Informations
  •  Adresse : Donjon Médiéval de Loches - Mail du Donjon - 37600 Loches
  •  Téléphone : 02 47 59 01 32
  •  Heures d'ouvertures & Visites  :

  • Ouvert toute l’année, tous les jours - Fermé les 25 décembre et 1er janvier
    2 janvier - 31 mars : 9h30-17h
    1er avril - 30 septembre : 9h-19h
    1er octobre - 31 décembre : 9h30-17h


  • Visite libre : brochures en plusieurs langues F/GB/D/NL/I/E - Visite guidée GRATUITE : 2h
    Langues proposées

  • - à l'accueil : anglais et en visite guidée sur réservation: anglais et italien
    Réservation pour les groupes et les visites en italien, allemand et anglais. Dernier billet vendu 30 mn avant la fermeture    :

  • Plein tarif : 7 € ( 2010 ) 7.50€ ( 2013 )
      

 

Historique
  Sources : voir fin de page

Le château de Loches est un château de première importance. Sa configuration, les restes emblématiques et son histoire en font une place fortifiée de choix.

Tout comme de nombreux châteaux actuels de la région, il a été construit par Foulques de Nerra (ancêtre des familles anglaises Plantagenêt) sur d'anciennes fondations. Situé sur un emplacement de 450 mètres de long, qui avait vu au Vème siècle des premières traces écrites d’existences décrites par Grégoire de Tours. Saint Ours construit un moulin près d’une église et y reste jusqu’à sa mort en 508. Né à Cahors, il fut le fondateur des monastères de Toiseley, Heugnes, Pontivy, Sennevières et Loches, dont il deviendra le Saint Patron. Une église y est édifiée par l’évêque Eustache de Tours dans le Vicus (Bourgade) de Lucca. L’emplacement vit l’affrontement, en 742, des maires du palais (Pépin & Carloman) contre Hunold, duc des Aquitains. Ce fait est raconté par Eginhard dans ses annales. (voir cette page : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/eginhard/index.htm ), par ailleurs il parle à l’époque d’un château «  castrum » )

Les batailles intestines entre les comtes de Blois et ceux d’Anjou, permettent à la région et à Loches de se renforcer dès le Xe. L’angevin Geoffroi, Geoffroy Ier (Gaufridus ou Gauzfredus) d'Anjou, appelé aussi Grisegonelle, père de Foulque III de Nerra, fait reconstruire une église qui est l’actuelle collégiale Saint-Ours, construite pour abriter la ceinture de la Sainte Vierge, qui est encore présente dans la collégiale. Cette église précède celle de Sainte-Marie-Madeleine, construite par Saint Eustoche, qui fut le 5ème évêque du diocèse de Tours.
Le donjon que l’on voit actuellement, est attribué à son fils, Foulques III de Nerra, et fut construit entre 1013 et 1035.

Le château fait partie d’un réseau important de fortifications autour de Tours, c’est plus de 13 donjons qu’il édifie. Mort à Metz en 1040, il est cependant inhumé dans l’abbaye de Beaulieu qu’il avait lui-même fondée en 1007. Mais c’est Geoffroy II d'Anjou ( dit Martel ), en forte rivalité avec Foulques III, qui continue les œuvres de son père après la mort de Foulques en 1040.

En 1044, il annexe la Touraine en territoire Angevin. Mais il décède en 1060, et sans enfants, ce sont ses neveux qui en ont l’héritage : Foulques le Réchin et Geoffroy le Barbu. Geoffroy le Barbu eut l'Anjou et la Touraine, tandis que Foulques le Réchin reçut la Saintonge et la seigneurie de Vihiers. La longue rivalité entre les deux frères se solde par la victoire de Foulques. Geoffroy est emprisonné plus de 20 ans ! Il y devient fou et ne sera jamais libéré malgré les incessantes demandes de grâce. Foulques est connu également pour le vol de sa femme par Philippe Ier (au sens propre et figuré).

