La collégiale est un haut lieu de l'histoire de France mais un peu oubliée aujourd'hui. C'est un endroit relativement calme dans un cadre verdoyant. Il existe pas très loin le pont de Poissy quasiment détruit et également le musée du Jouet que je n'ai pas encore visité. Ce musée est installé dans d'anciennes tours et murailles de l'ancienne abbaye de Poissy.
L'intérêt historique y est présent et la visite guidée est plutôt intérressante, d'autant plus que c'est gratuit ce qui est rare il faut le préciser.
Informations
- Adresse : 8, rue de l’église - 78300 Poissy
- Google Maps : Carte
- Téléphone : 01 30 74 60 65
- Heures d'ouvertures & Visites :
Ouverte tous les jours de 8 h à 19 h
le dimanche ,sauf jours de fête chrétienne ou messe, une visite gratuite et guidée est effectuée à partir de 15 h jusqu'a 18 h.
La collégiale de Poissy par son histoire riche et une architecture décousue entre art roman et art gothique offre une vision atypique mais unique et non dénuée de charme.
Les premières traces de l’église actuelle sont du XIIe siècle cependant rien ne dit que certains éléments ne sont pas plus anciens. Il est difficile de donner une histoire linéaire, l’église de Poissy ayant subie d’irréparables saccages au fil du temps et notamment pas les Anglais et la révolution. Tout ne permet malheureusement pas d’avoir une idée bien précise de sa riche histoire.
Cependant les premières traces d’un temple chrétien remontent à des siècles auparavant, certains archéologues estiment que l’église actuelle serait au moins la troisième. Mais encore là beaucoup d’énigmes restent en suspens.
En 1016 Robert le Pieux fit construire sur cet emplacement une église relatée par le Moine Helgaud. On ne sait peu de choses à ce propos mais certains éléments semblent subsister sans une réelle exactitude : la base du Clocher celui vers l’ouest donc vers le coucher du soleil et un escalier à l’intérieur.
Une architecture décousue, reflet de plusieurs époques
La tour dite « occidentale » qui devait être rattachée probablement à une partie du château royale est composée de moyen de défenses certes sommaires. On peut voir notamment sur la gauche une tour de garde accouplé au clocher. Le côté massif de la tour laisse présager une certaine lourdeur mais surtout une solidité importante qui a défié le temps. Elle est datée du XIe siècle.
La tour centrale étrangeté architecturale puisqu’elle repose à la fois sur des fondations gothiques et romanes, donne un style unique à cette église. Sa hauteur est de 45 mètres tandis que l’église fait 67 mètres de long et 33 mètres de large.
L’intérieur est par ailleurs très disparate avec un début roman et qui finit doucement en gothique notamment sur les voûtes externes. Mais encore là on découvre des surprises importantes toutes les époques sont mélangées et violet le Duc dans sa mission de protection et de restauration de l’église aura du faire des sacrifices importants.
L’allée centrale n’est pas droite et bifurque légèrement à la fin vers la droite. Il semble que l’origine soit la date fixée pour donner la direction du chœur : le 15 août est la date de Notre dame de l’assomption.
Il y a également des bizarreries architecturales : en effet certaines voûtes ne reposent pas sur les colonnes mais sur des rebords..Erreurs ? Volonté délibérée ? Ce qui est encore plus étonnant c’est que par la suite cela fût modifié et entre donc dans la logique des constructions. Les architectes travaillaient sur des maquettes et les ouvriers devaient donc faire avec, d’oû dans certains cas des erreurs ou égarement architectural.
Les autres mystères sont certaines colonnes ornées de crapaud ou monstres ne semblent pas de la même époque, il pourrait s’agir de rajout d’anciennes églises. Le plus important ornement semble être le « crapaud » de Clovis. Je mets crapaud entre guillemets parce que même si la forme semble être un crapaud vu du dessus, je n’en ai jamais vu avec des oreilles… il semble donc difficile de reconnaître un animal quelconque. Il s’agirait plutôt là de voir en cet animal une créature diabolique dont l’origine est inconnue. Ce monstre d’un autre âge était peut-être l’emblème de Clovis, ils étaient au nombre de trois et remplacé plus tard pendant sa conversion au christianisme en fleur de lys.
Les Guerres
Les invasions normandes auront apporté des moments graves mais c'est surtout la guerre de cent ans qui amènera Poissy dans des instants sombres de son histoire.
