23avril2014

Articles

Château de Montrésor

Château de Montrésor
 


Château de Montrésor

 

Le château de Montrésor tranche beaucoup plus par des intérieurs complets et de toute beauté que par ses extérieurs. L'accueil est correct mais mériterait  un guide au moins pendant la période estivale. En dehors de cela la visite est plus qu'intéressante puisqu'on est dans un château très bien meublé , avec un beau panorama et un beau village.


Informations
  •  Adresse : Château de Montrésor - 37460 Montrésor
  •  Téléphone : 02 47 92 60 04
  •  Heures d'ouvertures & Visites  : 
  •  
  • du 01.04 au 11.11 tous les jours de: 10h. à 19h.
    du 12.11 au 31.03 en week-ends de: 10h à 18h.

    Parking gratuit pour les autobus et les voitures en bas du château. Le parking est sur la " rue grande " à l'embouchure de la "route de beaumont"

 

Historique
  Sources :  Documentation sur place

 
Le château de Montrésor (Mons Thesauri) est situé à treize lieues sud-est de la ville de Tours, sur la rive gauche de l'Indrois, et à quatre lieues de Loches. C'était sans doute le plus ancien comté de la province, puisque Balderic ou Baudry, abbé de Bourgueil et évêque de Dol, donne déjà, vers 1115, le titre de comte à Bouchard 1er.

A la vérité, on ne voit pas comment est venu aux seigneurs de Montrésor, ce titre qui n'appartenait alors qu'aux plus grands seigneurs, sorte de souverains dans leurs possessions. Une tradition populaire existe encore dans le pays, au sujet de l'origine du château de Montrésor, qu'on prétend avoir été bâti par le roi Gontran qui lui imposa ce nom à cause d'un trésor qu'il trouva dans ce lieu. Voici la fable que racontent Aimoin, Sigebert et Paul Diacre : Gontran, roi d'Orléans et de Bourgogne, s'étant endormi près d'un ruisseau sur les genoux de son écuyer, rêva qu'il était entré dans une grotte où il avait trouvé un trésor inestimable. 

Château de Montrésor

A son réveil, son écuyer lui rapporta qu'il avait vu sortir de sa bouche une espèce de petit lézard qui s'était dirigé vers le coteau voisin, d'où il était revenu reluisant comme l'or, et était rentré dans sa bouche. Le roi fit alors fouiller dans le lieu, et y trouva des richesses immenses. Beaucoup d'étymologies reçues ne sont guère moins absurdes. 

D'un autre côté, le fragment de l'histoire d'Anjou, écrite par Foulques-Réchin, nous dit que ce fut Foulques-Nerra, son aïeul, qui fit bâtir Montrésor. Mais rien n'est encore moins certain, si, comme le dit la chronique de Tours, le seigneur de Montrésor était du nombre de ceux qui, en 887, accompagnèrent Ingelger dans son expédition d'Auxerre pour reprendre les reliques de Saint Martin. 

Maan prétend, dans son histoire de la cathédrale de Tours, que Montrésor fut ainsi nommé parce qu'il dépendait de la trésorerie de cette église. En effet l'archevêque Hugues refusa de consacrer l'église de Beaulieu, qu'avait fait bâtir Foulques-Nerra, parce que ce comte s'était emparé du terrain sur lequel était construit le château de Montrésor, terrain qui était la propriété de son église.

Il résulte de ces diverses opinions que Montrésor était peut être, un simple castel que Foulques-Nerra, grand constructeur de châteaux, fit agrandir et fortifier en s'emparant pour cela, selon sa coutume, des terrains qui lui convenaient.

Château de Montrésor

Il faut dire que Montrésor se trouve non loin de Blois, et l'ennemi juré de Foulques Nerra n'est autre qu’Eudes, Comte de Blois. Par ailleurs, Foulques Nerra gagne après une bataille mémorable pour l'époque sa guerre contre le Comte de Blois : la bataille du Pontlevay avec plus de 5000 morts et blessés. Il est important aussi de rappeler que Foulques Nerra est le fondateur de la dynastie des Plantagenêt.

Il dut y avoir des seigneurs de Montrésor depuis celui qui accompagna Ingelger ; cependant, l'histoire de ces temps ne nous en indique aucun. Roger, surnommé le Diable, est le premier que nous voyons prendre le titre de seigneur de Montrésor. Il paraît assez probable qu'il n'était que gouverneur de ce château, mais que suivant l'usage observé dans ce temps, il se fit proclamé et en devint seigneur. Il eut deux fils : Bouchard qui continua la postérité, et Guillaume, mort en 1071.