A la mort de Foulques le Réchin, c’est son second fils Foulques V qui prend le pouvoir de la Touraine et va régner de 1109 à 1142. Le fils de Foulques V, Geoffroy le Bel, épouse Mathilde, petite fille de Guillaume le Conquérant, et fonde la famille royale anglaise, « les Plantagenêt ».


Les PlantagenêtPourquoi « Plantagenêt » ?



Selon la légende, Geoffroy V aperçut une Licorne à tête de femme et vêtue d'un manteau d'or au milieu d'un champ de genêts. Il choisit alors d'utiliser les genêts et de s'affubler sur sa toque de la plante. De Plantagenêt l'histoire l'a modifié pour devenir Plantagenêt.
On peut faire un rapprochement par ailleurs avec l'histoire de Clovis. Selon la légende, c'est dans la forêt de Saint Germain en Laye ( aujourd'hui la forêt de Marly ) que Clovis a l’idée de prendre les fleurs de Lys comme emblème. Après la vision de sa femme Clothilde, où un ange lui signala que pour gagner la guerre contre les Alamans, Clovis devait changer d'emblème et utiliser les fleurs de Lys... A ce moment là, Clovis va perdre les crapauds (ou monstre), au profit des fleurs de Lys que nous connaissons aujourd'hui.
Clairement la lignée anglaise royale des Plantagenêt est née en partie à Loches.


Son fils Henri II de Plantagenêt règne. Dépossédé au départ par Etienne de Blois de son trône d'Angleterre, il réussit cependant à se le faire restituer à la mort du roi d'Angleterre, après le traité de Wallingford. Il fait édifier les remparts actuels de la ville haute.
Sa mort, le 6 juillet 1189, permet aux rois de France d'en prendre possession en 1195, après un accord avec Jean sans Terre. Alors que Richard Cœur de Lion est emprisonné à Dürnstein, Philippe va s'en emparer.
Richard Cœur de Lion est libéré en février 1194, il reprend Loches le 13 juin 1194, après un siège surprise de 3 heures.... Après son décès en 1199 à Chalus, Philippe-Auguste reprend définitivement le château en 1205.
Philippe-Auguste donne alors à Dreux de Mello le château de Loches, mais celui-ci décède sans descendance en 1239. Le château est donc pendant une dizaine d'année plus ou moins inactif.
Mais en 1249, Loches devient domaine Royal après que Saint Louis l'achète pour 600 livres.
En 1301 & 1307, Philippe IV le Bel et son épouse y séjournent quelques jours.
En 1356, Jean II le Bon fait ravitailler ses troupes, avec pour objectif l'invasion des terres anglaises, avec les résultats que nous connaissons malgré sa bravoure.
De 1358 à 1359, le château va subir de nouvelles modifications militaires mais qui restent mineures, il s'agit davantage d'une campagne d'entretien.
En 1359, les Anglais sont aux portes de Loches. Ils essaient de prendre position du château, cependant sans succès. Ce sont les capitaines Euguerrand de Heodin, Jean d'Azay, Philippe de Voyer, Guillaume de Maussabré et Jean de Bueil. Les Anglais reviennent en 1361 et 1412, mais ces tentatives ont toutes été tenues en échec.
Les routiers en 1368 et les bourguignons en 1419 tentent également vainement de prendre Loches.

 

Jeanne d'Arc à Loches


 

Jeanne d'Arc, Loches

C'est probablement dans cette salle que Charles VII reçu Jeanne d'Arc à la mi-mai 1429 ( non début Juin comme écrit sur la dalle au sol  ). Elle réuissit à convaincre le roi et les conseillers de marcher sur Reims pour le sacrer Roi selon la tradition, au lieu de reprendre la Normandie comme les suggérait quelques conseillers et une partie des capitaines.  

En savoir +: Jeanne d'Arc au château de Loches.

 

Le 22 juin 1432, est signée entre Charles VII et le Prince d'Orange une forme de capitulation, après la défaite cuisante de ce dernier le 11 juin 1432 à la bataille d'Athon. (source)


 
Agnès Sorel et son assassinat 


 

Un autre évènement, moins important pour l'histoire de France, mais de premier ordre pour  Charles VII donc roi, est sa rencontre avec Agnès Sorel. Elle devient la première maîtresse officielle, dite favorite du roi. Alors qu'auparavant elles étaient cantonnées dans des rôles subalternes et cachées, Agnès Sorel consciemment ou non va changer cette réalité, grâce au roi.

