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Château de Chenonceau
 

 

Château de Chenonceau

 

Le château de Chenonceau est situé dans la ville de Chenonceaux, elle même sur le lit du Cher dans le département d'Indre-et-Loire, dans la région Centre. Il  est classé dans les châteaux de la Loire. Il est installé sur des piles d’un pont qui était auparavant un moulin fortifié puis un château fort. La tour des Marques est un des élements rescapé du fort, qui semble être à l’époque  le donjon, de taille cependant assez modeste. La base du château actuel fut bâti par Thomas Bohier, secrétaire général des finances du roi François Ier. L'intérieur de Chenonceau est spectaculaire avec notamment une excellente mise en scène florale. Cela permet à Chenonceau de proposer non seulement des intérieurs complet ,et souvent d'époque différente, mais en plus d'apporter un charme à l'ensemble. Son pont avec sa galerie qui parait d'une légèreté déconcertante pèse tout de même 20 000 tonnes !

Aujourd’hui le château de Chenonceau est l’un des châteaux le plus visité de France, avec des pointes à 900 000 visiteurs par an (2011), il fait parti des 30 momuments touristiques les plus visités dans l'hexagone.

 

 

Historique
  source : source sur place, documentation diverses,

 

 


Les femmes de Chenonceau

Catherine de Briçonnet

Diane de Poitiers

Catherine de Médicis

Louise de Lorraine

Louise Dupin


 

 
« S'il vient à point m'en souviendra » (devise de Thomas Bohier).
 
 
Thomas Bohier est au service des rois Louis XI, Charles VIII et Louis XII, et enfin de François Ier. Notaire, maître des comptes à Paris, nommé en 1491 secrétaire du roi Charles VIII, il est secrétaire des finances à Grenoble en 1494, puis général des finances de Normandie en 1497. C'est lui qui entreprit l'édification de l'Hôtel des Finances de Rouen, sur le parvis de la cathédrale, en 1508. Il est également élu en 1497 bourgmestre de Tours. Couronnement de sa carrière, il est lieutenant-général du roi et trésorier général des guerres en Italie, où il décède le 24 mars 1524.

C’est à partir de ce moment que le château va prendre par la suite le titre du Château des Dames pour des raisons historiques. En effet c'est quatres femmes qui vont donner ses lettres de noblesses et son architecture si caractéristique et féminin.
 
 
Catherine Briçonnet


Si l'emplacement a été acheté par Thomas Bohier, c’est sa femme, Catherine Briçonnet, qui va vraiment s’occuper de l’architecture du château, tandis que son frère Denis Briçonnet fait édifier le Château de Coussay et un autre frère reconstruit le château d'Esmans. En effet son mari est peu présent par sa fonction et les guerres milanaises.

On remarquera quelques nouveautés pour l’époque qui va dans un sens pratique et esthétique :
 
 
Vestibule central de Chenonceau

- Un peu comme sur un navire (ex : Frégate Lafayette), un vestibule central va desservir toutes les pièces du rez-de-chaussée. Ceci dans l’objectif de faciliter la vie, non seulement des propriétaires du lieu, mais aussi des domestiques :
 
 
 
Escalier à rampe droite
 
-  Un escalier non plus à vis, mais en rampe droite avec palier de repos et faible hauteur limitant la fatigue. On oublie alors très vite les escaliers à vis des châteaux forts. 
 
En 1524, Thomas Bohier décède et sa femme Catherine Briçonnet meurt également deux ans plus tard. Une enquête posthume révélera de graves dettes voir des malversations financières qui engagent directement les héritiers. Pour rembourser la dette, son fils devra donner le château de Chenonceau à François Ier en 1535.
Henri II l’offrira par la suite à sa favorite Diane de Poitiers par lettres patentes en 1555.
 
Diane de Poitiers

Alors qu’elle a 20 ans de plus qu’Henri II, Diane de Poitiers est la favorite du roi. Son charme et sa beauté sont, dès cette époque, entrés dans la légende. Avant de devenir une favorite, elle était mariée au Maréchal Louis de Brézé  (qui décédera).