Bouchard, premier du nom. Balderic, qui en fait un des héros de son siècle, dit de lui dans ses Carmina héroica : Si quis Achilleos mirando recensuit actus, Actus Bucardi pluris habens recolat.

Il fut marié deux fois. La première avec Euphémie d'Amboise, fille de Lysois et d'Elinde de Buzançais. La seconde à Agnès, veuve d'un marquis de Lombardie, dont l'histoire ne nous a pas conservé le nom. Avant ce mariage, il s'était fait moine et avait été relevé de ses vœux par le Pape. Nous croyons qu'il ne revint pas en Touraine et qu'il fit l'abandon de tous ses biens au fils qu'il eut d'Euphémie d'Amboise, ainsi qu'une fille, épouse de Robert II, seigneur de Buzançais. C'est à ce Bouchard Ier que Balderic, qui était son contemporain, donne le titre de comte. 

Albéric de Montrésor fut père de Villaine, autrement nommée Wille, qui fit plusieurs donations à l'abbaye de Baugerais. L'abbé de Marolles croit que cette Wille fut mariée dans la maison de Vendôme, et que d'elle vint Mathilde, mariée à Geoffroy de Palluau. Geoffroy de Palluau, premier du nom, seigneur de Montrésor et de Palluau, fit plusieurs donations à l'abbaye de Baugerais, du consentement de Mahaud ou Mathilde, nièce de Barthélemy de Vendôme, archevêque de Tours en 1174. Il prêta serment de fidélité à Philippe-Auguste, en 1205, avec promesse de lui remettre à sa volonté la forteresse de Montrésor, sous la caution de Robert de Buzançais. 

L'an 1209, s'étant croisé pour la Terre-Sainte, Guy Sénébaud renouvela en son nom la même promesse. Son frère Roger de Palluau était un des chevaliers bannerets créés, en 1210, par Philippe-Auguste. Geoffroy était fils de Haraud de Palluau. Il eut de son épouse Mathilde : Bouchard qui suit ; Guy de Palluau, seigneur de Langé en 1231 et 1236 ; Jean ; Isabelle ; Pierre, seigneur d'Oigniez dans la paroisse de Préaux en 1265 ; et Eglantine de Palluau, femme de Renaud de Pressigny. 

Mathilde testa en 1235, et donna dix sous de rente à l'abbaye de Baugerais pour célébrer son anniversaire. Bouchard de Palluau, seigneur de Montrésor, deuxième du nom, fit, en 1239, une fondation à l'abbaye de Baugerais, du consentement de Marie, son épouse. De cette alliance sortirent Geoffroy et Adenorde, ou Honneur, religieuse à l'abbaye de la Virginité. Son frère Geoffroy et son oncle Pierre de Palluau lui assurèrent sa vie durant 21 liv. de rente, et deux nuits et demi de méteil, rachetables moyennant quarante sous de rente. Ils en donnèrent leurs lettres au mois de décembre 1254.

Geoffroy de Palluau, deuxième du nom, dit Payen, chevalier, fit, en 1255, le voyage de Jérusalem. En 1271, il donna à l'abbaye de Baugerais les forges qu'il avait dans le bois de Chédon. Il eut de sa femme, dont le nom n'est pas venu jusqu'à nous, Geoffroy, Marguerite et Perrenelle, religieuses à l'abbaye de la Virginité.

Geoffroy de Palluau, troisième du nom, était seigneur de Montrésor, en 1276. Il l'était encore en 1297, comme on le voit par la donation de six livres de rente à prendre sur la taille de Montrésor, qu'il fit à l'abbaye de la Virginité, en considération de ce que ses deux sœurs y avaient été reçues religieuses. Il eut de Marguerite, son épouse, Bouchard et Geoffroy.

Bouchard de Palluau, troisième du nom, seigneur de Montrésor, de Luçay-le-Mal et de la Motthe, donna, en 1310, dix livres de rente à l'abbaye de Villeloin où il eut sa sépulture. Il était mort avant 1319. Car, en cette année, Hélie de Brosse, chevalier, qui probablement était tuteur de son fils, rendit hommage en son nom à Philippe-le-Long pour la seigneurie de Montrésor. L'aveu, qui est daté du lundi avant la Toussaint, porte qu'il est dû quarante jours de service au roi, dans son ost. Ce fils mineur étant mort jeune, l'héritage échut à Geoffroy, son oncle.