Cela ne se fait pas sans heurt : notamment Louis, le dauphin et fils du roi, voit dans cette relation une honte et machination contre la reine, sa mère. Au point qu'il sera soupçonné de l'avoir fait assassinée.

Vers 1449 et 1450, Charles VII poursuit sa reconquête de la Normandie grâce à son cousin le Comte de  Dunois. Début de janvier 1450, Agnès Sorel va rejoindre le roi alors qu'elle est enceinte de 7 mois. Elle s'arrête au Mesnil-sous-Jumièges, fatiguée à cause d’un hiver particulièrement rude et un voyage difficile.

Elle tombe alors gravement malade. Après avoir accouché d'un prématuré, elle meurt le 9 février à 6 heures du soir d'un 'flux au ventre' selon les propres termes du médecin. Ses testamentaires sont Etienne Chevalier, Jacques Cœur, et son médecin (également celui du roi) Robert Poictevin. Ce qui va occasionner des représailles sévères et des doutes sur les testamentaires. En effet très rapidement des rumeurs d'empoisonnement vont vite circuler.
 
 
Accusés levez vous ! :

Jacques Cœur est accusé mais vite innocenté, probablement que Jacques Cœur fut l'un des seuls amis sincères mais aussi intéressants d'Agnès Sorel, il n'avait aucune raison et aucun intérêt de l'assassiner...bien au contraire serais-je tenté de dire. Même si d'importantes dettes d'Agnès Sorel pouvaient faire penser l'inverse, pour Jacques Cœur, sa mort ne pouvait que signifier le non-paiement des arriérés.
Le dauphin est lui aussi suspecté, mais n’est jamais inquiété.

Antoinette de Maignelais, sa cousine, était présente également. Elle devient quelques temps après la maîtresse temporaire du roi.
Le médecin, Poictevin, est lui aussi peut-être coupable, puisque le plus proche de la reine à ce moment là et le seul à administrer les 'remèdes' de l'époque.
D'autres personnages sont suspectés, comme Guillaume de Gouffier, valet du roi, et présent également.
L'enfant, une fille, meurt quelques jours après. Un enfant prématuré avait peu de chance de survie à cette époque.

Empoisonnée !

Au départ les doutes sur un empoisonnement, lors des études faites entre 2004 et 2005 portaient plutôt sur l'arsenic. Mais nulle trace ou infinitésimal, en revanche, une dose importante de mercure fut trouvée, 1000 fois supérieure au dosage connu alors de l'époque et depuis l'antiquité.
Le sel mercure était utilisé à l'époque comme vermifuge, en effet Agnès Sorel souffrait d'une ascaridiose. Une infection parasitaire intestinale, un vers blanc qui peut faire de 2cm à 25cm ! Mais le mercure était aussi utilisé pour des accouchements difficiles et douloureux.
La présence importante de mercure fut également mise en doute, car à l'époque pour conserver le corps, on pouvait l'embaumer en partie avec du mercure pour sa conservation. Mais il semble bien qu'une surdode de mercure soit à l'origine de sa mort, surdose probablement pas accidentelle car à l'époque cette méthode était couramment utilisée et bien maitrisée.

 


Charles VII

Charles VII vient régulièrement à Loches pendant toute sa période de règne.

En 1441, le Dauphin Louis devient Louis XI. Le nouveau Roi va donner aux Lochois le droit de péage, pour toutes les marchandises qui y passaient ; ceci probablement en dédommagement de l'incendie provoqué quelques années auparavant dans la ville suite aux altercations avec son père Charles VII. En effet, il avait fait prendre la ville par le Duc de Bourbon. La ville fut très vite restituée à Charles VII, mais entretemps la ville fut dévastée par un incendie ravageur.