La collégiale aura véritablement souffert lors de la guerre de Cent ans. Le pont de Poissy était un lieu stratégique important qui donnait directement sur les résidences royales de Saint Germain en Laye et bien sûr sur Paris. Même si Poissy tomba à plusieurs reprises « facilement » sous le joug anglais les combats n'en furent pas moins violents.
Le château de Poissy, aujourd'hui détruit, n'offrait probablement pas une défense suffisante. Il faut dire que le château servait surtout de résidence royale et n'avait probablement pas la capacité à être un château de défense comme celui de Gisors par exemple. Cependant il faut dire que le mur d'enceinte construit en 1221 à bien tenu jusqu'en 1877 ou la ville décida, après le départ du marche au bestiaux vers la Villette, de détruire la muraille. Il existe encore quelques fragments.
Les pires moments sont évidemment liés au prince Noir, le fils du roi d'Angleterre Prince de Galles et d'Aquitaine, particulièrement sauvage, violent et très jeune puisqu'il n'avait que 16 ans. Son arrivée à Poissy se solda par la destruction presque totale du château en le brûlant lors de son départ, le saccage de l'église en utilisant les archives pour la couche de ses chevaux. Le château de Saint Germain n'aura pas un sort bien meilleur quelques jours plus tard...
D'autres événements vont apporter leurs lots de destructions et de violence
En 1561 le 1er août Ouverture de nouveaux États généraux à Pontoise qui donneront naissance au colloque de Poissy, suivis du 9 septembre avec l'ouverture du colloque de mais qui se soldera par un échec le 18 octobre de la même année. Ces colloques ne se passèrent pas dans l'église mais à l' abbaye royale construite par Philippe IV le Bel qui étais juste à côté. En 1567 les guerres de religion battent son plein, l'armée protestante de Montgomery envahit Poissy et saccage l'église. Le culte ne reprendra que 3 ans plus tard après un calme relatif.
La collégiale sera menacé pendant la révolution française de destruction. Une autre église construite en l'honneur de Saint Louis sera à sa place détruite. En effet la population préféra la Collégiale à l'église.
La seconde guerre mondiale sonnera le glas d'un des plus vieux pont de France, le pont de Poissy. Malgré quelques légendes, ce pont fut d'abord détruit par les français devant l'avancer des allemands. Reconstruits en partie par les envahisseurs, il finit cette fois ci par être complétement détruit par les anglais. Le pont est très proche de l'église à quelques dizaines de mètres.
A voir :
Isabelle la fille de Saint Louis
La statue d’Isabelle la fille de Saint Louis, qui était à la base à l’abbaye de Poissy (détruite sous la révolution) qui ornait avec l’ensemble des enfants de Saint Louis, ceux en tout cas qui ont pu atteindre un âge adulte. Une autre se trouve au musée de Cluny mais décapité par des révolutionnaires, le reste à disparue ou été volé. Il est à noter que la statue à été faite à titre posthume puisque Isabelle est morte bien avant, on ne peut donc être sûre de la représentativité d’Isabelle. Cependant j'ai remarqué des ressemblances dans la forme du visages avec le gisant du fils de Saint de Louis, Louis de France.
Un élément majeur de cette église est bien évidemment les fonds baptismaux de Saint Louis à qui on prête des valeurs de guérison et de miracle. Il suffisait de les gratter et de recueillir par la suite la poussière et de la mélanger à de l’eau qu’on devait boire, pour se voir guérie de maladies. On y attribue plusieurs miracles et guérisons… depuis les travaux de Viollet le Duc ils sont entourés de grilles. Les fonds baptismaux ne sont par ailleurs pas à leur place d’origine et sont dans un état comme on peut l’imaginer après des siècles de grattages assez abîmés. Ils restent néanmmoins une trace unique de la vie de Saint Louis.
Le crapaud de Clovis
Les crapauds de Clovis ont disparus globabement, mais dans cette collégiale ont peut apercevoir une figure qui pourrait être l'emblême de Clovis. Ce qui est sûr c'est ce que ce chapiteau est très ancien et n'est pas d'origine. Il doit probablement faire partie d'une des anciennes églises construites auparavant celle ci.
Il existe par ailleurs quelques autres statues et autres détails d'architecture intéressante que vous pouvez voir dans la partie photographies de la collégiale.









