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Château de Beaumesnil
Le château de Beaumesnil

Beaumesnil existe depuis au moins le traité de Saint Clair sur Epte en 911, date de la création du duché de Normandie. Les premières familles sont celles de meulan donc Roger de Beaumont. Il était l’un des conseillers de Guillaume le Conquérant avec notamment comme fait d’arme la livraison de 60 vaisseaux pour envahir l’Angleterre
Beaumesnil appartiendra à la famille d’Harcourt, dont un autre château tout aussi illustre est situé non loin de là. En 1250 le fondateur de la Lignée Harcourt-Beaumesnil y construira un château fort sur motte. Il n’en reste quasiment plus rien, ne serait ce qu’une étrangeté visuelle : une motte de guie en pleine douve actuelle du château. Probablement en l’honneur des ancêtres de la construction du fort, il n’empêche néanmoins que cela est curieux ! Peut être d’autres raisons obscures à l’heure actuelle personne peut donner d’autres réponses (?).
Pendant la guerre de cent ans, le château fort subira d’incessante prise et reprise entre les anglais et les français. Henry V d’Angleterre le léguera au Lord Robert de Willoughby. Il sera récupéré par les français en 1449 avec Jean II de Tournebu puis cédé en 1463 à Jean de Lorraine, puis suivra René de Lorraine ( beau frères de Charles VII ) puis Charles de Lorraine Duc et Pair de France et Baron de Beaumesnil.
L’ancien château semble assez impressionnant avec ses huit Tours avec corps de Logis comprenant une salle basse, chambre et cuisine. Excentré il y a un donjon entouré de fossé et de douves. Cependant en réalité peu d’informations subsistent de ce château.
- La renaissance
Renaissance, porte bien son nom au château de Beaumesnil. Au 17ème siècle il sera acheté par Félix Le Conte de Nonant pour son fils. Jacques fera construire le château pour sa femme Marie Dauvet Desmarets, ce qui donne une des raisons des initiales sculptées à divers endroits. C’était la petite fille de Brulart Sillery ambassadeur de France à Rome qui était le négociateur du mariage d’Henry IV avec Marie de Médicis.
C’est le 23 juin 1631 que le château sera mis en construction avec un style baroque, qui est l’unique survivant de cette époque aujourd’hui. Un style baroque tiré du style florentin à lesquels divers ouvriers de Poissy et Rouen y participeront dont Jean Gaillard maître maçon.
Le château sera finit en 1640 mais Jacques de Nolant mourra le 8 octobre 1641 profitant en réalité donc peu de son château Louis XIII. Le château passera de main en main via les héritages et autres alliances nuptiales.
Le château arrivera à la Famille Béthune , reconnu comme étant le premier noble à abolir les droits féodaux sur ces terres, ce qui pour l’époque est bien une nouveauté que l’on peut qualifier de révolutionnaire.
- La révolution signe de destruction
Armand de Bethune-Charost dernier propriétaire avant la révolution fut guillotiné le 27 avril 1794 et le mobilier du château fut vendu aux enchères. Sa veuve réussie à récupérer le domaine.
Elle se mariera quelques années plus tard avec Eugène Alexandre Montmorency-Laval et décédera en 1828. Il semble qu’un grand nombre de travaux furent entrepris pour restaurer le château. On notera qu’il ne sera pas détruit … ce qui pour l’époque est presque une exception.
Eugène Alexandre Montmorency-Laval c’est remarié en 1833 avec Constance de Maistre et mourut sans postérité en 1851. C’est son beau frère qui héritera du château : Le comte Rodolphe de Maistre. ( 1789-1866) suivie de ses descendants. Le château subira pendant toute cette période de programmes de restaurations salutaires.
- Le 20ième
Divers architecte apporteront diverses améliorations, restaurations dont François Jacquelin en 1921. Gonzague de Maistre avait cédé le château à une société américaine en 1927 ‘ Domaine of Beaumesnil, INC’ contrôlé par le Grand Duc Dimitri-Pavlovitch de Russie. Sa femme fera restaurer les pavillons.
En 1950 les Fürstenberg continuèrent les travaux en s’inspirant pour les jardins des plans de 1760. Les parterres à la française ‘ demi lune’ et du ‘jardin Madame’ seront crées ou récrées.
- La visite :
Si ce n’est pas un château très connu, c’est globalement dommage. Il est tout d’abord le dernier rescapé des châteaux de type baroque. Unique en son genre, il est un mélange d’architecture française et italienne. Une référence bien plus que symbolique. Ce côté chargé peu certes déplaire ou plaire, toujours une question de goût, mais allié à un beau jardin et un entretien plus que convenable, ce château mérite qu’on s’y intéresse.
La visite devrait durer deux bonnes heures si vous voulez vraiment profiter du musée au sous sol sur les livres d’époques. On y trouvera également tout un ensemble d’écrit tout aussi rarissime. Le point aussi qui fait de ce château une référence est le fait qu’il est très meublé. Si les meubles ne sont pas d’origines du château ils sont en tous cas d’époque et sur ce point vous serez servis.
Et puis bien sur les jardins, si l’arrière actuel du jardin actuel du jardin n’est pas d’une grand originalité, l’avant du château et sa motte font curieusement penser à un jardin de type le Nôtre. Cependant on ne peut pas en accorder la paternité aujourd’hui, ceci d’autant plus que le manque de perspective approfondie et la sobriété apparente n’en fait pas un marque de fabrique. Pour autant les Montmorency avaient clairement les moyens de se payer le luxe d’avoir Le Nôtre comme architecte de jardin.
L’entrée n’est pas très chère, voir plutôt attractif au vu de la visite, de l’œuvre et sa rareté.