Louis XI est connu pour ses cages, très petites et souvent appelées 'fillettes' car il était impossible de s'y tenir debout. Mais d'autres pensent que ce nom de 'fillettes' proviendrait des chaînes à laquelle étaient attachés les prisonniers. Il y fait enfermer notamment le Cardinal de La Balue, le 23 février 1469, pour sa trahison avec Charles le Téméraire...il n’en sort qu'en 1480 ! D’ailleurs Jean de la Balue était peut-être le créateur de ces cages, dont la conception originale venait probablement d'Italie. Louis XI va beaucoup améliorer les fortifications du château, avec notamment la Barbacane et la tour dite 'Louis XI'.

La tour, dite Louis XI, est une tour purement militaire, puisqu'elle a été construite pour supporter des canons, mais elle est également utilisée comme prison.
Il y vient également régulièrement pour chasser dans la forêt avoisinante.

En août 1489, Charles VIII y vient pour un bref séjour.
Le 4 février 1494, c'est Anne Bretagne qui passe à Loches, elle y fait construire la petite chapelle que nous pouvons voir encore.
Le 10 janvier 1499, Louis XII et Anne de Bretagne viennent de nouveau à Loches quelques temps.
En 1504, trahi par des mercenaires suisses, Ludovic Sforza se fait capturer. Après un court séjour en prison française à Lys-Saint-Georges, il est transféré au château de Loches. Il y meurt le 27 mai 1508.
En 1510, la princesse Claude de France accompagne sa mère Anne de Bretagne.
En 1532, Henri II y fait également un court passage.
En 1534, Jacques V, roi d'Ecosse, vient rencontrer pour la première fois sa future femme, Madeleine de France. Mais c'est à la chapelle des Monts de Tarare (dans le col du Pin-Bouchain) en 1536, qu'il demande à François Ier la main de sa fille.
En 1535, Eléonore d'Autriche et son frère, le futur Charles-Quint, entrent à Loches.
Le 12 décembre 1539, Charles-Quint et François Ier se rencontrent au Château de Loches.
En 1559, François II et Marie Stuart y font aussi un passage remarqué et y sont avec tous les égards dus à leurs rangs.


Par la suite, les Guerres de Religions font revivre le château. Après le tumulte d'Amboise (appelé aussi conjuration d’Amboise) en mars 1560, le château est occupé par les protestants, le 2 juin 1562. Mais quelques mois plus tard, Anne de Montmorency vient à bout des occupants.


Le duc d'Anjou décide de résider quelques temps au Château de Loches pour livrer quinze jours plus tard la bataille de Moncontour, le 3 octobre 1569 qu'il va remporter. Il deviendra plus tard Henri III.


En 1575, Catherine de Médicis vient à Beaulieu pour préparer le traité ' Paix de Monsieur', signé le 6 mai 1576 à Beaulieu-Lès-Loches, et qui met fin à la cinquième Guerre de Religion. Elle réside dans l'ancienne Maison d'Agnès Sorel, située rue des Puy-Mourier.
En 1579, Hercules-François, Duc d'Alençon, est nommé seigneur de Loches.
Le duc d'Epernon passe par Loches en 1584 et devient peu après le gouverneur.
En 1617, Marie de Médicis vient trouver refuge au château de Loches. Elle venait auparavant d’être exilée par son fils Louis XIII, cherchant alors à se démarquer de l’influence de sa mère.
En 1643, a lieu la naissance de Bernard de Saint-Jean, un grand marin.
A la mort du Duc d'Eperon en 1661, il est remplacé par le Duc de Saint Aignan, Gouverneur de Touraine, de Tour et de Beaulieu.
En 1687, son fils Paul de Beauvilliers devient le gouverneur et également le président du conseil des finances sous Louis XIV et épouse Henriette-Louise Colbert en 1671.
En 1700, Philippe d’Anjou, un des petit-fils de Louis XIV, fait un passage éclair lors de son voyage en Espagne.
1739 voit Marie Louise Elisabeth de France, pour un court passage au château, pour rejoindre Philippe V, son futur époux.
Le 22 Novembre 1747, nait Jacques-Elie Lamblardie, fondateur de l'école polytechnique, et directeur de l'Ecole des Ponts et Chaussées.