Dès qu’elle reçoit le château, elle s’empresse adroitement de créer un jardin qui existe encore et qui porte son nom. Pacello da Mercogliano en sera l’architecte ( Il a aussi réalisé ceux d’Amboise notamment ). Philibert de L’Orme ( qui a réalisé en partie le château neuf à Saint Germain en Laye  ) est l’architecte de prédilection d’Henri II : A la demande de Diane de Poitier il fait un devis pour le pont et la Gallerie le 27 janvier 1557 source aménage et continue le pont de Chenonceau  pour pouvoir rejoindre l’autre rive, c'est Jehan de l'Orme le frère de l'architecte qui va suivre les travauxsource.  Ce pont est un des rares monuments créés par Philibert de L’Orme ( ou Delorme ) qui subsistent encore. À noter que ce pont était déjà dans les cartons des Bohiers mais il n’avait jamais pu être réalisé.

La mort d’Henri II lors d’un tournoi en 1559 précipite le château aux mains de Catherine de Médicis, qui profite de l’occasion pour se venger d’une manière courtoise face à sa rivale Diane de Poitiers. Elle l’oblige à rendre le Château de Chenonceau. Mais en échange Diane reçoit le château de Chaumont sur Loire. C’est contrainte et forcée qu’elle signe cet échange le 10 mai 1560 au château de Chinon. Diane de Poitiers n’y reste que quelques temps et part ensuite au Château d’Anet où elle décède 7 ans plus tard, voir la chapelle de Diane de Poitiers. Quant à Philibert de L’Orme, il est mis à l’écart par le successeur d’Henri II.
Jardin de Diane de Poitiers
 
 
Catherine de Médicis
Reine et mère des rois : François II, Charles IX et Henri III. Elle aime les fastes, et dans ce but, fait édifier à Chenonceau deux galeries superposées sur le pont de Philibert de L’Orme, il est probable par ailleurs qu'il en soit l'architecte puisque le devis initial en faisait parti cependant c'est Bullant qui finira le travail tout comme aux Tuileries. La galerie principale sur le pont servait de salle de Bal et fut inaugurée en 1577 lors des fêtes données par Catherine de Médicis et son fils Henri III. Cette conception est unique au monde. La chambre de la reine était accessible par un petit passage vers la Galerie. À chaque extrêmité de la Galerie, se trouve deux belles cheminées de la Renaissance, l'une des deux comporte un décor cachant une porte qui menait à la rive gauche du Cher. Les médaillons sont du XVIIIe siècle et réprésentent divers personnages célébres de l'époque. 

 
 
 Galerie de Catherine de Médicis 
Galerie de Chenonceau construite pour Catherine de Médicis
 

Les fêtes se succèdent et font place à de vrai orgies royales, entrecoupées de batailles navales sur le Cher. Des sommes astronomiques y sont dépensées pour les convives. François II et Marie Stuart y font aussi un passage remarqué en 1560 et 1571, lors de sa visite elle voulait même refaire rebâtir le nom en château de "Bonne Nouvelle" suite à la victoire à Moncontour

Pour financer la construction, les revenus du village de Chenonceau ne pouvait suffire avec douze cents écus d'or sol par an,  elle réunie donc les revenus de sa baronnie de Levroux le 26 janvier 1576 :"Pour prendre et recevoir plus de plaisir de nostre chasteau de Chenonceau, dit-elle dans ses lettres patentes, l'accomoder et embellir, ensemble les bois et jardins d'icelluy, et augmenter le mesnage que nous avons accoustumé d'y faire , en sorte que nous y puissions avoir et trouver tout ce qui est requis à la commodité et honesteplaisir que l'on peult desirer et percevoir en une maison bien mesnagée et ordonnée." ( source )

 
Louise de Lorraine - La reine Blanche

 
Louise de Lorraine
 
Chambre de Louise de Lorraine, une chambre sombre évoquant son deuil. Au dessus de la cheminée une scène religieuse du XVIe siècle.
 
 
Louise de Lorraine, femme d’Henri III, devient veuve assez rapidement. Après l’assassinat de son mari par le moine Jacques Clément le 1er Août 1589, c’est la mort dans l’âme qu’elle se réfugie au château de Chenonceau, donné par Catherine de Médicis en 1589. Elle y reste 11 ans, entourée de la décoration à tons noirs et de larmes de sa chambre, évoquant la mort de son défunt mari et roi. Elle mène une vie pieuse au point que le château en devient presque un couvent et une chapelle ardente.  L’une des chambres au second étage porte son nom. Elle décède au château de Moulins le 29 janvier 1601. La mort de Louise de Lorraine amène définitivement le château vers une autre fonction moins royale et plus privée.

