Château de Chenonceau
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Préambule
La question de créer une page sur Chenonceau s'est posée assez rapidement. Le château aujourd'hui bénéficie d'une aura particulière et il est connu dans le monde entier. Mon apport sur ce château est donc bien modeste. Pour autant un site sur les châteaux sans Chenonceau aurait été d’une aberration complète.
En effet le château de Chenonceau est une exception architecturale évidente et d'une très grande beauté esthétique. J'ai donc ajouté au contenu un grand nombre de photos, notamment des photos de nuit.
· Historique
Le château de Chenonceau est situé sur le lit du Cher. Il est installé sur des piles d’un pont qui devint auparavant un moulin fortifié et enfin un château fort. La tour des Marques est un rescapé du fort, qui semblait à l’époque être le donjon, de taille fort modeste. Le château fut bâti par Thomas Bohier, secrétaire général des finances du roi François Ier.
« S'il vient à point m'en souviendra » (devise de Thomas Bohier).
Thomas Bohier est au service des rois Louis XI, Charles VIII et Louis XII, et enfin de François Ier. Notaire, maître des comptes à Paris, nommé en 1491 secrétaire du roi Charles VIII, il est secrétaire des finances à Grenoble en 1494, puis général des finances de Normandie en 1497. C'est lui qui entreprit l'édification de l'Hôtel des Finances de Rouen, sur le parvis de la cathédrale, en 1508. Il est également élu en 1497 bourgmestre de Tours. Couronnement de sa carrière, il est lieutenant-général du roi et trésorier général des guerres en Italie, où il décède le 24 mars 1524.
C’est à partir de ce moment que le château va prendre son nom légendaire :
Le château des Dames
Catherine Briçonnet
Si l'emplacement a été acheté par Thomas Bohier, c’est sa femme, Catherine Briçonnet, qui va vraiment s’occuper de l’architecture du château. En effet son mari est peu présent par sa fonction et les guerres milanaises. Dès le départ donc va éclore une importante touche féminine.
On remarquera quelques nouveautés pour l’époque qui va dans un sens pratique et esthétique :
- Un peu comme sur un navire (ex : Frégate Lafayette), un vestibule central va desservir toutes les pièces du rez-de-chaussée. Ceci dans l’objectif de faciliter la vie, non seulement des propriétaires du lieu, mais aussi des domestiques :
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- Un escalier non plus à vis, mais en rampe droite avec palier de repos et faible hauteur limitant la fatigue. On oublie alors très vite les escaliers à vis des châteaux forts.

En 1524, Thomas Bohier décède et sa femme Catherine Briçonnet meurt également deux ans plus tard. Une enquête posthume révélera de graves dettes voir des malversations financières qui engagent directement les héritiers. Pour rembourser la dette, son fils devra donner le château de Chenonceau à François Ier en 1535.
Henri II l’offrira par la suite à sa favorite Diane de Poitiers par lettres patentes en 1555.
Diane de Poitiers
Alors qu’elle a 20 ans de plus qu’Henri II, Diane de Poitiers est la favorite du roi. Son charme et sa beauté sont, dès cette époque, entrés dans la légende. Avant de devenir une favorite, elle était mariée au Maréchal Louis de Brézé (qui décédera).
Dès qu’elle reçoit le château, elle s’empresse adroitement de créer un jardin qui existe encore et qui porte son nom. Pacello da Mercogliano en sera l’architecte ( Il a aussi réalisé ceux d’Amboise notamment ). Philibert de L’Orme ( qui a réalisé en partie le château neuf à Saint Germain en Laye ) est l’architecte de prédilection d’Henri II : il aménage et continue le pont de Chenonceau pour pouvoir rejoindre l’autre rive. Ce pont est un des rares monuments créés par Philibert de L’Orme ( ou Delorme ) qui subsistent encore. A noter que ce pont était déjà dans les cartons des Bohiers mais il n’avait jamais pu être réalisé.
La mort d’Henri II lors d’un tournoi en 1559 précipite le château aux mains de Catherine de Médicis, qui profite de l’occasion pour se venger d’une manière courtoise face à sa rivale Diane de Poitiers. Elle l’oblige à rendre le Château de Chenonceau. Mais en échange Diane reçoit le château de Chaumont sur Loire. C’est contrainte et forcée qu’elle signe cet échange le 10 mai 1560 au château de Chinon. Diane de Poitiers n’y reste que quelques temps et part ensuite au Château d’Anet où elle décède 7 ans plus tard. Quand à Philibert de L’Orme, il est mis à l’écart par le successeur d’Henri II.
Catherine de Médicis
Reine et mère des rois : François II, Charles IX et Henri III. Elle aime les fastes, et dans ce but, fait édifier à Chenonceau deux galeries superposées sur le pont de Philibert de L’Orme. La galerie principale sur le pont servait de salle de Bal et fut inaugurée en 1577 lors des fêtes données par Catherine de Médicis et son fils Henri III. Cette conception est unique au monde.