Pendant la Révolution, Loches ne subira pas de graves dégâts, son donjon n’est notamment pas détruit. Mais beaucoup de sculptures ou de parchemins sont brûlés entre 1793 et 1794.


En 1791, les fers des cages de Louis XI sont fondus au profit des orphelins, et les bois brûlés le 14 juillet de cette même année.
Le 27 Mars 1797, est né Alfred de Vigny, grand poète de son temps.
Le calme revenu sous le Consulat, Loches devint une sous-préfecture regroupant 6 cantons méridionaux du département. La collégiale Notre-Dame fut remplacée par l'église Saint-Ours.
Le 8 février 1814, a lieu la naissance de Julien Léopold Lobin, artiste de verrerie reconnu dans sa région et chef d'entreprise prospère. Son fils Lucien-Léopold Lobin reprend le flambeau. 
En 1841, Prosper Mérimée, ( voir site : http://www.merimee.culture.fr/ ) alors Inspecteur des monuments historiques, va venir à Loches. 
Ce qui amène en 1844 la venue de Viollet-le-Duc, et de faire entreprendre une grande restauration permettant de sauver le Logis Royal et la collégiale.
En 1860, la rue du Puit-Garreau devint la place du Marché-aux-Légumes.
En1854, on construisit une école primaire rue de Tours. Aujourd'hui désaffectée, elle abrita les bâtiments de la gendarmerie. Loches gardera cette physionomie durant un siècle.

Le lundi 6 février 1871, après la capitulation de Paris, Loches dut verser aux Allemands, une rente de 250 000 francs, payable jusqu'au 11 Février. Finalement, ils se contentèrent de 10 000 francs. Mais sous leur occupation, la moitié du palais de justice fut transformée en corps de garde et tout le mobilier fut saccagé.

8 mars 1871, retrait des Allemands.

En 1924, Loches perd son titre de sous-préfecture.

De 1939 à 1945, Loches fut une ville frontière entre zone sud et zone nord (zone libre et zone sous occupation allemande). De nombreuses familles juives venaient y chercher refuge pour éviter les déportations. La Résistance s'y organise de bonne heure, et la Gestapo y procéde à quelques rafles. Durant les combats de la Libération, le donjon fut la cible de quelques petits obus mais il ne fut qu'égratigné… 
Quelques temps après la guerre, Loches reprit son statut de sous-préfecture.


En 1946, il y a 5 525 habitants.
En 1968, un plan de rénovation est accordé à la ville de Loches par l'Etat.
En 1970, l'avenue des Bas-Clos est éclaircie et permet de dégager une vue imprenable sur l'enceinte féodale.
En 1985, il y a 7019 habitants.
En 1999, au dernier recensement national, il y avait 8000 habitants.
         

 

Donjon de Loches.

De style roman, le donjon fait plus de 36 mètres de hauteur. De forme rectangulaire, ses dimensions sont 25.20m x 13.07m, il est flanqué d'une autre tour de 25 mètres, appelée faussement le petit donjon et édifiée en 1020. On est très vite impressionné par la taille imposante de l'ensemble. Il est probablement le dernier donjon construit par Foulques Nerra. La datation, de 1013 à 1035, a pu être faite grâce à la méthode dendrochronologie (étude du bois).  

A l'époque le plus haut d'Europe, il perdit son statut avec le donjon de Coucy détruit en 14-18, il est aujourd'hui dépassé par celui du château de Vincennes avec une hauteur de 52 mètres.  Cependant le Donjon de Loches est antérieur de plus de 250 ans à celui de Vincennes et reste le plus haut de cette époque. 
 
Il est important d'identifier les deux éléments : le donjon servait en réalité de résidence royale, de salle de garde et aussi de point haut pour scruter l'horizon. Les murs du donjon ont une épaisseur de 3.40 m sur la base et sont à 2.60 m au sommet. Pendant la guerre de Cent-Ans, le donjon subit d'importantes améliorations dont des travaux de charpente. Une cheminée fut construite dans une chambre sous la chapelle.