C’est la duchesse de Vendôme, Françoise de Mercoeur, qui est la nouvelle propriétaire du château. Mais elle y vient bien peu souvent, notamment car elle reste à la cour de France.  Il est aussi probable que la fin tragique de Louise de Lorraine met un terme à la période festive et prospère du château de Chenonceau. Rappelons aussi que le projet initial de Catherine de Médicis ne sera jamais fini.

Le fils de Louis duc de Vendôme , un des grands capitaines du siècle de Louis XIV, et son frère, Philippe, grand prieur de France , héritèrent de Chenonceaux et l'habitèrent. Ce dernier, mort sans enfants, laissa cette terre à sa belle-sœur, Marie- Anne de Bourbon-Condé ; la princesse de Condé, sa mère, lui survécut, et vendit Chenonceaux à M. Le Duc, premier ministre sous Louis XV, qui n'y vint qu'une seule fois en allant conduire sa sœur, Mademoiselle de Vermandois, à l'abbaye de Beaumont- lès-Tours , dont par la suite elle devint abbesse. M. Le Duc vendit à son tour Chenonceaux à M. Du Pin, en 1733. (source : inventaire des meubles, bijoux , livres estant à Chenonceaux, par le prince Augustin Galitzin)

 
Louise Dupin

 


Au lendemain des fastes royaux de la Renaissance, Chenonceau retourne dans le domaine privé au fil de successions multiples et de mutations diverses. À chaque siècle, cette résidence voit se rattacher des souvenirs particuliers.

La venue des Dupin marque une époque nouvelle fort intéressante pour Chenonceau. Louise Dupin est la deuxième femme de Claude Dupin et il apporte au château une certaine renaissance. Elle y reçoit Voltaire, Monstesquieu, Diderot, Alembert et Rousseau pour ne citer qu’eux. Elle sauve d’ailleurs le château de la Révolution grâce à son aura et sa grande sympathie envers les villageois. Il est dit par ailleurs que c’est à cette époque que Chenonceaux, deviendra Chenonceau…en supprimant le x. Pour autant rien est sûr, car c’est une époque où les noms ont beaucoup changé et que le français a énormément évolué, mais c’est une raison tout à fait valable cependant. Louise Dupin par Nattier, aïeule par alliance de Georges Sand.


En mai 1864 les Villeneuve possèdent le château, qui est revendu en 1799 à Marguerite de Pelouze, une très riche héritière, qui le fait restaurer par Félix Roguet : notamment la façade d’entrée et la seconde volée de l’escalier.
Elle invite entre autres Claude Debussy et le président de la République Jules Grévy.

« Certaines fresques intérieures sont dues à son amant le peintre Charles Toché (Nantes,1851-Paris,1916), « fort bel homme, mauvais peintre, mais plein d'érudition et de goût » selon Paul Morand qui le connut à Venise en 1909; il exposa au Petit Palais à Paris en 1887, décora de fresques le théâtre de Nantes, ainsi - entre autres établissements parisiens - que Le Chabanais, célèbre maison close fréquentée par le prince de Galles, futur Edouard VII.[2].

« Son frère Daniel Wilson (1840-1919), député radical d'Indre-et-Loire en 1869 et 1871, puis député de Loches (1876-1889), y reçut l'opposition républicaine locale; en octobre 1881 s'y déroula la réception de son mariage avec Alice Grévy. Il fut l'instigateur du "scandale des décorations" qui éclata le 7 octobre 1887.
L'année suivante, le domaine est saisi à la demande des créanciers et racheté par le Crédit Foncier. »
( source wikipedia pour cette partie )
 
Le 5 avril 1913, le château revient à la famille Menier qui en est encore aujourd’hui l’heureuse propriétaire.

La première guerre mondiale transforme la grande galerie en Hôpital suite à la demande , et au frais, de Gaston Menier : plus de 2250 soldats blessés y furent soignés.

Pendant la seconde Guerre Mondiale, le château sera en plein milieu de la ligne de démarcation avec une partie en zone occupée et l’autre en zone libre… Le pont sert à plusieurs reprises pour ceux qui veulent traverser la zone. Malheureusement une bombe détruit les vitraux d’époque et oblige à les remplacer par des nouveaux réalisés par Max Ingrand.

 
 

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