Geoffroy de Palluau, quatrième du nom, seigneur de Montrésor, etc., succéda à son neveu. Nous avons de lui deux titres de 1325 et 1335, relatif à cinq sous de rente qu'il reconnaît devoir à l'abbaye de Baugerais à cause de son château de Montrésor. Il épousa Iseult de Sainte-Maure, sœur de Guillaume, chancelier de France, et il en eut Pierre, et Isabelle de Palluau, à laquelle cet oncle Guillaume laissa par son testament du 17 Janvier 1334 mille livres, qu'il lui avait promises en mariage, et mille autres livres qu'il ordonna lui être payées par Pierre de Palluau, son frère. L'abbé de Marolles a cru qu'Iseult était femme de Pierre de Palluau ; mais il s'est trompé, puisqu'il est certain qu'elle était sa mère.

Pierre de Palluau, chevalier, seigneur de Montrésor, etc., donna à l'abbaye de Baugerais, en 1371, une rente de quatre sentiers de seigle, à la charge de deux messes solennelles par an, et en 1391 il ratifia la donation faite par son aïeul à l'abbaye de Villeloin, en 1310. Il eut un fils d'une femme qui ne nous est pas connue.

Jean de Palluau, seigneur de Montrésor, etc., fils du précédent, mourut sans alliance, de sorte que sa succession échut à son cousin Jean de Bueil qui suit.

Jean de Bueil, chevalier, grand-maître des arbalétriers de France, petit-fils de Jean H de Bueil et de N. de Palluau, fit hommage au roi, à cause de sa seigneurie de Montrésor, le 2 Octobre 1398. Il fut marié à Marguerite, fille de Beraud H, comte de Clermont, dauphin d'Auvergne, et de Marguerite de Sancerre. De ce mariage vinrent Jean, Pierre, Louis et Anne.

Jean de Bueil, deuxième du nom, chevalier, sire de Bueil, amiral de France, comte de Sancerre et de Montrésor, vendit cette dernière terre le 5 mars 1451, à André de Villequier, fils de Colas et de Marie de Gamache.

André, baron de Villequier, vicomte de la Guierche, capitaine de cinquante hommes d'armes, et premier gentilhomme de la maison du roi Charles VI, eut d'Antoinette de Maignelais, son épouse, Artus de Villequier, vicomte de la Guierche, et Antoine qui suit. Artus se disait seigneur de Montrésor en 1483 : mais il est certain que cette seigneurie passa ensuite à son puîné.

Antoine de Villequier, seigneur de Montrésor, vicomte de Saint-Sauveur-le-Vicomte, épousa Charlotte de Bretagne. La seigneurie de Montrésor fut vendue par décret en 1491 à Imbert de Bastarnay, second fils d'Artaud de Bastarnay et de Catherine Gastonne.

Imbert de Bastarnay, chevalier, baron du Bouchage et d'Auton, seigneur de Montrésor et de Bridoré, chambellan de Louis XI, rendit foi et hommage-lige, en 1495, au roi Charles VIII, pour la seigneurie de Montrésor. Il y fonda, le 26 mars 1521, une collégiale dont le chapitre était composé d'un doyen, un chantre et six autres chanoines. Mort le 12 mai 1523, il eut sa sépulture dans l'église de cette collégiale. Il avait épousé Georgette, fille de Falco de Monchenu, qui mourut le 2 Août 1511, et fut enterrée auprès de son mari. De cette alliance naquirent Jean, mort sans lignée, François, mort de même avant son père, mais ayant épousé, le 29 mai 1502, Françoise de Maillé, dont il eut un fils qui continua la postérité, et deux filles, l'une mariée à Jean de Daillon, comte du Lude, et l'autre à Jean de Poitiers de Saint-Vallier.

René de Bastarnay, chevalier, seigneur du Bouchage, d'Auton, de Montrésor, de Bridoré, de Saint-Michel, etc., fils de François, dont nous venons de parler, rendit foi et hommage au roi en 1539, pour son château de Montrésor. De son alliance avec Isabeau, fille de René, bâtard de Savoie, comte de Villars, vinrent Claude, tué à la bataille de Saint-Denis en 1567, âgé de vingt deux ans, sans laisser de postérité de sa femme Jacqueline, comtesse de Montbel ; René, mort jeune ; Françoise, épouse de François d'Aïlly, vidame d' Amiens, qui suit ; Marie, femme de Guillaume II de Joyeuse, maréchal de France; Anne morte sans enfants de l'amiral Bernard de la Valette ; Henriette, morte sans alliance, et Gabrielle, mariée à Gaspard de la Châtre. René de Bastarnay et Isabeau, son épouse, furent inhumés dans l'église de Montrésor, où l'on voyait leur tombeau.