Furent construits également un pont-levis, une barrière, une couverture en bardeaux et son avant-corps. Le grand donjon possédait un cellier au rez-de-chaussée et 4 étages.  


 
 Château de Loches
Les 4 étages avaient des fonctions différentes :

4 - Salle d'Armes, au sommet qui permettait d'accéder aux Hourds et de défendre le donjon.
3 - Chambre et Chapelle : Avant-dernier étage, une salle privée réservée au seigneur et sa famille. Rappelons qu’à cette époque, la chambre avait des fonctions autres que juste celle de dormir.... La tour, juste en dessous, aurait pu servir aussi de nouvel étage pour la chapelle, sans preuve cependant. Elle possédait une cheminée à hottes conique. La lumière du jour était diffusée par des fenêtres dites ouvertes à large ébrasement extérieur.
2 - Salle d'apparat : Pour  festoyer et rendre justice principalement.
1 - 0 : Une salle sectionnée en deux niveaux, principalement utilisée comme réserve de bois et d'aliments.  Il est aussi probable qu'il ait pu y avoir une cuisine. 
  
On peut dénombrer trois étapes importantes dans la construction du donjon et de sa proche protection :

  • a) Quand Foulques Nerra fit édifier le donjon, il adjoint uniquement une chemise de protection ; dépourvue de Meurtrières, elle possédait cependant des Hourds.
  • b) Henri II de Plantagenêt alla plus loin, il laissa la chemise, mais en enrobant la plus grande partie d'une enceinte de 1500 m. Haute de 20 mètres, cette courtine ou chemin de ronde, était pourvue de hourds, de petites tours hémicylindriques et de meurtrières.
  • c) Au XIIIe, encore une évolution majeure permit aux défenseurs de pouvoir se protéger. Ce fut la construction de trois tours à bec en rajout des précédentes. Les tours à bec, d'un diamètre de 9 mètres sur trois étages, avaient l'avantage d'être plus grosses, plus en avant des murs d'enceintes, permettant donc de mieux défendre les murs avec moins d'angles morts. Peut-être furent-ils construits par Philippe Auguste.

 

Donjon de Loches, Maquette


La photo du haut représente  une maquette de la fortification du Donjon au XIIIe, selon une étude de Jean Mesqui.

 
Les prisonniers les plus ont été :

* Jean II de Valois, duc d'Alençon (1409 - 1476), compagnon de Jeanne d'Arc, accusé à plusieurs reprises de conspiration contre Charles VII, puis Louis XI, finit par être exécuté en 1476.


* Le cardinal de Balue, Jean Balue, enfermé à peu près 11 ans dans les cachots de Louis XI : du 23 avril 1469 à 1480. Voir sa trahison contre Louis XI au château de Péronne. Le pape Sixte IV demanda sa libération.


* Philippe Comte de Bugey, seigneur de Bresse, fut condamné pour conspiration contre Louis XI.


* Pierre de Brézé (né en 1412 - mort le 16 juillet 1465 à Montlhéry) était grand sénéchal d'Anjou, de Poitou et de Normandie. Malgré son aide envers Charles VII, il est emprisonné temporairement par Louis XI (raison pour ma part inconnue). Il meurt à Montlhéry dans une guerre dite du Bien-Public, c'est à cette occasion que Louis XI prononça le vœu de Montlhéry.


* Philippe de Commynes (ou Philippe de Commines), enfermé plus de 5 mois à Loches avant d'être transféré à Paris. Pendant la régence d'Anne de Beaujeu, il participa activement avec le Duc d'Orléans à l'enlèvement de Charles VIII en 1484. Il tenta par la suite une coalition des princes de sang. Il fut arrêté en 1487 et transféré 5 mois plus tard à Paris. Son procès se fini en mars 1489 et il décéde en 1511 après avoir perdu une grande partie de ses biens sans être totalement ruiné cependant.


* Ludovic Sforza : en 1504, le Duc de Milan, trahi par des mercenaires suisses se fit capturer. Après un court séjour en prison française à Lys-Saint-Georges, il fut transféré au château de Loches. Il y meurt le 27 mai 1508.