Galerie de Chenonceau construite pour Catherine de Médicis
Les fêtes se succèdent et font place à de vrai orgies royales, entrecoupées de batailles navales sur le Cher. Des sommes astronomiques y sont dépensées pour les convives. François II et Marie Stuart y font aussi un passage remarqué en 1560 et 1571, lors de sa visite elle voulait même refaire rebâtir le nom en château de Bonne Nouvelle suite à la victoire à Moncontour.
Louise de Lorraine
La reine Blanche

Chambre de Louise de Lorraine, une chambre sombre. Presque tout est d'origine.
Louise de Lorraine, femme d’Henri III, devient veuve assez rapidement. Après l’assassinat de son mari par Jacques Clément, c’est la mort dans l’âme qu’elle se réfugie au château de Chenonceau, donné par Catherine de Médicis en 1589. Elle y reste 11 ans, entourée de la décoration à tons noirs et de larmes de sa chambre, évoquant la mort de son défunt mari et roi. Elle mène une vie pieuse au point que le château en devient presque un couvent et une chapelle ardente. L’une des chambres au second étage porte son nom. Elle décède au château de Moulins le 29 janvier 1601.
La mort de Louise de Lorraine amène définitivement le château vers une autre fonction moins royale et plus privée.
C’est la duchesse de Vendôme, Françoise de Mercoeur, qui est la nouvelle propriétaire du château. Mais elle y vient bien peu souvent, notamment car elle reste à la cour de France. Il est aussi probable que la fin tragique de Louise de Lorraine met un terme à la période festive et prospère du château de Chenonceau. Rappelons aussi que le projet initial de Catherine de Médicis ne sera jamais fini.
Le fils de Louis duc de Vendôme , un des grands capitaines du siècle de Louis XIV, et son frère, Philippe, grand prieur de France , héritèrent de Chenonceaux et l'habitèrent. Ce dernier, mort sans enfants, laissa cette terre à sa belle-sœur, Marie- Anne de Bourbon-Condé ; la princesse de Condé, sa mère, lui survécut, et vendit Chenonceaux à M. Le Duc, premier ministre sous Louis XV, qui n'y vint qu'une seule fois en allant conduire sa sœur, Mademoiselle de Vermandois, à l'abbaye de Beaumont- lès-Tours , dont par la suite elle devint abbesse. M. Le Duc vendit à son tour Chenonceaux à M. Du Pin, en 1733. (source : inventaire des meubles, bijoux , livres estant à Chenonceaux, par le prince Augustin Galitzin)
Louise Dupin
Au lendemain des fastes royaux de la Renaissance, Chenonceau retourne dans le domaine privé au fil de successions multiples et de mutations diverses. A chaque siècle, cette résidence voit se rattacher des souvenirs particuliers.
La venue des Dupin marque une époque nouvelle fort intéressante pour Chenonceau. Louise Dupin est la deuxième femme de Claude Dupin et il apporte au château une certaine renaissance. Elle y reçoit Voltaire et Rousseau pour ne citer qu’eux. Elle sauve d’ailleurs le château de la Révolution grâce à son aura et sa grande sympathie envers les villageois. Il est dit par ailleurs que c’est à cette époque que Chenonceaux, deviendra Chenonceau…en supprimant le x. Pour autant rien est sûr, car c’est une époque où les noms ont beaucoup changé et que le français a énormément évolué, mais c’est une raison tout à fait valable cependant.
En mai 1864 les Villeneuve possèdent le château, qui est revendu en 1799 à Marguerite de Pelouze, une très riche héritière, qui le fait restaurer par Félix Roguet : notamment la façade d’entrée et la seconde volée de l’escalier.
Elle invite entre autres Claude Debussy et le président de la République Jules Grévy.
« Certaines fresques intérieures sont dues à son amant le peintre Charles Toché (Nantes,1851-Paris,1916), « fort bel homme, mauvais peintre, mais plein d'érudition et de goût » selon Paul Morand qui le connut à Venise en 1909; il exposa au Petit Palais à Paris en 1887, décora de fresques le théâtre de Nantes, ainsi - entre autres établissements parisiens - que Le Chabanais, célèbre maison close fréquentée par le prince de Galles, futur Edouard VII.[2].
« Son frère Daniel Wilson (1840-1919), député radical d'Indre-et-Loire en 1869 et 1871, puis député de Loches (1876-1889), y reçut l'opposition républicaine locale; en octobre 1881 s'y déroula la réception de son mariage avec Alice Grévy. Il fut l'instigateur du "scandale des décorations" qui éclata le 7 octobre 1887.
L'année suivante, le domaine est saisi à la demande des créanciers et racheté par le Crédit Foncier. »
( source wikipedia pour cette partie )
Le 5 avril 1913, le château revient à la famille Menier qui en est encore aujourd’hui l’heureuse propriétaire.
La première guerre mondiale transforme la grande galerie en Hôpital suite à la demande de Gaston Menier : plus de 2250 soldats blessés y furent soignés.
Pendant la seconde Guerre Mondiale, le château sera en plein milieu de la ligne de démarcation avec une partie en zone occupée et l’autre en zone libre… Le pont sert à plusieurs reprises pour ceux qui veulent traverser la zone. Malheureusement une bombe détruit les vitraux d’époque et oblige à les remplacer par des nouveaux réalisés par Max Ingrand.
Aujourd’hui le château de Chenonceau est l’un des châteaux le plus visité de France, avec des pointes à 800 000 visiteurs par an. Son pont avec sa galerie qui parait d'une légèreté déconcertante pèse quand même 20 000 tonnes !