Ce cénotaphe se composait d'un dé de marbre blanc, posé sur un socle de marbre noir, et surmonté d'une table de même marbre, sur laquelle étaient couchées trois figures de marbre blanc, représentant au milieu Isabeau, à droite René, son mari, et à gauche Claude, son fils. Dans les quatre niches des angles, on avait sculpté les quatre évangélistes, et dans douze autres niches les douze apôtres, le tout en marbre blanc. Claude avait eu sa sépulture particulière dans la chapelle du château, sur laquelle on avait élevé un piédestal de pierre surmonté d'un bloc de marbre noir. Les quatre faces de ce pilier étaient revêtues de panneaux de marbre blanc, sur l'un desquels on lisait :

« Cy gist enclos le cœur de feu haut et puissant messire Claude de Bastarnay,   chevalier,   baron   d'Autun capitaine de cinquante hommes d'armes desî ordonnances du roi, gentilhomme ordinaire de la chambre de Sa Majesté, capitaine et gouverneur dui Mont-Saint-Michel, lequel décéda à Paris le dix huitième jour de novembre 1S67, estant au vingt-deuxième an de son âge. »

François d'Affly, vidame d'Amiens, fut seigneur de Montrésor, du chef de Françoise de Bastarnay, son épouse : mais il n'en eut point d'enfants. Elle mourut en grande réputation de sainteté, le 17 octobre 1617, âgée de quatre-vingts ans, et fut enterrée dans l'église de Montrésor.

Henriette-Catherine de Joyeuse, fille unique de Henri, second fils de Guillaume de Joyeuse et de Marie de Bastarnay, hérita la seigneurie de Montrésor, en 1617, par la mort de Françoise, sa grand tante maternelle. Mais elle ne la garda pas longtemps, et la vendit en 1620 à Henri de Bourdeilles, son cousin, avec le consentement de Charles de Lorraine, duc de Guise, son second mari.

Elle avait été mariée en premières noces à Henri de Bourbon, duc de Montpensier, dont elle eut Marie de Bourbon, épouse de Gaston d'Orléans, frère unique de Louis XIII. Henri de Bourdeilles, vicomte et baron de Bourdeilles, chevalier des ordres du roi, s'allia avec Madeleine, fille de Gaspard de la Châtre, et de Gabrielle de Bastarnay, dont il eut François-Sicaire de Bourdeilles, marquis d'Orchiac, et Claude qui suit : Claude de Bourdeilles, comte de Montrésor, abbé de Launay.

Il mourut sans postérité en 1663. Ainsi que son grand-oncle Brantôme, il a laissé des mémoires curieux en deux volumes, connus sous le nom de Mémoires de Montrésor. On a dit que c'était en sa faveur que cette terre avait été érigée en comté, mais il serait difficile d'en produire la preuve. Nous avons indiqué au commencement de cet article, que Montrésor jouissait de ce titre plus de cinq cents ans  auparavant.

Paul de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan, pair de France, gouverneur des ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Berry, ministre d'Etat, devint comte de Montrésor, par l'acquisition qu'il fit de cette terre après la mort de Claude de Bourdeilles.

Jusqu'en ces derniers temps, c'est-à-dire jusqu'en 1790, cette terre était possédée par indivis entre : Paul-Marie-Victoire de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan, Charles-Paul-François de Beauvilliers, comte de Buzançais, et leur sœur Colette-Marie-Paul-Hortense-Bernardine, épouse d'Antoine-Charles-Guillaume, marquis de La Roche-Aymon.

En 1849, un compte Polonais, Xavier Braniki va reprendre le château. Il est ami et conseiller financier de Napoléon III. Il est en autre le fondateur du crédit foncier de France. Il acquit le château à l'état de ruines. Il en fit une restauration complète dans le style de l'époque. 

Il acquit un grand nombre d'œuvres italiennes, de la vaisselle des roi de Pologne et tout un ensemble d'objet rares .

Le château appartient aujourd'hui à ses descendants, qui essayent tant bien que mal de préserver le lieu.

 

 

 
 

Photographies
 

 
montjoye logomontjoye.net est un site personnel sur les châteaux et patrimoine de France. Avec plusieurs centaines de visiteurs par jour, des milliers de photos et plusieurs centaines d'articles sur des sujets divers.