* Jean de Poitiers Saint-Vallier : Père de Diane de Poitiers, il complota contre François Ier pour le compte de Charles Quint. Louis de Brézé (le mari de Diane de Poitiers) découvre le pot au rose et le dénonçe au roi de France en 1523. Jean de Poitiers le fait  condamné à mort, mais sa fille convainc François Ier de commuer sa peine de mort en prison. Il décéda rapidement après une terrible fièvre qui prendra son nom : fièvre de Saint-Vallier.


"Son père, convaincu d’avoir favorisé la fuite du connétable de Bourbon, fut condamné à avoir la tête tranchée. L'arrêt allait être exécuté lorsque sa fille alla se jeter aux genoux de François Ier et obtint par ses larmes et surtout par ses attraits la grâce du coupable. La peur fit sur l'esprit de Saint-Vallier une telle révolution qu'en une nuit les cheveux lui blanchirent. Il tomba même dans une fièvre si violente qu’il ne put jamais guérir même après que le roi lui est  accordé son pardon. C'est de là qu'est venu le proverbe de la fièvre de Saint-Vallier." Source Biographie universelle, première édition en 1735, Auteur F-X Feller.

 

Terrasse à Feu

Terrasse à Feu


D'une hauteur assez importante pour l'époque, elle permettait une vision complète du plateau sud et un excellent positionnement militaire pour la partie ouest de la citadelle. Elle permettait en outre de protéger l'entrée et aussi de croiser les feux avec la porte Royale, doublant ainsi son efficacité.
La poudre découverte par les Byzantins et les Chinois apparait en France vers le XIIIe siècle. Très vite elle remodifia totalement les guerres jusqu'à nos jours encore. La poudre est une composition assez simple : salpêtre à 70%, de charbon de bois pour 20% et de soufre pour 10%.
Les premiers projectiles utilisés furent les carreaux d'arbalètes et les flèches, puis vinrent plus tard les boulets en pierre. Vers le XVe apparurent les boulets de fontes qui permettaient d'accentuer les dégâts avec en plus une portée multipliée par 3. Ces boulets pouvaient varier de 1.5 kg à plus de 400 kg ! pouvant au maximum atteindre 2500 mètres de portée.

À partir du XVe, on dénombre plusieurs types d'armes à feu :

Les armes lourdes : ce qu'on appelle aujourd'hui vulgairement les canons : Veuglaires, Bombardes, Acquéraux, Pierrers, Ribaudequins. Leurs poids respectifs peuvent atteindre 15 tonnes ! Avec une cadence effective de 2 à 4 coups par heure avec une précision relativement sommaire.


Les armes Légères : Couleuvrines, Arquebuses ou Mousquets, ce qu'on peut traduire aujourd'hui par des fusils et un pistolet. Leur efficacité est faible et ils sont longs à recharger (un coup par minute).
 
On peut apercevoir aujourd'hui 3 Veuglaires sur la terrasse à feu. Le plus gros pèse 128 kg, longueur 95 cm et calibre de 20 cm. Les deux plus petits, font 47kg et 31kg pour respectivement 114 cm et 95cm et un calibre de 6cm (60 mm). Leur portée pouvait être de plusieurs centaines de mètres avec un boulet en pierre. Ils sont datés du XIVe.

 

  
Sources Principales :

Jean Mesqui : Les enceintes du donjon de Loches et la tour maîtresse du Donjon de Loches. Publiés en 1997. Source de référence indispensable.

Autres sites internet pertinents :
Celui qui m'a permis de faire une chronologie, particulièrement utile  :
http://clg-georges-besse-loches.tice.ac-orleans-tours.fr/php5/presenta/histo_loches.htm
Autres liens qui m'ont permis d'avancer :
http://www.agencetbi.com/tbi/loches/loches-intro.php  Site d'une agence Immobilière ...
http://pascale.olivaux.free.fr/Histoire/Pages/Loches.htm Texte complet, notamment sur les prisonniers de Loches.
 

 

 

Photographies
 

 
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